Cas n° 4 :

“Je détestais la musique classique, mais maintenant je l’adore.”

Le donneur était un étudiant noir de 17 ans, tué par une balle tirée d’une voiture. Le receveur était un ouvrier de fonderie blanc de 47 ans atteint de sténose aortique.

La mère du donneur :

“Notre fils se rendait à pied à son cours de violon quand il a été touché. Personne ne sait d’où est venue la balle, mais elle l’a atteint et il s’est écroulé. Il est mort sur le coup dans la rue, son étui à violon serré contre lui. Il adorait la musique et ses professeurs disaient qu’il avait un réel talent. Il écoutait de la musique et s’en imprégnait. Je pense qu’il se serait retrouvé au Carnegie Hall un jour ou l’autre, mais les autres gamins se moquaient toujours de la musique qu’il aimait.”

Le receveur :

“Je suis vraiment triste pour le gars qui est mort et qui m’a donné son cœur, mais le fait qu’il ait été noir m’ennuie vraiment. Je ne suis pas raciste, attention, pas du tout. La plupart de mes amis de l’usine sont noirs. Mais l’idée d’avoir un cœur noir dans un corps blanc semble vraiment… enfin, je ne sais pas comment le dire. J’ai dit à ma femme que mon pénis allait peut-être grossir jusqu’à devenir aussi gros que ceux des noirs. On dit qu’ils ont un plus gros pénis, mais cela reste à prouver. Après l’amour, je me sens parfois coupable parce que je me dis que c’est un noir qui a fait l’amour à ma femme, mais je ne le pense pas vraiment sérieusement. Je peux vous dire une chose, pourtant. Je détestais la musique classique, mais maintenant je l’adore. Je sais que ça ne vient pas de mon nouveau cœur, parce que ce n’est pas le genre de choses qu’aiment les noirs. Maintenant, cela calme mon cœur. J’en écoute tout le temps. C’est devenu une passion. Je n’ai dit à aucun de mes collègues que j’avais un cœur noir, mais j’y pense beaucoup.”

La femme du receveur :

“Quand il a appris qu’il allait avoir le cœur d’un noir, cela l’a beaucoup tracassé. Il m’a même demandé s’il pouvait réclamer au médecin un cœur blanc si l’occasion se présentait. Ce n’est pas Archie Bunker, mais pas loin. Et il me tuerait s’il savait que je vous le dis, mais pour la première fois, il a invité ses collègues noirs. On dirait qu’il ne prête plus attention à leur couleur, bien qu’il en parle encore par moments. Il a l’air plus à l’aise avec ces noirs, mais il ne s’en rend pas compte. Une dernière chose. Il me rend folle avec sa musique classique. Il ne connaissait aucun morceau et n’en écoutait jamais avant. Maintenant, il reste assis pendant des heures à en écouter. Il siffle même des airs classiques qu’il n’a jamais entendus. Comment les connaît-il ? On aurait pu croire qu’il allait plutôt être attiré par le rap ou ce genre de choses, avec son cœur noir.”


Cas n° 5 :

‘‘Je me croyais homosexuelle… Depuis, je ne le suis plus.”

Le donneur était une jeune femme de 19 ans tuée dans un accident de voiture. Le receveur était une femme de 29 ans atteinte d’une myocardiopathie consécutive à une endocardite.

La mère du donneur :

“Ma Sara était la plus adorable des filles. Elle possédait et gérait son propre restaurant diététique et me reprochait tout le temps de ne pas être végétarienne. C’était une enfant formidable. Fofolle, mais formidable. Elle était pour l’union libre et changeait d’homme tous les deux ou trois mois. Petite fille, elle avait la folie des hommes et cela ne lui a jamais passé. Elle a réussi à m’écrire quelques mots pendant qu’elle était en train de mourir. Elle était déjà à moitié partie, mais elle n’arrêtait pas de dire comment elle ressentait l’impact de la voiture qui les avait percutés. Elle disait qu’elle pouvait sentir l’impact faire son chemin dans tout son corps.”

Le receveur :

“Vous pouvez le raconter aux gens si vous voulez, mais ils vous prendront pour un fou. Quand j’ai eu mon nouveau cœur, il m’est arrivé deux choses. D’abord, presque toutes les nuits, et parfois encore maintenant, je ressens réellement l’accident qu’a eu mon donneur. Je sens l’impact dans ma poitrine. C’est un choc violent, mais mon médecin dit que tout a l’air d’aller bien. Ensuite, je déteste la viande à présent. Je ne la supporte pas. J’étais l’un des piliers de McDonald, et maintenant la viande me fait vomir. En fait, la seule odeur de la viande suffit à faire s’emballer mon cœur. Mais ce n’est pas le plus important. Mon médecin a dit que c’est dû tout simplement à mes médicaments. Je n’ai pas pu le lui dire, mais ce qui me tracasse vraiment, c’est que je suis fiancée maintenant. Mon fiancé est un type formidable et nous nous adorons. Sur le plan sexuel, c’est génial. Le problème, c’est que je suis homosexuelle. Du moins, je croyais l’être. Depuis ma transplantation, je ne le suis plus… Je ne crois pas, en tous cas… Je le suis à moitié, ou alors je suis désorientée. Les femmes m’attirent encore mais mon petit ami me fait de l’effet ; pas les femmes. Je n’ai plus la moindre envie d’être avec une femme. Je me dis qu’on a dû me faire une transplantation sexuelle.”

Le frère du receveur :

“Susie s’est rangée, maintenant. Je parle sérieusement. Elle était homosexuelle et son cœur l’a rendue hétérosexuelle. Elle a jeté tous ses livres et documents sur la politique gay et n’en parle plus. Avant, elle militait beaucoup. Aujourd’hui, elle prend Steven par la main et lui fait des câlins (comme ma petite amie le fait avec moi). Elle parle de trucs de filles avec ma petite amie, alors qu’avant elle aurait passé des heures à lui faire des cours sur le sexisme masculin. Et ma sœur, la reine du Big Mac, déteste la viande. Elle ne peut même pas supporter qu’il y en ait dans la maison.”