CHEMINS DE VIE

psychologie, développement personnel, spiritualité, santé, médecines douces

27 février 2008

QUAND L'AUTRE VIT EN SOI (4)

Cas n° 4 :

“Je détestais la musique classique, mais maintenant je l’adore.”

Le donneur était un étudiant noir de 17 ans, tué par une balle tirée d’une voiture. Le receveur était un ouvrier de fonderie blanc de 47 ans atteint de sténose aortique.

La mère du donneur :

“Notre fils se rendait à pied à son cours de violon quand il a été touché. Personne ne sait d’où est venue la balle, mais elle l’a atteint et il s’est écroulé. Il est mort sur le coup dans la rue, son étui à violon serré contre lui. Il adorait la musique et ses professeurs disaient qu’il avait un réel talent. Il écoutait de la musique et s’en imprégnait. Je pense qu’il se serait retrouvé au Carnegie Hall un jour ou l’autre, mais les autres gamins se moquaient toujours de la musique qu’il aimait.”

Le receveur :

“Je suis vraiment triste pour le gars qui est mort et qui m’a donné son cœur, mais le fait qu’il ait été noir m’ennuie vraiment. Je ne suis pas raciste, attention, pas du tout. La plupart de mes amis de l’usine sont noirs. Mais l’idée d’avoir un cœur noir dans un corps blanc semble vraiment… enfin, je ne sais pas comment le dire. J’ai dit à ma femme que mon pénis allait peut-être grossir jusqu’à devenir aussi gros que ceux des noirs. On dit qu’ils ont un plus gros pénis, mais cela reste à prouver. Après l’amour, je me sens parfois coupable parce que je me dis que c’est un noir qui a fait l’amour à ma femme, mais je ne le pense pas vraiment sérieusement. Je peux vous dire une chose, pourtant. Je détestais la musique classique, mais maintenant je l’adore. Je sais que ça ne vient pas de mon nouveau cœur, parce que ce n’est pas le genre de choses qu’aiment les noirs. Maintenant, cela calme mon cœur. J’en écoute tout le temps. C’est devenu une passion. Je n’ai dit à aucun de mes collègues que j’avais un cœur noir, mais j’y pense beaucoup.”

La femme du receveur :

“Quand il a appris qu’il allait avoir le cœur d’un noir, cela l’a beaucoup tracassé. Il m’a même demandé s’il pouvait réclamer au médecin un cœur blanc si l’occasion se présentait. Ce n’est pas Archie Bunker, mais pas loin. Et il me tuerait s’il savait que je vous le dis, mais pour la première fois, il a invité ses collègues noirs. On dirait qu’il ne prête plus attention à leur couleur, bien qu’il en parle encore par moments. Il a l’air plus à l’aise avec ces noirs, mais il ne s’en rend pas compte. Une dernière chose. Il me rend folle avec sa musique classique. Il ne connaissait aucun morceau et n’en écoutait jamais avant. Maintenant, il reste assis pendant des heures à en écouter. Il siffle même des airs classiques qu’il n’a jamais entendus. Comment les connaît-il ? On aurait pu croire qu’il allait plutôt être attiré par le rap ou ce genre de choses, avec son cœur noir.”


Cas n° 5 :

‘‘Je me croyais homosexuelle… Depuis, je ne le suis plus.”

Le donneur était une jeune femme de 19 ans tuée dans un accident de voiture. Le receveur était une femme de 29 ans atteinte d’une myocardiopathie consécutive à une endocardite.

La mère du donneur :

“Ma Sara était la plus adorable des filles. Elle possédait et gérait son propre restaurant diététique et me reprochait tout le temps de ne pas être végétarienne. C’était une enfant formidable. Fofolle, mais formidable. Elle était pour l’union libre et changeait d’homme tous les deux ou trois mois. Petite fille, elle avait la folie des hommes et cela ne lui a jamais passé. Elle a réussi à m’écrire quelques mots pendant qu’elle était en train de mourir. Elle était déjà à moitié partie, mais elle n’arrêtait pas de dire comment elle ressentait l’impact de la voiture qui les avait percutés. Elle disait qu’elle pouvait sentir l’impact faire son chemin dans tout son corps.”

Le receveur :

“Vous pouvez le raconter aux gens si vous voulez, mais ils vous prendront pour un fou. Quand j’ai eu mon nouveau cœur, il m’est arrivé deux choses. D’abord, presque toutes les nuits, et parfois encore maintenant, je ressens réellement l’accident qu’a eu mon donneur. Je sens l’impact dans ma poitrine. C’est un choc violent, mais mon médecin dit que tout a l’air d’aller bien. Ensuite, je déteste la viande à présent. Je ne la supporte pas. J’étais l’un des piliers de McDonald, et maintenant la viande me fait vomir. En fait, la seule odeur de la viande suffit à faire s’emballer mon cœur. Mais ce n’est pas le plus important. Mon médecin a dit que c’est dû tout simplement à mes médicaments. Je n’ai pas pu le lui dire, mais ce qui me tracasse vraiment, c’est que je suis fiancée maintenant. Mon fiancé est un type formidable et nous nous adorons. Sur le plan sexuel, c’est génial. Le problème, c’est que je suis homosexuelle. Du moins, je croyais l’être. Depuis ma transplantation, je ne le suis plus… Je ne crois pas, en tous cas… Je le suis à moitié, ou alors je suis désorientée. Les femmes m’attirent encore mais mon petit ami me fait de l’effet ; pas les femmes. Je n’ai plus la moindre envie d’être avec une femme. Je me dis qu’on a dû me faire une transplantation sexuelle.”

Le frère du receveur :

“Susie s’est rangée, maintenant. Je parle sérieusement. Elle était homosexuelle et son cœur l’a rendue hétérosexuelle. Elle a jeté tous ses livres et documents sur la politique gay et n’en parle plus. Avant, elle militait beaucoup. Aujourd’hui, elle prend Steven par la main et lui fait des câlins (comme ma petite amie le fait avec moi). Elle parle de trucs de filles avec ma petite amie, alors qu’avant elle aurait passé des heures à lui faire des cours sur le sexisme masculin. Et ma sœur, la reine du Big Mac, déteste la viande. Elle ne peut même pas supporter qu’il y en ait dans la maison.”

Posté par LUMIERE34 à 10:36 - SANTE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

DE L'ESTIME "DE" SOI... (fin)

Pour contrer ces attitudes aussi dévalorisantes, il importe de renforcer ses convictions en la valeur et en l’unicité de sa personne : j’ai de la valeur ; je suis unique au monde et incomparable, je suis très important ; je me traite avec respect et j’attends des autres le même traitement ; je possède une dignité personnelle ; je me sens digne d’appréciation ; je suis fier de moi, je suis le meilleur témoin de ma vie intérieure (de ce que j’y vois, de ce que j’entends et de ce que je ressens) ; etc.

- Accepter tous les aspects de sa personne sans les censurer ni les nier

« Parce que je reconnais comme mien tout ce qui est à moi, je puis me connaître davantage. En agissant ainsi, je peux m’aimer et être en bonne relation avec chaque partie de moi-même. » (Virginia Satir)

Voici un défi majeur posé à l’estime de soi : apprendre à accepter tous les aspects de son corps, la diversité et la mouvance de ses émotions, de ses pensées, de ses désirs, de ses rêves, et même de ses ombres, comme faisant partie de sa personnalité.

L’idéal consiste en effet à laisser émerger en soi son matériau conscient et inconscient sans l’interpréter, le rationaliser, l’exprimer ou en prendre conscience. On aura plutôt tendance à censurer une sensation déplaisante, un malaise, une émotion embarrassante, une pensée gênante, un désir indécent ou un rêve fou. On sera porté à les éviter, à les occulter et à les refouler comme des phénomènes inacceptables. Ces manœuvres ne feront qu’augmenter le volume de son ombre. Ce qu’on n’aura pas voulu reconnaître et accepter continuera d’agir en soi et sur soi malgré notre volonté.

Pour éviter ces refoulements néfastes, on prendra la position d’un observateur qui, au lieu de s’identifier à ses états d’âmes, les laissera passer comme des nuages évanescents. C’est là le rôle et l’effet d’une authentique méditation.

Celui qui s’accueille sous toutes les facettes de son être se laissera guider par les convictions suivantes:

j’accepte d’expérimenter toutes les parties de mon être pour la seule raison qu’elles m’appartiennent ; j’accepte la présence de mes pensées, même si je ne peux pas toujours les réaliser;

j’accepte de ressentir mes émotions et mes sentiments même s’ils sont pénibles ou frustrants;

je cherche à être en harmonie avec toutes les parties de mon être ; etc.

- Se considérer aimé et s’aimer soi-même

« La pire des solitudes n’est pas d’être seul, c’est d’être un compagnon épouvantable pour soi-même. La solitude la plus violente, c’est de s’ennuyer en sa propre compagnie. » (Jacques Salomé)

Les marques gratuites d’attention et d’affection prodiguées par les proches et les éducateurs incitent l’enfant à se traiter d’une façon bienveillante et chaleureuse. Il apprend ainsi à se considérer comme son « meilleur ami ». Comment cela se manifestera-t-il? Un ami intime écoute, comprend, encourage et exprime son amour bienveillant et compatissant. L’être qui se considère aimé agira de même à son propre endroit.

L’amour de soi commence par une authentique compassion envers soi. Loin de se disputer pour ses erreurs, de se blâmer dans la souffrance et de s’humilier dans les échecs, la personne qui s’aime s’écoute, se console, s’encourage et se fait confiance.

L’amour fidèle et constant de soi joue également un rôle déterminant dans l’amour du prochain. Sans amour de soi, l’amour des autres est en effet impossible.

L’amour de soi repose sur les convictions suivantes :

j’ai l’assurance d’être aimé et d’être aimable;

je suis compatissant envers moi-même ;

je me pardonne mes erreurs et mes fautes ;

je suis mon meilleur ami;

je me parle avec tendresse;

je m’encourage dans les moments pénibles-, etc.


(Jean Montbourquette)


Posté par LUMIERE34 à 10:31 - DEVELOPPEMENT PERSONNEL - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

TICH NATH HANH... (fin)

L’interdépendance : un principe universel

A la quête du bonheur qui semble faire rage en Occident, il répond par le principe universel d’interdépendance. Il n’est pas d’« être », il n’est que de l’« inter-être ». Traduction : « Je » dépend de ce qui est « autre que moi ». Thich Nhat Hanh enseigne qu’il n’y a pas de coupure entre soi et le monde. Tel est le « non-soi » bouddhiste. Il signifie que nous ne sommes ni seuls, ni isolés, et que notre bien-être dépend du bien-être d’autrui, et réciproquement. Plutôt que de cultiver une position égocentrique, qui creuse des fossés entre les hommes, Thich Nhat Hanh nous encourage à éviter les paroles et les actes qui causent de la souffrance, et à développer une attitude de compréhension et de compassion. Réduire la souffrance de l’autre, voilà qui contribue à assurer notre propre bonheur.

« Vous ne pensez à rien d’autre. Vous concentrez simplement votre attention sur vos pas et vous marchez de telle façon que chaque pas vous apporte solidité, liberté et joie. » Fermement établis dans le présent, le corps et l’esprit sont alors un, habités par une énergie protectrice.

La paix : une utopie accessible

De la même manière, la paix mondiale dépend de la capacité à établir la paix en soi. Thich Nhat Hanh recommande donc de pratiquer la méditation pour parvenir à un « regard profond » sur nos émotions et nos intentions. Reconnaître nos peurs nous permet de développer de la compassion pour la peur de l’autre et de restaurer la communication.

Dès lors, la paix mondiale n’apparaît plus comme une utopie, mais comme le fruit d’une pratique méditative quotidienne. C’est ainsi que des délégations israéliennes et palestiniennes ont été conviées au Village des pruniers, non

pas pour des discussions stratégiques, mais pour pratiquer le « regard profond » et la « parole aimante ».

(Tiré de La Paix en soi, la paix en marche)

Et si savoir être seul était le secret d’une vie de couple réussie ? Limpide, poétique, ce texte explique comment la connaissance de soi enrichit la relation amoureuse.

«Le cadeau le plus précieux que nous puissions offrir à ceux que nous aimons est notre énergie de compréhension et d’amour. Si nous n’avons pas de compréhension et d’amour en nous-mêmes, nous n’avons rien à offrir aux autres et au monde. Comment peut-on cultiver la compréhension et l’amour ? En étant seul.

Etre seul ne veut pas dire que vous vous coupez de la société ou que vous allez vous installer au sommet d’une montagne ou vivre dans une grotte. Vivre seul signifie que vous êtes toujours avec vous-même – vous ne vous perdez pas. Vous pouvez vous asseoir sur la place du marché tout en étant seul. Vous êtes le chef à bord, et non une victime.

Quand vous pratiquez la marche en pleine conscience, vous vous concentrez sur vos pas et sur votre inspiration et votre expiration. Même si vous marchez avec deux cents ou trois cents personnes, vous êtes toujours seul. La pleine conscience et la concentration sont en vous ; chaque respiration et chaque pas vous nourrissent et vous enrichissent, vous apportant l’énergie de la compréhension et de l’amour.

Si vous n’êtes pas vous-même, vous ne pouvez pas aimer, vous ne pouvez rien offrir. Etre seul signifie revenir en vous-même, devenir maître de vous-même et ne pas vous laisser emporter. La compréhension est le fondement de l’amour. Si vous ne vous comprenez pas vous-même, vous ne pouvez pas vous aimer. Si vous ne comprenez pas votre bien-aimée, vous ne pouvez pas l’aimer. Si vous ne comprenez pas la souffrance de votre bien-aimée, ses difficultés ou ses aspirations les plus profondes, comment pouvez-vous dire que vous l’aimez et que vous la comprenez ? Vous devez être vous-même puis, en la regardant, vous commencerez à comprendre. […]

L’amour est l’eau qui jaillit de la source de la compréhension. Une relation n’a de sens que si chaque personne est elle-même. Si, dans votre couple, vous êtes tous les deux pleins de compassion, d’amour et de beauté, vous n’avez rien d’autre à vous offrir mutuellement.[…]

Parler est une offrande et une manière de s’exprimer. Mais si toutes vos idées sont vides, ce ne sera pas un vrai cadeau. Vous aurez des opinions sur tout, mais ce n’est pas forcément ce dont l’autre a besoin. Ce dont l’autre a besoin, c’est de votre compréhension, de votre amour et de votre regard profond – non en tant qu’idées, mais en tant que réalité vivante. »

A LIRE :

• La Paix en soi, la paix en marche

Une méthodologie en cinq points, qui sont autant de thèmes pour une pratique quotidienne de la paix (Albin Michel, 2006).

• Il n’y a ni mort, ni peur

Des enseignements accessibles à tous et qui explorent la tradition pour nous libérer de la peur de mourir et vivre pleinement sa vie (Pocket, 2005).

• La Plénitude de l’instant, vivre en pleine conscience

La base de l’enseignement divulgué par Thich Nhat Hanh pour se réconcilier avec soi-même et faire émerger un esprit communautaire (Marabout, 1999).

Posté par LUMIERE34 à 10:25 - SPIRITUALITE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1