05 mars 2008
MEDECINES NATURELLES....
....L'EUROPE DONNE LE TON
La
loi « Droits des malades» marque le début d'un
processus de reconnaissance de la liberté en matière de
choix thérapeutique. Néanmoins, beaucoup reste à
faire en France et dans certains Pays d'Europe en retard sur
l'évolution de notre société.
Alors
que les médecines naturelles, depuis les années 1970,
se sont imposées en France comme des disciplines de santé
à part entière tant du côté des
consommateurs que du côté des professionnels de la santé
qui les conseillent, le droit français ne s'est pas toujours
adapté aux besoins et droits des citoyens que nous sommes.
Ceci créant parfois des distorsions, des inégalités
et des discriminations dont sont victimes les novateurs qui ont
souvent le tort d'avoir eu raison trop tôt.
Les
Français ont-ils véritablement le libre choix
thérapeutique ?
J'ai toujours été interpellée par l'extrême difficulté en France de pouvoir se soigner et se maintenir en bonne santé dans des conditions de véritable libre choix.
L'Etat
ou les Ordres (ordre des médecins notamment) ont la prétention
d'enfermer le consommateur dans un schéma de soins bien
précis. En effet, il devrait pouvoir se faire que toutes les
médecines se complètent harmonieusement dans l'intérêt
suprême du patient.
Quel
est le statut des médecines non conventionnelles en France ?
Elles n'ont aucun statut en tant que tel et ne sont donc pas véritablement intégrées au système de santé. Il en résulte des poursuites à l'encontre de tous les acteurs touchant à ces médecines : médecins devant l'Ordre des médecins, pharmaciens devant l'Ordre des pharmaciens, fabricants et distributeurs de plantes, de compléments alimentaires ou produits de confort pour falsification notamment devant les juridictions pénales, poursuites pour exercice illégal de la médecine ou de la pharmacie.
Certes
en 1982, sous l'initiative du Doyen Pierre Cornillot, est créé
le Dumenat (Diplôme universitaire de médecines
naturelles). Egalement l'Ordre des médecins a accepté
deux orientations médicales pour les médecins :
l'homéopathie et l'acupuncure.
Pourtant paradoxalement, même si des diplômes inter-universitaires ont été mis en place dans ces disciplines la situation des médecins qui les pratiquent est souvent des plus délicates (...) Des poursuites sont engagées pour charlatanisme ou thérapeutiques insuffisamment éprouvées devant la section disciplinaire de l'Ordre des médecins.
Néanmoins
des progrès sont à noter en France. En 2002 a été
votée une loi « droits des malades »
renforçant le droit des patients (accès au dossier
médical, information, prévention, réforme de
l'Ordre des médecins...) et légalisant les ostéopathes
et chiropracteurs, ce qui consacre pour la première fois une
remise en cause du monopole médical fixé depuis 1982 et
tenant enfin compte des consommateurs.
Quelle est la situation dans les autres pays européens ?>
Ces
médecines sont très largement utilisées et même
légalisées dans de nombreux pays européens :
Allemagne, Pays-Bas, Grande-Bretagne, Irlande, Pays Scandinaves,
Suisse (selon les cantons) Belgique...Mais elles sont aussi très
développées aux Etats-Unis.
La
France présente donc un retard de réglementation pour
ces pratiques médicales ou de santé.
Quel
devrait être, selon vous, le rôle de l'Etat en matière
de santé (...) ?
Le
rôle de l'Etat n'est pas de se substituer à l'individu
pour choisir et décider à sa place quelle alimentation
il doit privilégier, quels soins il doit recevoir ou quels
médicaments il doit consommer, mais l'Etat est là pour
offrir une information claire, loyale et transparente, coupée
de tout intérêt politique, économique et
corporatiste, permettant ensuite au consommateur de faire son choix
lui-même. (...)
J'espère
aussi que les pouvoirs publics actuels sauront aller jusqu'au bout de
la réforme qui a été engagée dans la loi
« droits des malades » à propos de
l'Ordre des médecins. (...) Mais il est clair que dans un
deuxième temps, il faudra aller encore plus loin car des
problèmes n'ont pas encore été évoqués.
C'est aussi le libre choix du consommateur de santé qui doit être renforcé en lui permettant d'accéder concrètement à tous les produits médicamenteux ou non de son choix, dans le respect bien compris de la libre circulation des marchandises et d'accéder à une véritable information.
Ceci veut dire aussi des réglementations bien faites en matière de plantes, compléments alimentaires nutritionnels...
Car l'enjeu de la médecine du troisième millénaire repose sur « un nouveau rapport de force » entre le patient et le thérapeute. Le patient n'est plus passif : il veut reprendre le contrôle de son corps et décider lui-même de ce qui est bon pour lui.
En bref, contribuer à faire triompher le libre choix thérapeutique de telle sorte que soit instauréed l'autodétermination de l'individu sur son propre corps, autodétermination que nul pouvoir, nulle logique commerciale ne saurait annihiler.
( Extraits de l'interview de Maître Isabelle Robard, propos recueillis par Guy Roubier « Bio-contact 02/2003 »
Commentaires
Le patient patiente...
C'est jusque-là tout ce que lui demande le médecin. Et surtout, il se tait,il ne cherche pas à savoir ce qu'il ingurgite, il doit faire confiance car le médecin sait, lui !
Quand nous, "patients", allons-nous enfin évoluer, sans attendre qu'On nous en donne la permission ? Il y a trop d'intérêts en jeu pour qu'On nous lâche la bride. Alors prenons le mors au dent sans attendre la fièvre de cheval et le remède qui va avec.
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