15 mars 2008
LA CONFIANCE EN SOI (3)
L'enfant
réagit souvent par des conduites excessives où de
grandes certitudes l'invitent à croire qu'il peut faire
l'économie de certains gestes pourtant créateurs de
liens. Attitude de défense et réponse maladroite à
des situations épineuses ou délicates que l'on perçoit
comme dangereuses pour soi, une trop grande assurance vient souvent
nier un sentiment de faiblesse interne, envahissant, menaçant
et qu'on espère oublier tant on craint qu'il transparaisse
trahissant cette faiblesse douloureuse qui nous révèle
vulnérable….
Un
bon idéal du moi compense nos failles, joue le rôle de
réassurance, aide à dessiner une image de soi positive.
En revanche, trop fort, il rend toute réalisation
inaccessible. Et en matière d'éducation, viser trop
haut pour son jeune enfant lui donnera le sentiment que ce n'est pas
de lui, son moi du confiance « en soi » dont il s'agit,
mais d'un projet qui ne le concerne sinon pour l'infirmer, insister
sur sa fragilité, lui faire vivre une incapacité
pénible à se conformer à ce qu'on attend de lui,
un sentiment blessant d'étrangeté parmi ceux à
qui il devrait commencer à s'identifier. Aider ses enfants,
oui, mais les encourager surtout à se construire, à
accorder leurs gestes à leurs désirs et non à se
conformer aux nôtres.
Vulnérabilité
maternelle, angoisse de ne pas être dans les normes sont parmi
les sources les plus classiques, les plus communes du manque de
confiance en soi (de l'enfant). L'acquisition d'une force intérieure
personnelle, fondée sur l'autonomie de ses gestes, est rendue
plus difficile. L'enfant prend toujours conscience de façon
douloureuse de ses limites, de celles de son père, de sa mère.
Et que sa famille ne puisse lui assurer l'absolue sécurité…
l'inquiète. L'impression de solidité intérieure
passant par la fiabilité des premières relations, un
enfant avec les sentiments duquel on triche se sentira comme en
danger perpétuel, inquiété par ce qui s'énonce
avec des paroles comme une vérité et se traduit au
quotidien par un manque d'attention ou une conduite qui affirme le
contraire. De même, toute attitude parentale venant troubler ou
affirmer sa confiance, l'invitation au mensonge signifiera à
ses yeux une crainte d'exister au grand jour et lui communiquera,
comme si la vraie vie n'était pas autorisée, un
sentiment de honte de soi.
L'enfance
de la naissance jusqu'à la maturité est la période
de la formation, de la transformation, du perpétuel passage.
Tel un parcours initiatique, les étapes se succèdent
jalonnées d'épreuves. Passage du familial au social. De
l'immaturité à la prise de responsabilité, de
l'intérieur vers l'extérieur, de la dépendance à
l'indépendance. Passage progressif et évolutif d'un
lieu, d'une activité, d'un âge à l'autre…Chacun
de ces passages marque un tournant qui implique un ajustage permanent
de sa personnalité à la société, de son
comportement à la collectivité, à des situations
pour lui toujours nouvelles et surprenantes, comme autant de «
baptêmes » dont il a besoin de ressortir entier, augmenté
et non diminué.
Durant
cette période qui s'étale sur de nombreuses années
et ne laisse pourtant guère le temps de s'adapter à une
situation sans avoir presque aussitôt à penser à
une autre, il découvre ses ressources, prend conscience peu à
peu que c'est à lui d'œuvrer pour son destin.
L'inconscient
ayant ses lois que le conscient n'admet pas toujours, pour ne pas
vivre en contrariété permanente avec soi autant être
à l'écoute de cet inconscient plutôt que de nier
ce qu'il veut dire en même temps qu'il veut dire quelque chose.
Pour donner à nos enfants les meilleures chances de s'affirmer avec bonheur, veillons à ne pas être contradictoire dans nos ordres et évitons l'injonction paradoxale paralysante, mais n'hésitons pas à pimenter nos remarques d'une pointe d'arbitraire, au cas où, emportés par une trop grande assurance, ils s'imagineraient n'avoir plus rien à gagner ! Les épreuves que l'on parvient à surmonter renforcent… Autant n'encourager personne à se plaindre en s'apitoyant sur son sort ou en le chargeant de nos faiblesses et nos incapacités !
(...)
VIVEZ CET INSTANT PLEINEMENT
Cet
instant est votre seule vie..... Il est parfait ! Vous savez pourquoi
? Tout est à sa place, il ne manque rien. Tout est déjà
donné.
Le
défi est d’être existant et de participer consciemment
au souffle rafraîchissant du vivant en vous. Pour un être
humain, la vie n’est pas un questionnement mental auquel il faut
répondre mais une réalité à vivre dans
l’instant.
Parce
qu’ils ne voient plus la réalité, les hommes sont
malades des yeux. Ils « pensent leur vie » : ils ramènent
le nouveau au même, le futur au passé, l’inconnu au
connu, le changeant à l’immobile. C’en est fini du
fluctuant mouvement du réel où les choses sont sans
arrêt « autres ».
Dans
les souvenirs paisibles et inaltérables de l’enfance, vous
avez gardé le sentiment simple et familier de vivre dans un
“corps-Monde” où le temps, l’espace et votre présence
se signifiaient en confidences intimes. Alors redevenez le serviteur
innocent de l’instant qui vous est offert. Vivez votre vie en
direct dans le principe de la découverte ; soyez neuf dans
chaque instant qui passe. Relevez le défi du moment sans
pensées parasites sur ce que ce moment doit être. Dites
oui à ce qui est présent, oui à vos émotions,
oui à ce qui est et à ce que vous êtes.
Seul le présent conscientisé est porteur de créativité et de liberté. Votre curiosité et votre sensibilité retrouvées sauront vous guider vers la perception et l’intuition de la structure invisible des choses, mystère de l’ordre caché qui sous-tend l’apparence du tout. Rejoignez l’acte pur de création où l’action posée est simplement juste et ne laisse pas de trace dans la physiologie. L’intuition de cette lecture existentielle vous permettra de vivre dans la simplicité et la paix dans l’unité retrouvée.
(David Ciussi)