22 avril 2008
LA FRAISE ESPAGNOLE
Attention, à lire attentivement... Ça donne moins envie d'en acheter,et surtout d'en manger. Si vous vous sentez concernés faites suivre...
En cette période où l'on voit des fraises partout sur les étals, le rappel utile de cet article de Claude Marie Vadrot paru il y a un an dans Politis.
Quatre minutes pour le lire et l'assimiler plus une minute pour le diffuser. Et il reste tout le week end pour aller au marché acheter des... pommes.
D'ici à la mi-juin, la France aura importé d'Espagne plus de 83 000 tonnes de fraises. Enfin, si on peut appeler «fraises» ces gros trucs rouges, encore verts près de la queue car cueillis avant d'être mûrs, et ressemblant à des tomates. Avec d'ailleurs à peu près le goût des tomates... Si le seul problème posé par ces fruits était leur fadeur, après tout, seuls les consommateurs piégés pourraient se plaindre d'avoir acheté un produit qui se brade actuellement entre deux et trois euros le kilo sur les marchés et dans les grandes surfaces, après avoir parcouru 1 500 km en camion. À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16 000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d'échappement. Car la quasi-totalité de ces fruits poussent dans le sud de l'Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l'une des plus fabuleuses réserves d'oiseaux migrateurs et nicheurs d'Europe.
**Il aura fallu qu'une équipe d'enquêteurs du WWF-France s'intéresse à la marée montante de cette fraise hors saison pour que soit révélée l'aberration écologique de cette production qui étouffe la fraise française (dont une partie, d'ailleurs, ne pousse pas dans de meilleures conditions écologiques). Ce qu'ont découvert les envoyés spéciaux du WWF, et que confirment les écologistes espagnols, illustre la mondialisation bon marché.
**Cette agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiètent déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60% de ces cultures seulement sont autorisées; les autres sont des extensions «sauvages» sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes.
**Les fraisiers destinés à cette production, bien qu'il s'agisse d'une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l'hiver, pour avancer leur production. À l'automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyl et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d'ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005); le second, composé de chlore et d'ammoniaque, est aussi un poison dangereux: il bloque les alvéoles pulmonaires*.*
** Qui s'en soucie? **
**La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main-d'œuvre marocaine, des saisonniers ou des sans-papiers sous-
payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au coeur de l'hiver. **
**Un écologiste de la région raconte l'explosion de maladies pulmonaires et d'affections de la peau.**Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui transporte des engrais, des pesticides et des fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié ont été installés de façon illégale. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d'Andalousie, entraîne l'exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu'une trentaine dans la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de disparition. Comme la forêt, dont 2 000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers. La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastique sont soit emportées par le vent, soit enfouies n'importe où, soit brûlées sur place.
** Et les ouvriers agricoles sont priés de retourner chez eux ou de s'exiler ailleurs en Espagne.
****Remarquez: ils ont le droit de se faire soigner à leurs frais au cas où les produits nocifs qu'ils ont respiré ...
**La production et l'exportation de la fraise espagnole, l'essentiel étant vendu dès avant la fin de l'hiver et jusqu'en avril, représente ce qu'il y a de moins durable comme agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l'esprit du public comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à s'installer. Avant de venir de Chine, d'où sont déjà importées des pommes encore plus traitées que les pommes françaises... **
Par Claude-Marie Vadrot
Politis jeudi 12 avril 2007
ENTRE L'ETONNEMENT D'ETRE SILENCIEUX...
AU CŒUR DU MYSTÈRE OU LE BRUITAGE INCESSANT DES PENSÉES MENTALES, QUE CHOISISSONS-NOUS ?
Si
l'on résumait la vie de la Terre en 24 heures ! L'homo sapiens
n'est apparu que dans les deux dernières minutes de cette
drôle de journée et, dans un Univers de 24 heures,
l'émergence de l'homme est réduite aux quarante
dernières secondes... En comparaison, l'existence d'un
individu serait de l'ordre du millième de seconde ... !
L'univers existe depuis environ 15 milliards d'années, la pensée humaine est donc toute neuve...
Depuis
le commencement, une chorégraphie silencieuse ponctue le
temps et l'ordre du « Grand Monde »; les
planètes voguent dans l'infini, ordonnées par une
horlogerie cachée : qui est ce témoin de la beauté
du tout ? Plutôt qu'un mystère à résoudre,
la vie ne serait-elle pas le silence créateur de toutes choses
à expérimenter ? Qui fait pousser les arbres et voler
les papillons ? Quelle est cette magie secrète et silencieuse
qui maintient la vie d'instant en instant en perpétuant
l'éternel cycle de la vie et de la mort ?
Oui, d'accord, me direz-vous, mais :
« Et moi et moi et Moi... Avec mes peurs et mes souffrances ! Qu'est-ce que je fais dans ce grand Monde ?
Est-il possible de trouver la solution de l'existence et un sens à ma vie ?
Est-il réaliste de retrouver la mémoire de mon origine intemporelle, pendant mon existence terrestre ?
Puis-je me comprendre et faire la distinction entre être et penser ?
Puis-je
retrouver la curiosité de l'explorateur attentif, plutôt
que la difficulté du chercheur perdu ? »
Voilà posées quelques questions allant dans le sens de la connaissance de Soi.
La pensée mentale brise le charme du silence pur et nous fait entrer dans les errances mentales en mettant en place la dualité, les contraires, la comparaison, les peurs et les jugements sur nous-mêmes.
Cette
pensée qui divise, est à l'origine des images
corporelles, psycho-affectives et intellectuelles, images aplaties,
sans vie, auxquelles nous nous identifions.
(Remarquons que ces propos ne sont pas écrits pour faire le procès de la pensée dans sa globalité, mais bien pour discriminer entre ce qui est « l'outil de la raison et de la logique » nous permettant de communiquer, de réfléchir, d'apprendre, et la nature consciente qui est le témoin immuable de toute activité pensante).
Vouloir fuir ses peurs est pure illusion : c'est comme vouloir fuir son ombre ! Ce qui est nécessaire, c'est de savoir les observer afin qu'elle perdent leur emprise et leur apparence de vérité. Nos peurs sont des habitudes qui sont régies par des conditionnements-réflexes,attitudes automatiques dépourvues d'intelligence. La dimension non encore révélée de nous-même répète inlassablement les mêmes erreurs. Nous ne pouvons qu'en constater la conséquence : « je souffre000 je suis malheureux... »
La
pensée mentale analyse le noir, mais fait-elle entrer la
lumière ?
Découvrir
la solution de l'existence consiste à développer notre
faculté à la « clairvoyance » :
nettoyage conscient de la maison psychique, travail minutieux du
« concentropologue » qui observe ses idées,
ses raisonnements, ses pensées, à partir de son silence
jaillissant et créateur.
Alors
cet homme, naissant d'un silence d'éternité, renaît
à la conscience consciente d'elle-même, connaissance
éternelle et absolue incarnée dans une âme
individuelle, vous, moi, miracle inouï d'exister dans ce mystère
sans pourquoi.
Là
où cesse la compréhension mentale, commence
l'émerveillement.
(David Ciussi)
UNE PEUR PEUT EN CACHER UNE AUTRE (2)...
(...)
Sous
le règne de la peur, la séparation prend tournure de
rupture et la maladie annonce la mort… Qu’elle surgisse à
travers un choc transmis par nos sens ou un mirage à notre
esprit, qu’elle soit folle ou rationnelle, logique ou insensée,
elle sape toute sérénité potentielle. Pourtant,
la peur du noir oblige l’enfant qui la surmonte à voir
autrement qu’à travers les yeux de ses parents quand,
tâtonnant en aveugle, il se heurte au réel, au solide,
au palpable avec sa propre sensibilité apprenant ainsi à
se passer de leur protection.
La
peur de l’étranger, de l’ailleurs, de l’inconnu, de ce
qui fait que l’autre est autre, dans laquelle se lovent les germes
du racisme, marque l’appréhension de ce qui en nous heurtant
éveille le doute. Mais que le tout petit, qui n’a pas encore
construit ses défenses soit inquiété par «
l’étranger » est dans l’ordre des choses. Il a
besoin d’être assuré par un adulte qui le guide ;
accepte ses frayeurs sans les exploiter à ses propres fins ni
pour autant l’encourager à l’intrépidité ;
l’invite à surmonter ce sentiment d’étrangeté
qui préfigure la peur, à développer son esprit
d’ouverture, à se structurer une identité solide en
découvrant que le différent n’est pas en soi
terrifiant.
L’appréhension
d’une maladie peut nous conduire à adopter des conduites
sages. Ne pas avoir envie d’être contaminé la veille
d’un voyage…et se protéger d’un virus qui est dans
l’air, évite de mettre à mal notre corps et de vouer
un projet à l’échec. De même, une frayeur due à
l’irruption soudaine d’un vacarme monstrueux semble objectivement
fondée. Simple, immédiate, on s’en détache
avant qu’elle ne nous entache. Mais pourquoi a-t-on peur du noir,
une fois devenu adulte ? Ou d’une souris ?
Contrairement
à l’angoisse, dépourvue d’objet, la peur sait
identifier ses démons. Mais si la séparation de ces
expressions, poussées à leur paroxysme, fait sens, je
me demande si, en matière de vécu, de ressenti intime,
la frontière est aussi définie, et si toute peur ne
dissimule pas une angoisse sous-jacente. Si l’une nous étrangle,
l’autre nous paralyse. Et toutes deux - supposant des présences
auxquelles nous préférons échapper ou des
absences auxquelles nous désirons survivre, en dépit
des tortures qu’elles nous font subir - nous infantilisent.
Sentiment
d’inquiétude éprouvé en présence ou à
la pensée d’un danger, il n’est de peur injustifiée,
mais si le danger est bien présent, il n’est pas toujours là
où l’on croirait le trouver.
On
redoute ce que l’on ne connaît pas mais aussi de ce qui nous
rappelle quelque chose que nous croyons connaître… Souvent,
derrière la peur se cachent des souvenirs d’émotions
fortes, insupportables dont la résurrection effraierait. Ou la
reviviscence indicible d’un mal-être qui accompagna la «
faute » plus grave d’un ancêtre. Sans savoir pour
autant les nommer.
La
peur qu’un enfant lira dans le visage d’un être cher est
une des plus redoutables, quand elle s’ajoute, sans qu’il n’en
comprenne le sens, à la douleur de se blesser ou de tomber
malade. Une fièvre bénigne évoquera chez sa mère
la disparition culpabilisante d’une sœur, ou une goutte de sang,
en perlant sur un doigt, convoquera dans son sillage le souvenir
d’une autre plus grave qui « dénonça »
des meurs condamnables. La peur aggrave le réel... Et ses
causes ne sont pas toujours exaltantes. Volonté de puissance,
ambition démesurée, jalousie, culpabilité, en
sont parfois le moteur caché. Associée à cette
dernière, elle peut occasionner autant, si ce n’est plus, de
ravage que la faute commise, incriminée, à tort ou à
raison, qui l’aura engendrée. Et quand elle sévit,
feignant l’innocence pour se protéger, et démasquer
un autre coupable, l’idée d’être découvert
lui confère une agressivité phénoménale.
Invitant à la précipitation, elle incite à
l’erreur, et à travers des actes insensés, se
retourne contre nous. Nourrissant le regret, elle exhorte à
reprocher à l’autre ce dont on craint d’être accusé.
On le charge pour se décharger, et de la peur et du sentiment
de culpabilité.
Accompagnant
un souvenir récurrent ou associée à des
souffrances archaïques qui du fond de l’inconscient nous
interpellent, on y reste … par peur indifférent. Avide, elle
s’auto-alimente, aussi longtemps que sa véritable source n’a
pas été débusquée. La transmission d’une
crainte étouffée à travers les générations
devient plus lourde et plus douloureuse que ne l’aurait été
une révélation soutenue par un entourage bienveillant
…Ainsi la peur d’un fantôme en apparence imaginaire serait
l’écho d’actes, de faits, réels passés
terrorisants qui se feraient entendre,
sous une apparence personnifiée, car on aurait cherché
à en nier la gravité. Et la portée dramatique de
certains secrets serait amplifiée par la crainte de leur
révélation, face à l’intransigeance de proches
ou la cruauté du jugement social.
Cette mémoire inconsciente, sous le joug de laquelle une enfance s’est tant bien que mal déroulée, imprègne le quotidien. La peur d’être « pas aimé par une mère sadique », qui ne nous supportait que si nous lui faisions plaisir, conditionne les relations amoureuses ultérieures. Certaines émotions vives, qui ont surgi alors que le moi était trop immature pour en faire une expérience sensée, et les considérer avec recul, sont intégrées à notre constitution. Ne pouvant se conjuguer au passé, elles nous rappellent à la douleur par des paniques comme injustifiées, nous menaçant dans l’intégrité de notre intimité.
(...)