28 mai 2008
L'ENIGME DU TEMPS (4)
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Nous sommes donc en présence de trois notions fondamentales. Premièrement, que le temps ne passe pas, mais est immobile. Deuxièmement, que ce n’est pas lui qui se déplace, mais nous qui nous déplaçons en lui. Et troisièmement, que ce qui change constamment, ce n’est pas le temps, mais ce sont les formes.
Reprenons ces trois notions et voyons d’abord pour la première d’entre elles quels sont les éléments qui nous permettent d’affirmer que le temps passe ? A bien y réfléchir, il n’y en a qu’un seul, c’est le changement des formes : les aiguilles de notre montre se déplacent, le soleil change de position dans le ciel, les plantes croissent, les enfants grandissent, nos états intérieurs se modifient.
Toute la question revient donc à déterminer si le fait de considérer que les changements de forme sont amenés par le temps qui passe, est une notion conforme à la réalité ou non, c’est-à-dire si elle permet d’expliquer et de comprendre les faits et l’expérience que nous avons du temps. Ce n’est pas le cas.
Comme nous l’avons déjà vu, si le temps passait et amenait le changement de forme, il y aurait un ailleurs dans lequel se trouveraient les formes futures et passées. Cet ailleurs n’a cependant non seulement jamais été découvert, mais pas la moindre hypothèse de sa localisation éventuelle n’a pu encore être avancée.
Mais même si cet ailleurs existait, cela nous amènerait à un non-sens qui devrait nous faire également rejeter la notion du temps qui passe. En effet, cette approche du temps implique que les objets puissent se trouver simultanément à des endroits différents.
Certes, les différentes formes par lesquelles l’arbre donné en exemple précédemment a passé au cours de sa croissance existent. Elles ne sont cependant pas ailleurs, dans un inconnu lointain, appelé globalement passé, mais sont encore sur place dans le jardin. Ces formes passées sont d’ailleurs encore en partie visibles lorsque nous coupons perpendiculairement le tronc. Les marques du temps y apparaissent clairement dans les sillons concentriques des nervures. Les nervures centrales nous montrent le diamètre et la forme approximative du tronc initial, les nervures suivantes le diamètre et la forme lors des années ultérieures, et ainsi de suite, jusqu'à à la forme actuelle de l’arbre.
Les formes ne se déplacent donc pas avec le temps. Elles ne viennent pas d’ailleurs pour entrer dans le présent et être ensuite emportées dans le passé, mais elles restent sur place et se modifient là où elles se trouvent. Le temps ne les déplace pas, parce qu’elles n’ont même pas besoin d’être déplacées. Mais, ne les déplaçant pas, le temps ne passe pas non plus. Par conséquent, il ne peut ainsi qu’être ... immobile.
Le temps et le mouvement
Curieusement, à part le temps, rien n’est immobile dans la création, toutes les formes modifient constamment leur apparence.
Les recherches entreprises par l’être humain pour mieux comprendre la création, ont montré que dans quel que domaine que ce soit, absolument tous les corps, substances, matériaux, etc. étaient animés d’un mouvement et par là, changeaient de forme. Si ce mouvement n’est évident que pour les corps animés, comme ceux des animaux et de l’homme, il n’en a pas moins aussi lieu dans les végétaux et même dans le monde minéral qui au premier abord semble totalement privé de mouvement. Comme on le sait maintenant, au niveau de l’atome, les électrons tournent constamment autour des noyaux, si bien que même le corps le plus compact et inerte est le théâtre d’une intense danse des électrons sur leur orbite.
Le mouvement a non seulement lieu dans l’infiniment petit - au niveau atomique - mais aussi dans l’infiniment grand. Les corps célestes tournent sur eux-mêmes, mais aussi autour de l’axe central de leur galaxie, galaxie qui elle-même tourne sur elle-même.
Même dans un domaine « abstrait » comme celui des pensées, un mouvement a lieu. L’être humain ne peut en effet arrêter de penser ou de vouloir quelque chose. Toujours et sans interruption, il désire, réfléchit, pense, aspire à une chose ou à une autre, ce qui l’amène à agir, à façonner des nouveaux objets et de nouvelles pensées.
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