30 décembre 2008
Une belle histoire
ROSE
"C’était
le premier jour de la rentrée à l’université,
et notre professeur s’était présenté en nous
enjoignant de faire connaissance avec quelqu’un que nous ne
connaissions pas encore.
En me levant pour regarder autour de moi, je sentis une main se poser doucement sur mon épaule. En me retournant, je vis une petite vieille toute fripée qui me regardait avec un sourire radieux irradiant de tout son être."
- "Bonjour, ma jolie", me dit-elle. "Je m’appelle Rose. J’ai quatre-vingt-sept ans. Me permets-tu de te donner l’accolade ?"
En riant, je lui répondis avec enthousiasme,
-
"Bien sûr que vous le pouvez !"
Et elle me gratifia alors d’une formidable étreinte.
-
"Pour quelle raison une personne si jeune et si candide comme
vous est-elle à l’université ? lui demandai-je.
Avec malice elle répondit,
-
"Je suis là pour rencontrer un riche époux, me
marier, faire deux enfants, et ensuite je profiterai de ma retraite
pour voyager."
-
"Non, sérieusement," lui demandai-je. J’étais
curieuse de savoir ce qui avait pu la motiver à relever ce
défi à son âge.
-
"J’ai toujours rêvé d’avoir une formation
universitaire, et aujourd’hui j’en reçois une !" ; me
dit-elle.
Le
cours terminé, nous allâmes au foyer des étudiants
siroter ensemble un milk-shake au chocolat.
Nous
étions devenues amies tout de suite. Ces trois premiers mois,
nous partions chaque jour après les cours dans d’interminables
discussions !
J’étais
inlassablement fascinée à l’écoute de cette
"machine à remonter le temps" qui partageait avec
moi sa sagesse et son expérience.
Après
quelque temps, Rose était devenue la coqueluche du campus et
elle n’avait aucun mal à se faire des amis partout où
elle allait. Elle adorait se faire élégante et se
réjouissait de l’attention que lui portaient les autres
étudiants. Elle s’y prêtait de bonne grâce.
À
la fin du second trimestre, nous avons invité Rose à
prendre la parole au banquet de notre équipe de foot. Jamais
je n’oublierai les mots qu’elle nous y a dit alors. Après
avoir été présentée, elle est montée
sur le podium. Alors qu’elle commençait le discours qu’elle
avait préparé, elle a fait tomber par terre une partie
de ses notes. Frustrée et légèrement
embarrassée, elle s’est alors penché sur le micro en
disant simplement ; -"Excusez ma nervosité. Je ne bois
plus de bière depuis le Carême, et ce whisky m’assomme
! Je ne vais jamais retrouver l’ordre de mes notes, alors
permettez-moi juste de vous dire ce que je sais."
Tandis
que tout le monde s’esclaffait, elle s’est éclairci la
voix et a commencé :
-
"Nous ne cessons pas de jouer parce que nous sommes vieux ; nous
devenons vieux parce que nous cessons de jouer. Il n’y a que quatre
secrets pour rester jeune, être heureux, et connaître le
succès.
1
- Il vous faut rire et faire preuve d’humour chaque jour.
2
- Il vous faut avoir un rêve. Lorsque vous perdez vos rêves,
vous mourez. Vous avez tant de gens autour de vous qui sont morts et
qui ne le savent même pas !
3
- Il y a une énorme différence entre vieillir et
grandir. Si à dix-neuf ans vous restez dans votre lit une
année entière sans rien faire d’utile, vous
atteindrez vos vingt ans. J’ai quatre-vingt-sept ans, et si je
reste au lit toute une année sans faire quoi que ce soit,
j’atteindrai mes quatre-vingt-huit ans.
Tout
le monde sait vieillir. Cela ne nécessite ni compétence
ni disposition particulières. L’idée est de grandir
en trouvant toujours l’opportunité pour le changement.
4
- N’ayez aucun regret. Les personnes âgées n’ont
habituellement pas de regrets pour ce qu’elles ont fait, mais bien
plutôt pour ce qu’elles n’ont pas fait. Les seules à
avoir peur de la mort sont celles qui ont des regrets."
Elle
a terminé son discours en chantant bravement "La Rose".
A
la fin de l’année, Rose a terminé la licence qu’elle
avait entreprise durant toutes ces années. Une semaine après
avoir obtenu son diplôme, Rose est morte paisiblement pendant
son sommeil.
Plus de deux mille étudiants ont assisté à ses funérailles en hommage à la femme merveilleuse qui prêchait par l’exemple qu’il n’est jamais trop tard pour devenir tout ce qu’il vous est possible d’être.
22 décembre 2008
LA LIBERTE D'ETRE (fin)
Pour
commencer, il est bon d’établir une base la plus solide
possible au niveau conscient. Ensuite, on pourra passer au travail
sur l’inconscient, qui permettra d’élargir l’aspect
conscient, qui, à son tour, permettra de faire un travail au
niveau inconscient plus approfondi, etc. Parallèlement, et à
des degrés d’intensité différents, l’énergie
de l’âme sera invoquée, impliquant le niveau
supraconscient. Et c’est ainsi que le travail peut se faire, par
approximations successives de façon cyclique et non pas
linéaire. Il faudra donc avoir à sa disposition des
méthodes appropriées à chaque étape. Nous
avons les nôtres, dont nous mentionnerons quelques
caractéristiques plus loin. Si l’on sait suivre ce mouvement
et qu’on a des moyens de travail cohérents, alors on avance
de façon réelle et sécuritaire vers une maîtrise
et une liberté de plus en plus grandes.
Avant
de pouvoir faire un travail efficace et sécuritaire sur
l’inconscient et ensuite approfondir à d’autres niveaux,
il est important de construire en premier une base solide. Ceci se
fait par un premier travail au niveau conscient. C’est la première
étape, la plus importante puisque d’elle dépend la
qualité de la suite du développement. Lorsqu’on veut
construire une maison, on prend soin de construire de bonnes
fondations avant de monter les murs; c’est une évidence dans
le monde physique. Il en est de même dans le monde de la
conscience, bien que, parce que c’est moins tangible, on pense
qu’on peut faire n’importe quoi. Alors on se met à
travailler sur soi, enthousiasmé peut-être par la
dernière technique dans le vent, mais sans savoir ce qu’on
fait exactement. Les résultats seront les mêmes que dans
le monde physique : au mieux spectaculaires sur le moment, mais peu
durables et finalement décevants, au pire déséquilibrants.
Nous avons remarqué que nos observations pratiques
correspondent en fait aux enseignements plus classiques donnés
par la science ésotérique. Selon le maître
Tibétain, les premiers stades du développement
spirituel sont : formation du caractère, motif juste, service.
Puis
viennent six autres niveaux (le quatrième étant la
méditation) qui représentent un travail plus
spécifique, mais qui ne sont sécuritaires et efficaces
que si les premiers stades ont été suffisamment
intégrés. Ces trois premiers stades constituent la
première étape de base. Beaucoup de chercheurs,
ignorant cette première étape, se perdent dans des
techniques plus ou moins sophistiquées, souvent orientales
parce que c’est plus exotique, et ne font que tourner en rond dans
l’illusion. Pratiquer ces techniques sans être suffisamment
conscient de soi est un coup d’épée dans l’eau et
ne fait que nourrir l’ego, sous une forme ou une autre.
C’est
souvent l’orgueil «spirituel», plus ou moins déguisé,
ou la fuite qui sont nourris à ce moment-là. Il faut
beaucoup d’humilité, de patience et de persévérance
pour travailler simplement à la «formation du
caractère», ainsi que l’appelle le maître
Tibétain, qui est en fait, dans nos termes, l’apprentissage
d’une maîtrise suffisante de la personnalité par
l’âme. C’est peut-être le stade le plus difficile,
parce que l’ego refuse de jouer le jeu. Il veut des choses
spectaculaires, rapides, faciles, qui permettent d’éviter
les vrais lâcher-prises; au fond, il ne veut pas vraiment se
remettre en cause et c’est pourtant le premier pas essentiel. Selon
notre expérience pratique, nous avons observé que pour
construire des fondations solides, c’est-à-dire pour
intégrer suffisamment la première étape, il est
bon, simultanément, de :
-
Faire un premier travail de prise de conscience, de connaissance de
soi, autant au niveau des mécanismes de la personnalité
que de la présence de l’âme. Plus cette connaissance
consciente sera approfondie, plus il sera facile de poursuivre lors
des stades suivants;
-
Favoriser l’ouverture à l’énergie du Soi, dans la
mesure du possible à ce stade;
-
Mettre tout cela en pratique.
Si
on est allé plus loin dans l’exploration de techniques sans
avoir intégré suffisamment ces trois aspects, il vaut
mieux revenir en arrière et prendre soin des fondations avant
que la maison ne s’écroule, ou que l’on piétine
longtemps sans pouvoir avancer dans les autres travaux...
(http://www.magazinelinitiation.com N°2)
LA LIBERTE D'ETRE (4)
(...)
En
fait, on avance souvent à l’aveuglette sans trop savoir ce
qu’on fait, ou bien on est sûr d’avoir raison, ce qui est
encore pire... Nous ne parlerons pas de méthodes ici, mais
plutôt des principes fondamentaux sur lesquels toute méthode
peut s’appuyer pour être efficace. On peut comprendre que
pour faire un cheminement intérieur complet, il sera
nécessaire de travailler sur les trois aspects de la
conscience, pas nécessairement dans cet ordre.
1
- L’aspect inconscient par dégagement des mémoires du
passé, ce qui facilitera la maîtrise émotionnelle
et mentale.
2
- L’aspect conscient par l’acquisition de la maîtrise
consciente, essentiellement la maîtrise des pensées et
le développement des capacités du mental supérieur.
3 - L’aspect supraconscient afin d’amener la conscience de l’âme dans la conscience de la personnalité.
Quelles
que soient les disciplines spirituelles et de croissance, on trouve
toujours l’un ou plusieurs de ces aspects, plus ou moins bien gérés
selon les cas. Souvent, un seul aspect (ou deux, au plus) du
processus de transformation est considéré, et c’est
pourquoi les résultats obtenus ne sont pas toujours durables
ni satisfaisants en termes de réelle transformation manifestée
concrètement dans le monde. Les cours de croissance, souvent,
ne travaillent qu’au niveau conscient et ne font qu’effleurer les
niveaux inconscients ou supraconscients (si tant est qu’ils s’en
occupent). Les thérapies cherchent à libérer
l’inconscient, mais sans faire appel à l’énergie de
l’âme. Les démarches spirituelles veulent plutôt
travailler «dans la lumière» et mettent donc plus
l’accent sur l’aspect supraconscient et éventuellement
conscient, mais oublient que l’ombre existe aussi. De plus,
beaucoup oublient l’aspect du service et de la manifestation
concrète dans le monde. Toutes ces approches, dont beaucoup
sont excellentes, gagneraient à élargir leur
perspective de la question et, travaillant en collaboration les unes
avec les autres, seraient encore plus efficaces et satisfaisantes. En
ce qui nous concerne, nous avons approfondi certaines méthodes
au cours de nombreuses années de recherche, et nous nous
sommes rendus compte de l’importance d’un travail complet,
synthétique et cohérent aux trois niveaux : conscient,
inconscient et supraconscient. En fait, la démarche implique
les trois niveaux dans une dynamique vivante, travaillant par
approximations successives, le travail à un niveau supportant
toujours le travail aux autres niveaux. En effet, ces trois aspects
interagissent les uns sur les autres. Par exemple, le dégagement
de l’inconscient peut créer l’ouverture pour un afflux
d’énergie spirituelle, la maîtrise consciente peut
permettre un dégagement de certains aspects de l’inconscient
et faciliter le fonctionnement à partir d’une conscience
supérieure, l’accueil d’énergie spirituelle peut
favoriser la guérison du passé, etc.
Le processus est très personnel, il n’y a pas de route déterminée d’avance. La seule chose qu’on doit reconnaître est la nécessité de travailler sur les trois niveaux de façon souple, vigilante et dans une dynamique particulière à chacun.
Pour faciliter la recherche et éclairer l’essence de ce processus en même temps que sa complexité, nous observerons comment aborder le travail plus spécifiquement sous chacun de ces trois aspects. Ceux-ci n’étant pas indépendants, différentes étapes, impliquant chaque fois un ou plusieurs de ces aspects, doivent être reconnues et parcourues, afin que le processus soit efficace et sécuritaire. Ces différentes étapes sont très souvent ignorées sur le chemin, et c’est pourquoi celui-ci peut sembler parfois si difficile et même sans issue. Prendre conscience de la dynamique sous-jacente à tout le processus facilite énormément le travail de guérison, l’accès à la maîtrise et donc à la liberté.
(...)
05 décembre 2008
LA LIBERTE D'ETRE (3)
(...)
Aussi
merveilleux que soient ces enseignements spirituels, les moyens
concrets pour les réaliser restent souvent vagues et trop
généraux. Ils peuvent alors être facilement
récupérés pour créer une espèce de
somnifère spirituel. On rêve d’un monde d’amour et
de lumière, on en parle, on philosophe, mais la vie de tous
les jours continue avec son cortège de frustrations, de
souffrances, de maladies et de violence. On est enthousiasmé
par les belles paroles, mais on continue à critiquer le
voisin, à détester notre belle-mère, à
blâmer notre conjoint, à abuser de notre pouvoir sur nos
enfants ou nos employés, à vivre dans le stress, le
manque d’énergie, à nous sentir victimes d’un monde
injuste, etc., et à être finalement frustré et
pas vraiment heureux, si on veut bien se dire la vérité
à soi-même.
Ou alors, on fait des efforts de volonté désespérés pour se débarrasser de ces comportements négatifs. On arrive ainsi à passer quelques jours ou quelques semaines dans la paix, surtout si on est hors de notre quotidien. Et puis d’un coup, toute cette négativité nous saute à nouveau à la figure au moment où on s’y attend le moins. Car ces beaux enseignements, non intégrés, peuvent souvent amener à nier une partie importante de soi-même, celle qui ne correspond pas aux idéaux proposés. Ebloui et enthousiasmé par les merveilleuses possibilités de l’être humain, touché par la pertinence de ce qui est présenté qui entre en résonance avec le désir profond de notre âme, on veut pouvoir atteindre cela sur le champ. On oublie alors qu’arriver à maîtriser l’ego demande beaucoup de travail, de temps, de connaissance et de pratique. C’est comme si, en sortant d’un concert où l’on a été profondément touché par le talent et la sensibilité du pianiste, on décide de jouer du piano. C’est très bien; mais il faut savoir que de longues heures de pratique, souvent arides, seront nécessaires pour arriver à la maîtrise de l’instrument.
Lorsqu’il
s’agit de l’apprentissage d’un instrument de musique, on peut
difficilement s’illusionner : les fausses notes et le manque de
maîtrise sont évidents. Il est plus facile de se leurrer
en ce qui concerne l’apprentissage de la maîtrise de soi, de
se croire rempli de lumière alors que l’ombre n’a pas été
travaillée. On suit des stages ou des disciplines, on lit des
livres, on accumule beaucoup de connaissances philosophiques, on a,
par moments, de belles expériences intérieures.
Pourtant les fausses notes sont évidentes : ce sont tous nos
échecs dans nos relations, notre incapacité de vivre en
paix, nos fatigues physiques et morales, nos frustrations
quotidiennes, nos insatisfactions, nos déprimes, notre
incapacité à aimer et se sentir aimé, etc. Il
est alors facile de tomber dans une attitude de victime (c’est la
faute des autres ou des circonstances extérieures si on
n’arrive pas à être heureux), ou bien de se décourager
en pensant que les disciplines ou les enseignements sont inutiles et
qu’il est impossible d’atteindre le plein épanouissement
dans ce monde. Pourtant, la vie peut être très belle, et
les enseignements peuvent être réellement vécus,
à condition de connaître et maîtriser notre
instrument, c’est-à-dire nos propres dynamiques intérieures.
Si
on veut être réaliste, il importe de reconnaître
qu’un vrai changement de conscience, qui entraîne
naturellement une qualité de vie supérieure, exige un
travail intérieur précis et rigoureux. Car si c’était
facile, cela ferait longtemps que tout le monde serait heureux.
Afin d’y voir plus clair, il est nécessaire d’être très vigilant, d’oser se dire la vérité à soi-même, d’être attentif aux mécanismes de sa propre conscience afin d’apprendre à les connaître et d’accepter de faire un pas après l’autre. Mais cela n’est pas nouveau. En haut de la porte du temple de Delphes n’était-il pas écrit : «Connais-toi toi-même, et tu connaîtras l’Univers et les Dieux»... (Socrate)
Sur le chemin spirituel, il règne beaucoup de confusion relativement aux méthodes à utiliser. Certains ne jurent que par la méditation, d’autres par l’enseignement de tel ou tel maître, d’autres par des techniques orientales, d’autres par des techniques modernes occidentales, certains par des techniques corporelles, ou émotionnelles ou strictement mentales, d’autres par une ascèse uniquement «spirituelle».
(...)
04 décembre 2008
LA LIBERTE D'ETRE (2)
(...)
Car
cette recherche, ce désir de savoir, sont toujours là.
L’être humain a soif de liberté, de sagesse et de
bonheur, mais il ne sait pas comment trouver cela. Il est comme une
personne affamée au milieu d’un champ de pommiers chargés
de fruits et qui cherche désespérément sa
nourriture en grattant l’écorce de l’arbre. La faim est
réelle, les pommes sont là, disponibles en permanence,
mais la conscience et la perspective manquent. On croit qu’en
cherchant de meilleures méthodes pour creuser le tronc, on va
finir par trouver les pommes. On ne s’aperçoit pas que ce
qui est à faire, c’est changer de perspective, laisser les
vieilles habitudes, laisser la pseudo-sécurité que
donne le contact avec le tronc de l’arbre et le sol, cesser d’avoir
peur et oser grimper dans l’arbre. Car la vraie nourriture dont on
a besoin est là. Et peut-être même qu’une fois
dans l’arbre, un oiseau magnifique nous emportera sur ses ailes
pour nous faire découvrir des espaces encore plus vastes et
plus beaux que le seul pommier. Tout peut arriver lorsque l’on n’a
plus peur et qu’on lâche prise. C’est facile à dire,
mais comment faire ? Comment lâcher prise, comment se
débarrasser de millénaires de conditionnements et de
peurs pour retrouver sa liberté ? Et puis, comment se fait-il
que nous soyons dans cette situation ? Comment se fait-il qu’il
puisse y avoir tant de beauté à l’intérieur de
l’être humain et aussi tant de souffrance ?
Tous les enseignements spirituels, même les enseignements moraux les plus simples, y compris ceux du «nouvel âge», nous disent : Soyez ouverts, vrais, simples et joyeux, n’ayez plus peur, aimez, lâchez prise, soyez libres, «vivez dans la lumière»... On sait tout cela, et on veut bien. Mais il ne suffit pas de le savoir et de le désirer pour le vivre. Pour beaucoup, le problème n’est plus là. Il est de savoir comment, concrètement et naturellement, arriver à se comporter de cette façon.
Si nous conduisons notre auto et que nous dérapons pour nous retrouver dans le fossé parce que les freins ont lâché, nous n’avons pas besoin d’une personne ou d’un beau livre pour nous dire que, pour se déplacer de façon sécuritaire et agréable, il faut utiliser les freins pour ralentir. On le sait, et on a essayé, mais la mécanique n’a pas suivi. On nous dit qu’il faut aimer, il faut lâcher prise, il faut être de telle façon. On le sait, et on veut bien, mais la mécanique (mentale-émotionnelle) ne suit pas. Nous connaissons la théorie. Nous avons besoin maintenant de connaissances pratiques pour comprendre comment le tout fonctionne, afin de pouvoir maîtriser vraiment notre véhicule, le réparer au besoin, l’entretenir, et l’utiliser au maximum de ses possibilités. Ayant acquis cette maîtrise plus grande de notre véhicule mental, émotionnel et physique, il nous sera alors possible de mettre en pratique les enseignements. Sinon, ces enseignements et ces exhortations, ces «il faut», peuvent finir par nous faire sentir coupables de ne pas être des saints, d’avoir dérapé et de se retrouver dans le fossé; ou bien, on se juge incapable et mauvais conducteur, on se blâme soi-même et on déprime. On peut aussi blâmer la route de ne pas être droite, le fossé d’être là, ou le chauffeur d’en face de ne pas nous avoir laissé assez de place, etc. Tout cela n’arrange en rien les choses. Au contraire, cela crée des difficultés supplémentaires et la question n’est pas résolue. On peut aussi nier le fait que l’on est dans le fossé et philosopher sur l’art de manier le volant. On aura ainsi une longue conversation intellectuelle avec la personne qui a apporté son manuel d’instructions, ce qui nous occupera l’esprit, nous faisant oublier la réalité présente, au moins momentanément. La réalité, c’est qu’on est bloqué sur le bord de notre chemin, incapable de sortir de là. Finalement, dans tous les cas, on reste tributaire d’une mécanique (mentale-émotionnelle) non maîtrisée qui fait que notre vie, au lieu d’être un voyage joyeux et intéressant, devient trop souvent source de frustrations, de souffrances, et de limitations.
Les principes spirituels ou philosophiques, excellents en eux-mêmes, ont tout à fait leur utilité comme portes d’ouverture à la réflexion. Ils sont vieux comme le monde et ont été remis à la mode par la littérature du nouvel âge. Ceci est excellent pour éveiller un très large public à des valeurs supérieures. Pourtant, autant ces belles déclarations sont inspirantes sur le moment, autant elles peuvent devenir insuffisantes devant nos difficultés quotidiennes. Un professeur de musique qui parlerait de la beauté de son art et de la joie de jouer de grandes oeuvres, sans donner à ses élèves les moyens pratiques pour arriver à jouer serait frustrant. Car suivre ces exhortations semble si facile que si on n’y arrive pas, ce serait presque de la mauvaise volonté de notre part...
(...)
S'ENTRAINER A L'ESTIME DE SOI (fin)
Développer
son Protecteur
Finalement,
et en guise de conclusion, voici une invitation à une petite
prise de conscience. Alors qu’il nous apparaît naturel de
donner crédit aux autres pour leurs talents, leurs
réalisations, de vanter les mérites de tel film ou de
tel restaurant, nous sommes souvent mal à l’aise de parler
de nos propres réalisations. Encore un produit de notre
éducation où amour de soi se conjuguait avec orgueil.
Et pourtant, l’amour de soi est une condition première à
l’amour des autres. Comme nous avons appris à nous
critiquer, nous pouvons apprendre à faire taire en nous la
voix de la critique et surtout nous pouvons travailler à
travailler celle du Protecteur. Elle pourra nous supporter, nous
rappeler nos talents, nos qualités, notre unicité.
Autant la voix du critique interne que celle du Protecteur sont des
créations nées de l’habitude. Ainsi, nous avons le
choix de développer l’une d’entre elles pour voir
s’éteindre l’autre avec le temps.
Comme on peut le constater, il est possible de changer des conditionnements et de ne pas rester prisonnier de notre éducation. Cette métamorphose peut se faire la plupart du temps sans l’intervention d’un thérapeute, pour qui est conscient, motivé, et désireux de passer à l’action. L’estime de soi est vraiment un passeport pour une vie satisfaisante. Mais il faut être persuadé qu’on le mérite et qu’on le peut.
Pour en savoir davantage
( * SAINT-PAUL, Josiane (1996). Choisir sa vie. Paris. InterÉditions.
* BÉRUBÉ, Marie - L’estime de soi : passeport pour une vie satisfaisante. (sur notre site)
* BÉRUBÉ, Marie - Apparence physique et estime de soi. (sur notre site)
* MONTBOURQUETTE, Jean (2002). De l’estime de soi à l’estime du soi. Novalis.)
* CARDINAL, Catherine (1998). The ten commandments of self-esteem, Andrews McMeel Publishing.)
03 décembre 2008
LA LIBERTE D'ETRE (1)
Le 14 novembre je vous ai présenté le livre d'Annie Marquier "la liberté d'être". Voici un article écrit par elle. J'en donnerai la source comme habituellement tout à la fin
Annie
Marquier parcourt depuis de nombreuses années le chemin qui
mène à soi-même. Son expérience et sa
formation en développement personnel et transpersonnel lui
permettent de partager avec le plus grand nombre une synthèse
unique sur l’aspiration de l’homme à Etre véritablement.
Annie Marquier
‘‘ De plus en plus de personnes se tournent vers l’intérieur de leur être ’’
Depuis
des millénaires, l’être humain cherche à se
connaître lui-même et à connaître les
autres, à maîtriser son environnement afin de mieux
diriger sa propre existence. Les grandes traditions spirituelles et
philosophiques, et plus récemment les recherches
psychologiques et scientifiques, essaient de répondre à
cet appel. Ainsi, au fur et à mesure de leurs découvertes,
des réponses sont proposées, examinées, testées
par l’expérience, rejetées, améliorées,
ou élargies selon les cas. Nous sommes loin des vérités
ultimes mais, pas à pas, l’humanité avance vers une
connaissance, et donc vers une maîtrise, de plus en plus
élaborée autant du monde matériel, avec la
science physique, que du monde intérieur, domaine de la psyché
humaine. Poussé par cette recherche, l’être humain
s’active constamment. Il assure sa survie, bien sûr, mais il
fait plus que cela. Il réfléchit, il se bat, détruit,
construit, blesse et guérit, il prend et donne, il aime et
hait, il rêve, chante, rit et pleure... En fait, il cherche. Il
cherche un art de vivre, le bonheur, la façon idéale
d’habiter le monde. Mais ces termes traduisent des réalités
très différentes selon les cas, et les moyens pour les
obtenir sont encore plus variés.
En
fait, cette activité incessante n’est que l’expression
d’une aspiration profonde qui, si elle pouvait être clarifiée
dans ses buts et les moyens d’y répondre, apporterait des
possibilités d’épanouissement telles que la vie
elle-même, tant au niveau personnel que collectif, prendrait
une tout autre signification.
Cet appel intérieur peut prendre différentes formes, allant du simple effort pour assurer la survie physique jusqu’à la quête spirituelle la plus élaborée, en passant par l’attitude ordinaire de recherche du plaisir et de satisfaction des désirs. Devant la complexité et les difficultés de la vie actuelle et face à l’échec de la philosophie matérialiste pour créer un réel bien-être, de plus en plus de personnes se tournent vers la recherche intérieure. Elles sont en quête de réponses aux questions fondamentales que tout être humain, tôt ou tard, est amené à se poser sous une forme ou une autre : Qui suis-je ? Qui sont les autres ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ? Que faisons-nous sur cette planète ? Où est l’essentiel ? A quoi sert ma vie ? Selon les philosophies, les réponses diffèrent, mais elles ne diffèrent que parce qu’elles sont partielles. En réalité, elles peuvent devenir cohérentes entre elles si l’on est disposé à les percevoir dans une perspective assez large.
Depuis
des millénaires, l’humanité a reçu des
enseignements spirituels de grande valeur. Pourtant, ils semblent
parfois contradictoires. Certains nous disent que l’on est le
résultat d’une longue évolution spirituelle, mais ces
affirmations restent souvent obscures ou déformées par
une interprétation limitée des enseignements originaux.
Les doctrines du nouvel âge affirment que l’on est divin,
mais notre comportement pratique quotidien ne le confirme pas
vraiment... D’autres semblent nous dire que ce monde est illusion
et qu’il faut en sortir au plus vite, mais pourquoi sommes-nous ici
? Quant à l’approche «morale» conventionnelle ou
aux religions traditionnelles, elles nous demandent d’être
meilleurs en nous faisant souvent sentir plus ou moins coupables de
ne pas être déjà des anges, mais comment y
arriver ?
La philosophie matérialiste nous dit que l’on est uniquement un être de chair et d’os et que, lorsque notre corps disparaîtra, nous n’existerons plus. Cela n’est pas très encourageant et sonne faux pour un nombre grandissant de personnes maintenant. Psychologie conventionnelle, coincée entre les deux courants (spirituel et matérialiste), cherche et ne donne pour l’instant que des réponses et des moyens plutôt limités pour travailler sur la conscience humaine, moyens qui se situent plus au niveau d’un essai d’adaptation au monde ordinaire qu’au niveau de la réalisation profonde de l’Etre intérieur. Comment concilier tout cela ?
(...)
S'ENTRAINER A L'ESTIME DE SOI (5)
(...)
Il
arrive aussi que nous soyons confronté à des réactions
des autres tout à fait inintelligibles, disproportionnées,
voire hystériques ou insensées. Nos vieux
conditionnements face aux figures d’autorité du passé
peuvent avoir alors tendance à remonter en flèche. Nous
pouvons par exemple éprouver culpabilité, besoin de
comprendre l’autre, voire même de l’aider, en dépensant
une énergie démesurée. Nous pouvons aussi au
contraire envenimer les choses en faisant monter les enchères.
Voilà des attitudes stériles. Il est beaucoup plus
économique de reconnaître que certains comportements,
notamment ceux des personnes alcooliques, des personnes violentes,
des fanatiques ou des perfectionnistes, ont des racines très
profondes et les aider relève des services d’un
professionnel. Il est nettement préférable, même
si c’est difficile, de se détacher le plus rapidement
possible de ces situations, de répondre rationnellement ou pas
du tout et de ne pas se sentir concerné par de telles
attitudes.
Dans la même foulée, choisir ses amis et ses relations requiert un effort conscient. Les liens avec les autres, lorsque nous devenons adulte, sont plus difficile à créer que lorsque nous étions enfant. En effet, nos valeurs sont plus stables, individualisées et différentes. Si certaines amitiés sont tout de même possibles et gratifiantes, il en est d’autres moins compatibles qui peuvent influer sur l’estime de soi. Une relation d’amitié ne devrait jamais n’être qu’une relation à sens unique. Bien sûr, aider, écouter, rendre service, même gérer une crise, à l’occasion, sont des habiletés relationnelles exceptionnelles. Mais toujours se retrouver dans la situation de les appliquer ne peut déboucher que sur la négligence de nos propres besoins. Finalement, il faut s’aimer suffisamment pour choisir d’entretenir des liens avec des personnes en aussi bonne santé psychologique que nous afin d’en retirer énergie et partage. Il s’agit donc de connaître ses besoins et ses valeurs.
Dans une certaine mesure également, il ne faut pas trop tenir compte de l’opinion des autres. Nous sommes, et c’est humain, préoccupé de ce que les autres pensent de nous. On peut prétendre le contraire sur le plan de la pensée, mais l’émotion est plus difficile à nier. On y repense, car la critique peut faire mal insidieusement. Encore une fois, nous sommes victimes de multiples conditionnements hérités de l’éducation parentale, des enseignants, des amis, des normes de groupe, de la société voire des médias. Avant de prendre en compte l’opinion d’une autre personne sur nous, nous devrions nous demander quel en seront les effets sur nous-même, nos succès, nos échecs. Il est nettement plus rentable pour nous de contacter notre confiance. Si on peut apprendre des autres, cela ne devrait jamais se faire en se laissant blesser. Il y a une différence entre avoir les intérêts de quelqu’un à cœur et décharger sur lui nos propres problèmes et frustrations. Nous avons le pouvoir et surtout le devoir envers nous-même de choisir entre les critiques saines et celles qui le sont moins. La différence, c’est la motivation ressentie. Les personnes qui ont une bonne estime d’elles-mêmes choisissent ceux qui les écoutent et s’intéressent à eux et ignorent ceux qui nuisent à leur moi profond. Plus ils le font, plus ils renforcent le sentiment de leur propre valeur.
(...)
02 décembre 2008
S'ENTRAINER A L'ESTIME DE SOI (4)
(...)
Dans
le même ordre d’idées, toujours dire oui aux autres
peut nous entraîner sur la voie de donner au-delà de nos
capacités. Connaître sa limite, ressentir son besoin
d’auto-préservation, est la seule manière de prévenir
la dépression et le burn-out et de rester sain de corps et
d’esprit. Ce n’est pas de l’égoïsme de préserver
ses réserves d’énergie. Le désir d’aider les
autres, de leur faire plaisir, de les protéger ne devrait
jamais entraîner de dommages à notre intégrité
personnelle, à l’estime que nous avons de nous-même.
Une personne qui s’estime ressent le besoin d’aider et de
contribuer, mais jamais au-delà d’une certaine limite. Pour
plusieurs, savoir s’arrêter peut être difficile à
cause de leur éducation religieuse, de leurs croyances, de
leurs autres valeurs, de leur manque de considération ou de
sensibilité envers eux-mêmes. Pourtant, mettre des
priorités et prendre soin de ses énergies feront de
nous des aidants beaucoup plus efficaces.
On pourrait métaphoriquement parlant comparer notre moi physique, mental, spirituel et émotionnel à un compte bancaire. Avant de débiter une somme, il conviendrait alors de vérifier notre solde. Comme il est avisé également de déposer de temps à autre si nous voulons être capable de retirer certaines sommes d’énergie pour rendre service à autrui, tout en se réservant quelque chose pour soi. Pour cela, il faut croire aussi en la nécessité du ressourcement, de mettre des priorités et de se réserver de l’énergie pour nous-même.
Vivre
le moment présent
Il est plus facile de prendre conscience de nos émotions et sentiments lorsque nous sommes bien ancrés dans le moment présent plutôt que dans les souvenirs du passé ou l’anticipation de l’avenir. Le manque d’estime de soi se reflète aussi dans l’incapacité de profiter de ce qui se passe ici et maintenant. Les personnes peu sûres d’elles ou qui se mésestiment doutent constamment de leurs choix, entretiennent la croyance qu’il manque constamment quelque chose à leur bonheur, qu’ils ne sont jamais à la bonne place au bon moment, que le gazon est toujours plus vert chez le voisin… Elles sont souvent à la recherche de ce qu’elles ont déjà, étant incapables d’en jouir, et ne trouvent jamais. Elles sont alors insatisfaites, malheureuses et, en bout de piste, renforcent leur mésestime d’elles-mêmes. Nous aurions intérêt à développer des croyances plus aidantes, entre autre celles que bous sommes à la bonne place et au bon moment. Cela requiert, bien sûr, une bonne flexibilité, c’est-à-dire la capacité de faire face aux situations inconfortables et de les intégrer rapidement en les réinterprétant autrement. L’estime de soi est un indice de cette capacité à faire face aux changements, qu’ils soient ou non souhaités par la personne.
Et
les autres ?
Notre
habileté à réagir adéquatement dans les
situations sociales quelles qu’elles soient constitue un bon indice
de notre estime de nous-même. Certaines règles sont à
même de nous guider dans ce domaine. C’est dans les moments
où nous manquons de confiance en nous que nous laissons les
autres empiéter sur notre territoire. Nous leur donnons alors
une marge de manœuvre trop grande, sans tenir compte de notre
compréhension émotionnelle de la situation. Nous
réagissons un peu comme nous le faisions, enfant, par la
crainte, donnant raison à l’autre, croyant peut-être à
tort qu’il a une connaissance plus éclairée du
problème ou de la situation. Bref, nous invalidons notre
propre perception.
Certaines personnes semblent avoir le don de nous faire nous sentir moins que nous ne sommes, alors que d’autres, au contraire, nous font nous sentir si bien, nous valorisant, nous écoutant avec intérêt et nous appréciant pour la seule raison que nous existons. Alors que les premières nous font douter de nous-même, les secondes nous donnent plaisir et énergie. Pourquoi ne pas nous permettre de choisir avec qui nous nous tenons ? C’est bien certain que cela demande du courage pour couper les ponts avec les personnes négatives, pour s’en protéger, surtout si ce sont des proches. Ici, il est important de faire quelques distinctions, car les apparences peuvent être trompeuses. Si un ami véritable peut parfois, pour notre bien, ne pas être toujours agréable, il peut arriver aussi qu’une autre personne puisse se montrer très sympathique et que son attitude masque une intention qui l’est moins. D’où l’importance d’en référer à sa sensibilité personnelle et de se faire confiance. Parmi les solutions possibles : s’exprimer, interroger dans le but de transformer la relation ou tout simplement prendre physiquement ou émotionnellement ses distances.
(...)
01 décembre 2008
S'ENTRAINER A L'ESTIME DE SOI (3)
Ressentir
le malaise
Nos
émotions, nos sentiments et nos pensées s’inscrivent
physiquement dans notre corps. À tout moment, ce dernier nous
fournit des indices, des signaux de ce qui se passe à un
niveau plus profond. Encore faut-il en être conscient et ne pas
les mettre de côté, en se disant qu’on se trompe
sûrement sur leur signification, et accueillir favorablement
cette sagesse de notre corps. Il peut s’agir d’une tension, de la
crispation d’un muscle, d’une chaleur intense ou d’un frisson,
de battements accélérés du cœur, d’une
nausée, d’une anxiété soudaine ou d’un goût
irrépressible de fuir.
Ces sensations peuvent être
déclenchées par des personnes connues ou non ou des
situations, des lieux. Il peut arriver que l’on décide de
passer par-dessus ces signaux précieux par manque de confiance
dans nos propres sensations, faisant fi ainsi d’une grande richesse
que nous partageons avec les animaux, c’est-à-dire
l’instinct. Pourtant, il y a dans ces réactions une
intelligence que nous avons intérêt à respecter.
Lorsque nous nous invalidons de la sorte, que nous trouvons des
excuses à l’autre ou, pire, que nous lui abandonnons notre
pouvoir, nous passons par-dessus notre impression, notre intuition
pour nous rendre compte plus tard que nous aurions eu avantage à
nous faire confiance. Par exemple, songez à une situation où
vous vous êtes forcé à rester en compagnie d’une
personne qu’au départ vous ne sous sentiez pas capable de
supporter, en vous disant que vous étiez mal disposé…
et que finalement la rencontre a presque été une
torture. L’émotion est parfois plus juste et plus
authentique que la raison. Elle est la voie privilégiée
pour accéder à un niveau plus profond. Celui qui a une
bonne estime de lui se fait confiance et respecte son instinct. Il se
permet d’avoir du pouvoir, celui de quitter par exemple dans la
situation décrite précédemment. Évidemment,
pour créer cette nouvelle habitude, nous devons tout d’abord
nous arrêter pour prendre conscience de notre état émotionnel
et décider de nous faire confiance.
Aller
dans le sens du ressenti
Être capable de dire non est une façon de prendre soin de soi. Ce n’est pas toujours facile, car on peut craindre la critique, les remarques de manipulation, des répercussions du fait d’exprimer ce que l’on veut vraiment ou ce que l’on ne veut pas. Il faut surmonter la peur du rejet, de la désapprobation et de la non-acceptation. Ce vieux conditionnement est si fort qu’il nous suggère presque que notre survie dépend du fait de ne pas déplaire ! Pourtant, rappelez-vous une fois où, poussé dans vos derniers retranchements, vous n’avez pu faire autrement que de vous affirmer. Quelle sensation de pouvoir personnel, quelle satisfaction, quelle délivrance !
De
la même manière, il est inacceptable de se laisser
critiquer du fait d’éprouver telle émotion ou tel
sentiment particulier. Toutes les émotions sont correctes et
valables. C’est le comportement qui peut être discutable.
Nous n’avons pas à être conformiste dans le seul but
d’avoir la paix. Au contraire, se refuser le droit de vivre sa peur
ou sa colère ou ses valeurs est le meilleur moyen d’être
en conflit avec soi-même. Les adultes qui ont une bonne estime
d’eux-mêmes sont capables de s’exprimer librement, quelles
que soient les réactions des autres, de dire leur désaccord
lorsque la situation le demande, de poser leurs limites et de garder
un sens du moi fort.
Lorsque nous sentons qu’il le faut, nous avons aussi le droit de changer d’idée et, à tout moment, de l’exprimer. Développer de telles attitudes demande du courage. Encore une fois, le recul est nécessaire pour prendre conscience des occasions où l’on dit oui alors qu’il faudrait dire non. Nous devons aussi évaluer les conséquences possibles du fait de dire non, les bénéfices à se dire oui à soi, nous aimer suffisamment pour le faire et, enfin, savourer les résultats. Une bonne décision devrait toujours mettre fin aux tergiversations de l’ambivalence et entraîner, sinon un grand plaisir, au moins une satisfaction certaine. Enfin, il faut le faire sur une base régulière, en commençant peut-être par de petits événements, de petites décisions, au risque d’être taxé d’instable.
(...)