Une science de la surprise

Là où d’autres n’y verraient qu’une forme de superstition, Romuald Leterrier a au contraire entrepris de mettre à l’épreuve cette modélisation des rêves par la rétrocognition, « le réel étant aussi souple que le rêve », selon Ernesto. Il s’agit en fait d’entraîner sa conscience extratemporelle (voir encadré) selon une véritable « science de la surprise ». « Il est important de bien mémoriser ses rêves et d’avoir ensuite une forme d’attention flottante, détachée, précise-t-il. L’effet de surprise provoqué par ce type de synchronicités active notre conscience extratemporelle qui influence le hasard. Nous sommes bien en présence d’une science de la surprise qui crée un acte d’observation et simultanément de création d’un événement. Le constat d’une synchronicité est un acte d’observation faisant intervenir nos sens et notre cognition en lien avec notre mémoire, mais aussi notre intelligence du cœur ou émotionnelle en provoquant dans notre organisme une cascade d’émotions qui nous amène presque à l’euphorie. Une bonne synchronicité provoque toujours de la joie et un sourire qui unifie l’observation, le mental, le cœur, et l’esprit. »

Le réel étant aussi souple que le rêve


En 2013, il met au point son premier protocole d’expérimentation pour créer des synchronicités, en s’inspirant de dispositifs divinatoires anciens tels que le Yi-Jing ou la cartomancie. Deux éléments sélectionnés « au hasard » sortent : l’animal rat et l’archétype cristal. Quelques heures plus tard, alors qu’il zappe devant sa télévision, un rat géant au dos recouvert de cristaux de quartz apparaît sur son écran ! Un second tirage effectué un mois plus tard donne le singe associé à la chauve-souris. Le lendemain, Romuald Leterrier se trouve dans un magasin de vêtements et remarque, côte à côte, un pull au motif de chauve-souris avec des perles de cristal et un autre figurant un singe…

À raison d’une expérience tous les deux mois, les synchronicités continuent de se manifester tout en se complexifiant et « en développant des condensations d’information par résonance entre elles » , observe-t-il. L’archétype cristal reste présent, comme un « ciment psychique et physique » ; or il est le symbole d’une matière informée par l’esprit.


L’action de l’intention

« Pensée magique, animisme, névrose obsessionnelle… », Freud ne nous a-t-il pas libérés de toutes ces fadaises ? Et pourtant, la physique moderne vient en renfort de cette lecture rétrocausale avec les propositions iconoclastes du physicien Philippe Guillemant, qu’il a lui aussi testées en maintes occasions et qui l’amènent aujourd’hui à affirmer : « Nos intentions causent des effets dans le futur qui deviennent les futures causes d’un effet dans le présent. » Le concept de rétrocausalité en physique a été défendu en son temps par Olivier Costa de Beauregard, ancien directeur de recherche au CNRS, plus ou moins marginalisé pour son soutien à la parapsychologie. Comme le fait observer Philippe Guillemant, cette notion « exigeait un futur déjà déployé, ce qui a longtemps paru impensable, mais c’est aujourd’hui le concept de causalité stricte, avec flèche du temps, qui est largement remis en question ».

Ainsi, une vingtaine d’articles ont été publiés dans les actes du Congrès international sur la rétrocausalité quantique qui s’est tenu à San Diego en juin 2011. [ observe Philippe Guillemant. L’action de la conscience traduit simplement la causalité inverse, la cause finale, qui est liée à l’intention et qui a volontairement été oubliée par la science parce qu’elle s’est construite en opposition aux religions. Cette cause inverse existe déjà dans notre réalité et la seule chose est d’en faire l’expérience. Le temps n’existe pas ; la sensation du temps correspond à une vague de densification de la conscience collective qui vient modifier localement la réalité à une ou plusieurs époques simultanées, comme illustré dans le film Cloud Atlas. »

Le temps n’existe pas

S’appuyant sur une expérience de simulation chaotique avec des boules de billard virtuelles, en cours de publication dans une revue scientifique, Philippe Guillemant en vient à proposer l’existence de six dimensions supplémentaires pour décrire notre futur : trois pour décrire le point par lequel il faut passer pour connaître les conditions finales (la destination), et trois pour décrire le chemin que l’on va prendre. « Pour décrire précisément ce qui se passe dans l’espace-temps, la physique a besoin de six dimensions supplémentaires, comme le propose la théorie des cordes, mais sans savoir à quoi elles servent », conclut-il.

Dans le cadre de la théorie de la double causalité qu’il propose, notre présent peut être sous l’influence du passé, comme le sens commun nous pousse à le croire de façon exclusive, mais il peut aussi être sous l’influence de notre futur. Même en restant dans une mécanique déterministe, cette théorie dit que nos lignes temporelles peuvent bouger dans le futur, sous l’effet de nos intentions et de certaines « qualités d’âme », ce qui est la source même des synchronicités. « N’y croyez pas, invite Philippe Guillemant. Testez-la ! »


(source :https://www.inrees.com/articles/reves-connectes-futur-chamanisme-physique/)