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La résistance au changement est normale

La résistance au changement est un mécanisme d’adaptation profondément ancré dans notre cerveau qui nous porte à vouloir fuir ou éviter les situations ou les émotions potentiellement ou réellement souffrantes, inconfortables, menaçantes et qui troublent ou peuvent troubler notre confort, notre sécurité, nos croyances, nos valeurs, nos besoins, notre équilibre.

Comme tous les êtres vivants recherchent le plaisir et veulent éviter la souffrance, la résistance au changement est universelle, inévitable: c’est une stratégie de survie. Et notre cerveau va toujours réagir pour nous éviter une souffrance réelle comme anticipée ou imaginée. Voilà pourquoi nous résistons quand nous voulons changer des habitudes alimentaires, quand nous souhaitons nous mettre au travail pour avancer dans un projet, pour pratiquer la  méditation, l’entraînement physique. Voilà pourquoi la résistance se manifeste aussi quand vient le temps d’accepter une situation nouvelle, un changement au travail, une contrariété, une séparation, un chagrin, etc.

Vous comprenez déjà que la résistance est normale. Ce qui ne l’est pas, c’est de résister tout le temps, d’en faire une position de vie.

En gros, nous pourrions dire que lorsque nous éprouvons des émotions positives, l’énergie circule naturellement et aisément et nous fonctionnons à notre meilleur. Quand nous résistons, quand nous éprouvons des émotions négatives, le flot de notre énergie est endigué, freiné voire bloqué.

Ma vie comme rivière ou le lâcher-prise

Le mouvement de la vie en nous est comme l’eau qui circule dans une rivière. Quand on se sent bien, physiquement et psychologiquement, rien n’arrête le courant et l’eau circule sans entrave, librement, aisément. C’est entre autre la sensation qui accompagne le lâcher-prise.

Inévitablement, l’eau rencontre des obstacles, ces contrariétés qui ne manquent pas de se présenter dans nos journées. Certaines sont plus petites, d’autres plus grandes et elles sont comme ces pierres ou ces arbres que la rivière rencontre sur son parcours. Mais l’eau trouve toujours son chemin, contournant l’obstacle.

Dans notre vie aussi, nous rencontrons des obstacles plus moins grands qui ralentissent le flot de notre énergie. Mais la comparaison avec la rivière a ses limites. En effet, nous avons plusieurs manières d’entraver notre expression créatrice et d’empêcher notre vie de trouver son chemin, en un mot de résister.

Exagérer les difficultés qui se présentent, raconter à leur propos des histoires (on aime tellement les histoires) qui font qu’on les perçoit beaucoup plus grandes qu’elles ne le sont. Anticiper aussi l’importance des obstacles avant même qu’ils n’apparaissent et paralyser ainsi nos actions. Passer beaucoup de temps à revivre des épreuves du passé, entretenir des souvenirs pénibles, ressasser sans arrêt et à vide les mêmes expériences négatives, comme si nous tentions de faire aller la vie à contre-courant.

Le comble de la résistance, c’est quand nous érigeons des barrages, cherchant à tout contrôler, croyant à tort empêcher la souffrance. Nous nous immobilisons pour nous protéger, bien sûr, pour éviter les écueils à venir. Mais en refusant jusqu’à la possibilité de nous exposer à de nouveaux heurts comme ceux qui nous ont fait mal, notre vie stagne, vivote, piétine et passe…

La résistance, c’est tout cela: une tentative d’aller à l’encontre de ce qui est, de geler la vie, de fuir la réalité de la souffrance.

La résistance au changement: bonne ou mauvaise?

Si on prend au pied de la lettre la précédente métaphore, on pourrait dire que la résistance est mauvaise. Personnellement, je crois qu’elle n’est ni bonne ni mauvaise, elle est tout simplement. Et, nous l’avons déjà dit, la résistance est une réaction profondément ancrée de notre cerveau pour assurer notre survie et nous empêcher de souffrir.

Mais plutôt que de se poser la question de cette façon, peut-être vaudrait-il mieux se demander: jusqu’où suis-je prêt à aller pour empêcher ma vie de s’exprimer? Jusqu’à quel point suis-je disposé à geler mon existence, à l’empêcher de se déployer, à l’étouffer et à me rendre malade physiquement et psychologiquement, m’empêchant ainsi d’en récolter les fruits?

Somme toute, qu’est-ce que je souhaite? Pouvoir exprimer librement, joyeusement, dynamiquement tout le souffle de mon âme, ou vivre au quart, à la moitié ou au centième de mon potentiel. Est-ce que la souffrance à long terme ne sera pas pire que celle que je veux éviter?

Esther Hicks compare notre état naturel à celui d’un bouchon de liège dont la nature est de flotter sur l’eau. Quand on résiste, c’est comme si on tirait le bouchon sous l’eau et qu’on l’y maintenait de force. Quand on lâche prise, on lui permet de remonter à la surface et de révéler sa nature. Alors, selon vous, la résistance est-elle bonne ou mauvaise?