par Michel DOGNA

Dans sa lettre DIRECTE SANTE, Gabriel Combris décerne fort justement un diplôme de mauvaise foi au nouveau ministre de l’Agriculture, M. Didier Guillaume qui a déclaré sur RTL : "C'est aux scientifiques de faire la preuve qu'il y a des conséquences à l'usage des pesticides. Il y a peut-être des soupçons, mais il n'y a aucune preuve scientifique".

En effet, ce responsable politique a fait la preuve soit qu’il est d’une ignorance crasse sur les sujets qu’il est censé légiférer, donc incompétent dans sa fonction publique, soit qu’il est un menteur professionnel rétribué pour entériner le feu vert aux lobbies empoisonneurs de l’humanité. Les preuves scientifiques qu’il réclame lui crèvent pourtant les yeux, montrant à quel point les pesticides représentent une gigantesque menace sanitaire.

Gabriel Combris ajoute qu’on est presque au niveau du célèbre lobbyiste de Monsanto, Patrick Moore, venu dire à la télévision qu’on pouvait parfaitement "boire du glyphosate" - l’herbicide contenu dans le Round-Up – avant de quitter le plateau, et que le journaliste lui en ait proposé un verre ! – sujet sur lequel je vais revenir plus loin.

Voici les principaux résultats officiels en question, tous de source vérifiable :

Cancer et retard mental chez les enfants

Des chercheurs de Louvain et de Toulouse ont passé en revue l’ensemble des études scientifiques sur le lien entre pesticides et cancer de l’enfant. Cette méta-analyse, présentée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a conclu à "une augmentation statistiquement significative du risque de voir apparaître des tumeurs cérébrales de même que des leucémies chez les enfants exposés".
Ce sont les expositions directes qui ont été analysées, pour un usage domestique intérieur : pesticides, traitements d’animaux de compagnie, traitements contre les puces et les tiques, mais aussi répulsifs anti-moustiques et produits anti-moustiques.

Il est à noter qu’une étude précédente avait montré, dans l’Etat de New-York, que dans des zones traitées avec des pyréthrinoïdes pour éliminer certains moustiques, on avait constaté une augmentation de 25 % du nombre d’enfants autistes ou souffrant d’un retard de développement mental.
Par ailleurs, une autre étude sur des enfants de 8 à 15 ans a montré que ceux dont les urines contiennent le plus de résidus de pesticides organophosphorés ont un risque accru de souffrir d’un déficit de l’attention et d’hyperactivité.

Cancers chez les adultes

Une étude menée sur des femmes vivant à New York a montré un lien entre l’exposition aux pesticides domestiques et le cancer du sein. Une autre étude menée sur des agriculteurs a montré une augmentation du cancer de la prostate de 40 % chez les hommes exposés au DDT et aux pesticides organochlorés.

Enfin, une étude épidémiologique française, publiée en octobre 2018 dans la revue JAMA Internal Medicine, indique que les consommateurs habituels d’alimentation issue de l’agriculture biologique (qui n’utilise pas de pesticides) ont un risque de cancer réduit de 25 %, par rapport à ceux qui consomment du standard chimiqué de la grande distribution.

Cette relation était particulièrement marquante pour les cancers du sein chez les femmes ménopausées (-34 % de risque) et les lymphomes (-76 % de risque).

Maladie de Parkinson

Les pesticides seraient en cause dans l’augmentation considérable de la fréquence de la maladie de Parkinson chez les agriculteurs (+ 70 % chez les agriculteurs nord-américains).

Gabriel Combris suggère aux conseillers du ministre de l’Agriculture de lui rappeler à l’occasion, qu’en France, les autorités reconnaissent le statut de maladie professionnelle pour les agriculteurs touchés par le Parkinson.
Les principaux pesticides soupçonnés de jouer un rôle dans le déclenchement de la maladie sont le paraquat, la roténone, ou encore le chlordécone, utilisé notamment dans les bananeraies en Martinique, et à l’origine de nombreux cancers de la prostate et de myélome (et qui pose encore problème 25 ans après son interdiction en 1993).

Réduction des spermatozoïdes

Lors d’une étude sur la baisse de qualité du sperme en France, on a remarqué que les régions agricoles étaient les plus touchées par le phénomène. Pour valider l’hypothèse d’un lien avec l’exposition aux pesticides, d’autres chercheurs ont suivi 155 hommes venus consulter pour des problèmes de fertilité : ceux qui consommaient les fruits et légumes contenant le plus de résidus de pesticides avaient 49 % de spermatozoïdes en moins et un sperme de moins bonne qualité dans 32 % des cas.

Risque de diabète multiplié par deux

D’après une étude menée sur des agriculteurs, ceux qui répandent des insecticides organochlorés au moins 100 jours par an auraient entre 50 % et 100 % de risque en plus d’avoir du diabète selon le produit utilisé.

Retour sur le glyphosate

En fait, le lobbyiste de Monsanto, Patrick Moore, n’avait pas vraiment tort si l’on se rapporte à la déclaration de Monsanto : "LE ROUND UP est INOFFENSIF !..." Mais la supercherie de Monsanto a été prouvée par le Pr. Séralini.

Avec ses collègues, le Pr Séralini a fait des analyses par spectrométrie de masse pour savoir exactement ce qu’il y avait dans le Round Up, c’est-à-dire les composés tenus sous secret industriel par le brevet. Or Monsanto n’a déclaré que le glyphosate comme principe actif, les additifs étant donc considérés sans objet. Et pourtant, ce qui a étonné nos chercheurs, c’est que les rats testés aux effets du glyphosate seul n’avaient pas de problèmes importants, alors que ceux testés aux formules Round Up souffraient d’intoxications graves apparentées à celles provoquées par les dérivés du pétrole, comme les dioxines.

Des analyses ciblées ont justement aboutit à découvrir des dérivés du pétrole couplés et brûlés avec des graisses animales, ceci générant des composés extrêmement corrosifs du type polyéthylène-amine. Ces dangereux toxiques que l’on appelle des POEA avaient été interdits dans 130 compositions de glyphosates par Ségolène Royale... mais cette interdiction n’a pas  été suivie d’effet par le géant… qui se place au-dessus des lois !
En particulier on trouve dans tous les glyphosates de l’arsenic, dangereux poison bien connu qui a été utilisé comme herbicide jusqu’après la seconde guerre mondiale, puis interdit en 1974, ce que Monsanto savait parfaitement lorsqu’il a lancé le Round Up.

Par ailleurs - des essais ayant été effectués - ont montré que l’action herbicide du glyphosate seul ne marche pas, alors que les additifs cités appliqués seuls fonctionnent parfaitement bien - ceci signifie que le glyphosate n’est qu’un leurre pour détourner et capter l’attention des organismes de contrôles - ceci confondant ROUND UP et GLYPHOSATE.
 
En outre les essais de toxicité demandés à Monsanto ont toujours été négatifs puisqu’ils les effectuent toujours avec le glyphosate seul sans les poisons additifs cachés ! Et personne n’a jamais relevé cette supercherie. Monsanto devrait être lourdement condamné pour fraude grave de déclaration.