23 avril 2008
AUTOGUERISON : LE POINT DE VUE MEDICAL (1)
(Dr Martine Gardénal)
La
médecine moderne nous a inculqué la croyance que seuls
le médecin et ses médicaments chimiques guérissent.
Pourtant, il existe d'autres approches médicales, notamment
celles qui stimulent nos forces d'autoguérison et qui
appréhendent le patient comme un tout.
Nous ne sommes pas assez conscients du bonheur que nous avons de ne pas entendre notre corps. Ni suffisamment à l'écoute de ce qu'il nous dit. Nous le maltraitons souvent et avons bien peu de considération pour toutes les merveilles et les miracles qu'il accomplit à chaque seconde.
Ce
qui ne veut pas dire qu'il faille passer son temps à
s'analyser, car on tomberait alors dans le domaine de la maladie. Il
faut simplement être respectueux et attentif.
L'état de santé tient à la fois au caractère unique des différentes parties du corps et à la variété des atomes et différentes énergies qui l'animent, indissociables du tout.
Pour donner une image, on pourrait dire qu'il faut que la musique soit harmonieuse et que l'orchestre connaisse bien ses partitions.
On
entrevoit déjà que traiter le tout est souvent plus
efficace que traiter le partiel.
Les
différents types de maladies
-
La maladie aiguë : un
traumatisme, un refroidissement, une brûlure, une crise de
goutte...Elle demande un arrêt sur image : « stop,
quelque chose ne
va pas ou ne va plus, il faut que cela change ».
Par exemple le coup de froid parce que j'étais trop fatigué
ou pas assez couvert, la brûlure ou l'accident, parce
que j'ai manqué d'attention, la goutte parce que mon hygiène
de vie n'est pas forcément bonne et que j'ai surmené
mon organisme au-delà de ses limites physiologiques.
-
Les dysfonctionnements, le mal-être :
la colite, les troubles veineux, les contractures, les migraines, le
« je ne sais quoi » qui fait qu'on n'est pas
dans son assiette. Le feu clignote à l'orange
pour me signaler qu'il y a un danger, une anomalie.
-
La maladie chronique ou à répétition :
l'arthrose, l'eczéma, les coliques néphrétiques...
Une alarme
s'enclenche par intermittence, de manière de plus en plus
insistante.
-
Les maladies dégénératives ou graves :
le diabète, les maladies auto-immunes, le cancer...
je n'ai rien voulu, ou pu entendre, je suis resté insensible à
tous les signes annonciateurs. Cela me conduit à une
autodestruction.
Se
poser des questions
La maladie, ou plutôt le « mal à dit », nous invite à nous poser des questions de préférence les bonnes, afin d'obtenir la bonne réponse. Ce n'est pas forcément simple mais il vaut la peine de s'y employer en toute honnêteté.
La première est : « que me dit mon corps dans sa globalité ? » C'est fondamental, même et surtout pour une maladie aiguë.
Pourquoi suis-je malade ? Quels sont les événements qui dans ma vie ne vont pas et quels changements dois-je apporter pour que cela s'arrange ?
Pour qui suis malade ? Cela signifie que mon corps, mon cœur, mon mental et mon spirituel ne sont pas en harmonie. Bien sûr pour moi d'abord. Mais aussi parce que je veux signifier aux autres que quelque chose ne va pas. Comme je n'ose pas leur dire, mon corps parle pour moi. A moi de me positionner vis-à-vis de mon entourage et de m'exprimer.
On peut aussi se demander de quoi suis-je malade, ou de qui suis-je malade. C'est moi, et moi seul qui suis responsable de l'état dans lequel je me trouve aujourd'hui.
Il est confortable de répondre « c'est la faute de l'autre ». Il est plus honnête de se dire :je dois balayer devant ma porte ».
Exemple : pour se rendre à Amiens en voiture, il faut fixer un itinéraire. Si on se trompe de route, il faut alors changer de cap sinon on n'atteindra jamais notre destination. Pour la guérison, c'est pareil. Que faut-il que je passe pour guérir ? Et comment guérir ?
(...)
TROUVER SON EQUILIBRE EMOTIONNEL (1)
(par
le docteur Dominique Servant)
Les
émotions au cœur du mal être
L’émotion
est une réponse à la fois physique et psychologique que
tout le monde connaît. Les principales émotions comme
l’angoisse, la colère, la culpabilité, la honte, la
tristesse sont normales mais peuvent aussi avoir un rôle
négatif sur notre bien-être. Beaucoup d’états
de stress et de mal-être comme l’anxiété et la
dépression sont marqués par des émotions
négatives excessives et persistantes. Plusieurs spécialistes
considèrent aujourd’hui que la difficulté à
gérer les émotions explique la survenue et le maintien
de ces états. Face à une émotion négative
déclenchée par un stress, deux réflexes
s’opposent : la tendance à réprimer cette émotion,
à lutter, à refuser de se laisser envahir et la
tendance opposée qui consiste au contraire à accepter
sa propre émotion.
L’hypothèse est que le refus d’un sentiment a pour effet paradoxal de déclencher au contraire une émotion. C’est pourquoi face à un sentiment d’injustice ou un conflit on peut être amené à ruminer, et à ressentir une émotion de colère, d’angoisse ou de tristesse. Tout cela est bien compréhensible mais hélas n’est pas toujours efficace et au contraire l’envahissement par les pensées et les émotions négatives est source de mal être.
La
relaxation : une thérapie des émotions
Dans
les état de stress, d’anxiété et de dépression
des pensées et des sentiments auto entretiennent le mal être
et ne sont pas toujours accessibles au raisonnement rationnel. Il est
impossible pour la personne de changer par la simple volonté.
Une nouvelle approche psychothérapeutique est centrée
sur la gestion des émotions. Elle consiste plus à
accepter ses propres émotions qu’a vouloir à tout
prix les réprimer. La relaxation joue un rôle important
dans cette nouvelle médecine des émotions.
La
relaxation n’a pas pour seul effet d’induire une détente
et un meilleur contrôle physiologique et psychologique de
l’organisme, elle permet également de mieux se confronter
aux émotions négatives et d’induire des émotions
positives. On connaît beaucoup de techniques de relaxation et
de méditation, certaines très anciennes comme le Yoga
et le Zen, d’autres plus récentes comme le Training autogène
de Schultz, la relaxation musculaire de Jacobson, la sophrologie,
l’hypnose…
Ces techniques ont toutes leur intérêt mais elles ne sont pas toujours faciles à mettre en place soit parce qu’elles demandent un engagement long soit parce qu’elles ne répondent pas aux attentes et aux problèmes. Une nouvelle approche de la relaxation est aujourd’hui proposée basée sur ces méthodes classiques mais aussi sur des techniques plus récentes comme la méditation de pleine conscience ou le biofeedback par la cohérence cardiaque.
Relaxation
et méditation : les techniques les plus efficaces
La relaxation et la méditation sont basées sur 4 techniques de base : le contrôle de la respiration, la détente musculaire par la contraction - décontraction ou par auto suggestion, la méditation de pleine conscience, la visualisation.
Par
des exercices simples, réalisables seul, on peut s’entraîner
au début 5 à 10 minutes par jours et ensuite posséder
une véritable boite à outil pour faire face aux
émotions. Il existe de plus en plus de données
scientifiques qui confirment l’intérêt de ces
techniques et particulièrement de la relaxation musculaire et
de la méditation sur le mieux être physique, la gestion
du stress et la prévention des états anxieux et
dépressifs. Elles représentent une bonne alternative et
un complément aux autres thérapies (médicaments,
psychanalyse et psychothérapies…).
Il importe d’utiliser des techniques permettant de faire face au stress et aux émotions négatives dans la vie quotidienne, et pour ce faire, un apprentissage plus court et plus concret sera privilégié. Il est donc nécessaire d’orienter non seulement vers la détente mais vers le recentrage des pensées comme dans les techniques de méditation de pleine conscience.
Qu’apportent les nouvelles approches comme la méditation de pleine conscience et le biofeedback par la cohérence cardiaque dans la gestion des émotions ?
UNE PEUR PEUT EN CACHER UNE AUTRE...(3)
Quand
les figures parentales, supposées soutenir l’enfant, se sont
affirmées …par leur absence, quand elles ne se sont pas
contentées d’être déficientes, mais se sont
présentées en se mettant hors de portée, c’est
le supplice de Tantale et sans doute, comme le dit Winnicott, «
le pire qu’il puisse arriver au petit humain ». Faim et soif
éternelles, rien de tel pour écorcher la sensibilité
et aiguiser les frayeurs. Le caractère traumatisant minoré
d’un fait, d’une situation, le mépris d’une douleur
occasionnée, exacerbe l’émotivité et la
perception du danger. La conscience aiguë de ce qui porte
atteinte favorise la soumission. Une personnalité anxieuse,
perfectionniste, peut être une ancienne victime d’indicibles
abus qui s’appliquera à dissimuler toute erreur car il lui a
fallu, pour survivre, apprendre à nier toute « erreur
»... Atmosphère douloureuse, traitement discriminatoire
produisent ainsi des émotions interdites qui fragilisent
d’autant plus la personnalité qu’il lui faut éviter
qu’elles transparaissent et la trahissent.
Construction
imaginaire pour justifier une sensation terrible qui nous étreint
et dont nous avons hérité, certaines peurs ressuscitent
des impressions étranges qui, si elles s’additionnent,
ré-engendrent cela même qui les avait provoquées.
Une agression non reconnue développe un sentiment d’inquiétude
permanent qui se transmet comme une crainte « sans objet »
puisque celui-ci n’a pas été nommé. Et l’on
tournera en dérision le comportement de celui qui fait appel à
une attitude consciencieuse pour calmer l’anxiété. Le
taxant de bizarrerie, on le traite avec sévérité,
brutalité parfois, car il est porteur à son insu d’un
non-dit. Certains de ses propos, déstabilisants par mégarde,
activent le soupçon en entretenant la crainte d’on ne sait
quelle révélation. Peur de perdre ses papiers, son
identité, la partie, une idée, une amie, la peur hante
parfois et un mot au hasard d’une conversation pointe une ancienne
terreur, chez soi, chez son interlocuteur, et soudain on se sent
traqué…
L’objet
sur lequel se projette la peur n’est pas toujours celui qui l’a
engendrée, mais celui qui re-déclenche une peur
précédente ou un trouble déréalisant.
Faisant écran, il la réveille tout en la dissimulant…
Sa résurgence se dit alors effrayante. Phobique, fuyant
l’objet qui l’excite, on tendrait d’une certaine manière
à fuir sa peur… Tant elle re-crée une béance
et la rappelle.
L’objet apparent permet de donner une représentation figurative plausible à une peur plus profonde dont l’objet premier a été oublié, car interdit, ridiculisé, ou simplement non dit car indicible. Il autorise l’idée (d’essayer) d’en faire accepter la réalité, par « l’autre ». Et, symbolisant un désarroi réel passé, aide à en authentifier l’intensité émotionnelle.
La
peur de toutes les peurs, la mère de toutes les peurs
résiderait dans une crainte originelle plus ou moins prononcée
chez chacun de nous. On peut imaginer qu’un enfant mal soutenu dans
les premiers mois, par une mère elle-même fragilisée
- qui n’aura pu qu’apporter des réponses mal adaptées
aux besoins les plus essentiels - sera (à son tour fragilisé)
plus craintif, et son propre enfant, (plus tard) agressé par
les peurs parentales - plus agressif.
La peur est difficile à appréhender quand l’indicible qui l’a produite dans le passé n’a pas été symbolisé. Est-ce pour cela qu’on aime à lui donner des représentations qui en confirment l’évanescente véracité et, derrière les apparences fantasmatiques, aident à la sublimer ? Ainsi les contes et les histoires fantastiques viennent meubler, avec notre consentement, notre quiétude de frissons. On lit Grimm, Perrault et Andersen, Poe et Maupassant, pour nourrir, calmer, divertir, justifier sa peur. Peut-être est-ce parce qu’elles n’entrent pas par effraction que les émotions qu’ils nous font (re) vivre ne nous font pas violence, mais nous donnent à penser, à réfléchir et de quoi dénouer certaines appréhensions, telle celle de l’avenir (sans sa mère) pour l’enfant… Catastrophe et frissons, transposés dans la fiction, nous permettent de transcender nos émotions : on s’autorise à se frotter à leur réalité.
(...)
22 avril 2008
LA FRAISE ESPAGNOLE
Attention, à lire attentivement... Ça donne moins envie d'en acheter,et surtout d'en manger. Si vous vous sentez concernés faites suivre...
En cette période où l'on voit des fraises partout sur les étals, le rappel utile de cet article de Claude Marie Vadrot paru il y a un an dans Politis.
Quatre minutes pour le lire et l'assimiler plus une minute pour le diffuser. Et il reste tout le week end pour aller au marché acheter des... pommes.
D'ici à la mi-juin, la France aura importé d'Espagne plus de 83 000 tonnes de fraises. Enfin, si on peut appeler «fraises» ces gros trucs rouges, encore verts près de la queue car cueillis avant d'être mûrs, et ressemblant à des tomates. Avec d'ailleurs à peu près le goût des tomates... Si le seul problème posé par ces fruits était leur fadeur, après tout, seuls les consommateurs piégés pourraient se plaindre d'avoir acheté un produit qui se brade actuellement entre deux et trois euros le kilo sur les marchés et dans les grandes surfaces, après avoir parcouru 1 500 km en camion. À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16 000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d'échappement. Car la quasi-totalité de ces fruits poussent dans le sud de l'Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l'une des plus fabuleuses réserves d'oiseaux migrateurs et nicheurs d'Europe.
**Il aura fallu qu'une équipe d'enquêteurs du WWF-France s'intéresse à la marée montante de cette fraise hors saison pour que soit révélée l'aberration écologique de cette production qui étouffe la fraise française (dont une partie, d'ailleurs, ne pousse pas dans de meilleures conditions écologiques). Ce qu'ont découvert les envoyés spéciaux du WWF, et que confirment les écologistes espagnols, illustre la mondialisation bon marché.
**Cette agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiètent déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60% de ces cultures seulement sont autorisées; les autres sont des extensions «sauvages» sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes.
**Les fraisiers destinés à cette production, bien qu'il s'agisse d'une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l'hiver, pour avancer leur production. À l'automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyl et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d'ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005); le second, composé de chlore et d'ammoniaque, est aussi un poison dangereux: il bloque les alvéoles pulmonaires*.*
** Qui s'en soucie? **
**La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main-d'œuvre marocaine, des saisonniers ou des sans-papiers sous-
payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au coeur de l'hiver. **
**Un écologiste de la région raconte l'explosion de maladies pulmonaires et d'affections de la peau.**Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui transporte des engrais, des pesticides et des fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié ont été installés de façon illégale. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d'Andalousie, entraîne l'exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu'une trentaine dans la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de disparition. Comme la forêt, dont 2 000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers. La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastique sont soit emportées par le vent, soit enfouies n'importe où, soit brûlées sur place.
** Et les ouvriers agricoles sont priés de retourner chez eux ou de s'exiler ailleurs en Espagne.
****Remarquez: ils ont le droit de se faire soigner à leurs frais au cas où les produits nocifs qu'ils ont respiré ...
**La production et l'exportation de la fraise espagnole, l'essentiel étant vendu dès avant la fin de l'hiver et jusqu'en avril, représente ce qu'il y a de moins durable comme agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l'esprit du public comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à s'installer. Avant de venir de Chine, d'où sont déjà importées des pommes encore plus traitées que les pommes françaises... **
Par Claude-Marie Vadrot
Politis jeudi 12 avril 2007
ENTRE L'ETONNEMENT D'ETRE SILENCIEUX...
AU CŒUR DU MYSTÈRE OU LE BRUITAGE INCESSANT DES PENSÉES MENTALES, QUE CHOISISSONS-NOUS ?
Si
l'on résumait la vie de la Terre en 24 heures ! L'homo sapiens
n'est apparu que dans les deux dernières minutes de cette
drôle de journée et, dans un Univers de 24 heures,
l'émergence de l'homme est réduite aux quarante
dernières secondes... En comparaison, l'existence d'un
individu serait de l'ordre du millième de seconde ... !
L'univers existe depuis environ 15 milliards d'années, la pensée humaine est donc toute neuve...
Depuis
le commencement, une chorégraphie silencieuse ponctue le
temps et l'ordre du « Grand Monde »; les
planètes voguent dans l'infini, ordonnées par une
horlogerie cachée : qui est ce témoin de la beauté
du tout ? Plutôt qu'un mystère à résoudre,
la vie ne serait-elle pas le silence créateur de toutes choses
à expérimenter ? Qui fait pousser les arbres et voler
les papillons ? Quelle est cette magie secrète et silencieuse
qui maintient la vie d'instant en instant en perpétuant
l'éternel cycle de la vie et de la mort ?
Oui, d'accord, me direz-vous, mais :
« Et moi et moi et Moi... Avec mes peurs et mes souffrances ! Qu'est-ce que je fais dans ce grand Monde ?
Est-il possible de trouver la solution de l'existence et un sens à ma vie ?
Est-il réaliste de retrouver la mémoire de mon origine intemporelle, pendant mon existence terrestre ?
Puis-je me comprendre et faire la distinction entre être et penser ?
Puis-je
retrouver la curiosité de l'explorateur attentif, plutôt
que la difficulté du chercheur perdu ? »
Voilà posées quelques questions allant dans le sens de la connaissance de Soi.
La pensée mentale brise le charme du silence pur et nous fait entrer dans les errances mentales en mettant en place la dualité, les contraires, la comparaison, les peurs et les jugements sur nous-mêmes.
Cette
pensée qui divise, est à l'origine des images
corporelles, psycho-affectives et intellectuelles, images aplaties,
sans vie, auxquelles nous nous identifions.
(Remarquons que ces propos ne sont pas écrits pour faire le procès de la pensée dans sa globalité, mais bien pour discriminer entre ce qui est « l'outil de la raison et de la logique » nous permettant de communiquer, de réfléchir, d'apprendre, et la nature consciente qui est le témoin immuable de toute activité pensante).
Vouloir fuir ses peurs est pure illusion : c'est comme vouloir fuir son ombre ! Ce qui est nécessaire, c'est de savoir les observer afin qu'elle perdent leur emprise et leur apparence de vérité. Nos peurs sont des habitudes qui sont régies par des conditionnements-réflexes,attitudes automatiques dépourvues d'intelligence. La dimension non encore révélée de nous-même répète inlassablement les mêmes erreurs. Nous ne pouvons qu'en constater la conséquence : « je souffre000 je suis malheureux... »
La
pensée mentale analyse le noir, mais fait-elle entrer la
lumière ?
Découvrir
la solution de l'existence consiste à développer notre
faculté à la « clairvoyance » :
nettoyage conscient de la maison psychique, travail minutieux du
« concentropologue » qui observe ses idées,
ses raisonnements, ses pensées, à partir de son silence
jaillissant et créateur.
Alors
cet homme, naissant d'un silence d'éternité, renaît
à la conscience consciente d'elle-même, connaissance
éternelle et absolue incarnée dans une âme
individuelle, vous, moi, miracle inouï d'exister dans ce mystère
sans pourquoi.
Là
où cesse la compréhension mentale, commence
l'émerveillement.
(David Ciussi)
UNE PEUR PEUT EN CACHER UNE AUTRE (2)...
(...)
Sous
le règne de la peur, la séparation prend tournure de
rupture et la maladie annonce la mort… Qu’elle surgisse à
travers un choc transmis par nos sens ou un mirage à notre
esprit, qu’elle soit folle ou rationnelle, logique ou insensée,
elle sape toute sérénité potentielle. Pourtant,
la peur du noir oblige l’enfant qui la surmonte à voir
autrement qu’à travers les yeux de ses parents quand,
tâtonnant en aveugle, il se heurte au réel, au solide,
au palpable avec sa propre sensibilité apprenant ainsi à
se passer de leur protection.
La
peur de l’étranger, de l’ailleurs, de l’inconnu, de ce
qui fait que l’autre est autre, dans laquelle se lovent les germes
du racisme, marque l’appréhension de ce qui en nous heurtant
éveille le doute. Mais que le tout petit, qui n’a pas encore
construit ses défenses soit inquiété par «
l’étranger » est dans l’ordre des choses. Il a
besoin d’être assuré par un adulte qui le guide ;
accepte ses frayeurs sans les exploiter à ses propres fins ni
pour autant l’encourager à l’intrépidité ;
l’invite à surmonter ce sentiment d’étrangeté
qui préfigure la peur, à développer son esprit
d’ouverture, à se structurer une identité solide en
découvrant que le différent n’est pas en soi
terrifiant.
L’appréhension
d’une maladie peut nous conduire à adopter des conduites
sages. Ne pas avoir envie d’être contaminé la veille
d’un voyage…et se protéger d’un virus qui est dans
l’air, évite de mettre à mal notre corps et de vouer
un projet à l’échec. De même, une frayeur due à
l’irruption soudaine d’un vacarme monstrueux semble objectivement
fondée. Simple, immédiate, on s’en détache
avant qu’elle ne nous entache. Mais pourquoi a-t-on peur du noir,
une fois devenu adulte ? Ou d’une souris ?
Contrairement
à l’angoisse, dépourvue d’objet, la peur sait
identifier ses démons. Mais si la séparation de ces
expressions, poussées à leur paroxysme, fait sens, je
me demande si, en matière de vécu, de ressenti intime,
la frontière est aussi définie, et si toute peur ne
dissimule pas une angoisse sous-jacente. Si l’une nous étrangle,
l’autre nous paralyse. Et toutes deux - supposant des présences
auxquelles nous préférons échapper ou des
absences auxquelles nous désirons survivre, en dépit
des tortures qu’elles nous font subir - nous infantilisent.
Sentiment
d’inquiétude éprouvé en présence ou à
la pensée d’un danger, il n’est de peur injustifiée,
mais si le danger est bien présent, il n’est pas toujours là
où l’on croirait le trouver.
On
redoute ce que l’on ne connaît pas mais aussi de ce qui nous
rappelle quelque chose que nous croyons connaître… Souvent,
derrière la peur se cachent des souvenirs d’émotions
fortes, insupportables dont la résurrection effraierait. Ou la
reviviscence indicible d’un mal-être qui accompagna la «
faute » plus grave d’un ancêtre. Sans savoir pour
autant les nommer.
La
peur qu’un enfant lira dans le visage d’un être cher est
une des plus redoutables, quand elle s’ajoute, sans qu’il n’en
comprenne le sens, à la douleur de se blesser ou de tomber
malade. Une fièvre bénigne évoquera chez sa mère
la disparition culpabilisante d’une sœur, ou une goutte de sang,
en perlant sur un doigt, convoquera dans son sillage le souvenir
d’une autre plus grave qui « dénonça »
des meurs condamnables. La peur aggrave le réel... Et ses
causes ne sont pas toujours exaltantes. Volonté de puissance,
ambition démesurée, jalousie, culpabilité, en
sont parfois le moteur caché. Associée à cette
dernière, elle peut occasionner autant, si ce n’est plus, de
ravage que la faute commise, incriminée, à tort ou à
raison, qui l’aura engendrée. Et quand elle sévit,
feignant l’innocence pour se protéger, et démasquer
un autre coupable, l’idée d’être découvert
lui confère une agressivité phénoménale.
Invitant à la précipitation, elle incite à
l’erreur, et à travers des actes insensés, se
retourne contre nous. Nourrissant le regret, elle exhorte à
reprocher à l’autre ce dont on craint d’être accusé.
On le charge pour se décharger, et de la peur et du sentiment
de culpabilité.
Accompagnant
un souvenir récurrent ou associée à des
souffrances archaïques qui du fond de l’inconscient nous
interpellent, on y reste … par peur indifférent. Avide, elle
s’auto-alimente, aussi longtemps que sa véritable source n’a
pas été débusquée. La transmission d’une
crainte étouffée à travers les générations
devient plus lourde et plus douloureuse que ne l’aurait été
une révélation soutenue par un entourage bienveillant
…Ainsi la peur d’un fantôme en apparence imaginaire serait
l’écho d’actes, de faits, réels passés
terrorisants qui se feraient entendre,
sous une apparence personnifiée, car on aurait cherché
à en nier la gravité. Et la portée dramatique de
certains secrets serait amplifiée par la crainte de leur
révélation, face à l’intransigeance de proches
ou la cruauté du jugement social.
Cette mémoire inconsciente, sous le joug de laquelle une enfance s’est tant bien que mal déroulée, imprègne le quotidien. La peur d’être « pas aimé par une mère sadique », qui ne nous supportait que si nous lui faisions plaisir, conditionne les relations amoureuses ultérieures. Certaines émotions vives, qui ont surgi alors que le moi était trop immature pour en faire une expérience sensée, et les considérer avec recul, sont intégrées à notre constitution. Ne pouvant se conjuguer au passé, elles nous rappellent à la douleur par des paniques comme injustifiées, nous menaçant dans l’intégrité de notre intimité.
(...)
21 avril 2008
UNE PEUR PEUT EN CACHER UNE AUTRE (1)
COMMENT NE PAS EN AVOIR PEUR ?
(Virginie Megglé)
Tremblements,
palpitations, cris irrépressibles. Sensation de vide aussi,
mal au cœur, difficulté à s’endormir. Boule dans la
gorge, nœud dans le ventre... La peur s’accompagne de phénomènes
physiques qui s’expriment et s’impriment dans le corps. Sueurs,
sidération, tachycardie, bouffées de chaleur, envie de
se dissoudre, de crier Maman j’ai peur alors qu’on n’a jamais
eu de maman, vertiges, évanouissement que l’on craint tout
en rêvant qu’il se réalise « à notre »
place pour nous soustraire à l’impossible ! Les signes
symptomatiques de la peur frisent parfois le ridicule ou l’aberration
pour celui qu’elle n’agite pas. Catatonie, frissons, secousses,
hurlement qui échappe, désir de fuir aussi fort
qu’irréalisable. La peur nous fragilise, perturbe la
confiance en nos capacités de résistance aux chocs et
nous transforme en proie idéale face à celui que la
vulnérabilité de l’autre valorise. Influant sur notre
métabolisme en profondeur, elle agit, une fois installée
« à domicile », même quand elle se laisse
oublier. Comment réagir aux circonstances les plus émouvantes,
les plus éprouvantes, pour notre sensibilité quand on
n’est pas un héros ?
Pavor,
dont sont dérivés peur, peureux, apeuré, s’est
aussi décliné par les détours de la langue en
épouvantail et, plus curieusement en… épave qui,
avant de désigner un objet rejeté de la mer et sans
propriétaire, signifiait « effrayé » et par
connexion égaré. Cela laisse imaginer l’état
dans lequel nous plongerait la peur si on s’y livrait sans
résistance… Il est vrai que de bien des façons elle
nous égare. Terreur, effroi, phobie, crainte, panique,
appréhension, angoisse… multiples en sont les synonymes et
vaste le vocabulaire qui s’en fait l’écho pour l’affirmer,
la sonder, la crier…Oppression passagère ou inquiétude
permanente qui revêt toutes les figures et s’arrange de
toutes les situations pour se rappeler à celui qu’elle
habite, la peur s’impose quand nos forces constructives nous
échappent. Réaction face à une difficulté
qui nous fait douter de celles-ci et re-douter la réaction que
suscitera notre action en réponse à une difficulté,
quelle qu’elle soit, la peur, réflexe à priori non
pathologique, reste un mystère autant qu’une évidence.
Peur
de la prison et hantise du vide. Claustrophobie et appréhension
de la liberté. Si la peur existe à l’état pur,
il lui arrive de disputer le terrain à l’envie, et quand
elles se neutralisent, c’est la paralysie. Nous tiraillant entre ce
qui éveille notre curiosité et ce qui nous invite à
rester à l’intérieur, elle se chamaille avec le
désir, convoque notre vulnérabilité, exhorte
notre courage. Espoir et douleur, joie et frayeurs…La peur d’agir
agit avec son contraire, et met en jeu des sentiments paradoxaux.
Mais, celle d’être agressé ne va pas toujours avec le
désir de l’être… Non ! Mais plutôt avec celui
de se sentir vivre, vibrer (ce qui vaut mieux qu’être
englouti sous les affres d’une terreur !)
Certains
s’accommodent de leurs peurs, les débaptisent, les
déguisent. La peur de voyager, de prendre le train, l’avion…
le vélo se convertit en goût pour la marche. Celle de la
lumière, pour se faire légère, aime arborer de
belles lunettes. On inverse sa phobie en art de vivre et la panique
hystérique des chats se transforme en passion pour la race
canine.
Peur
de la maladie, de la folie, de l’immobilité, peur des mots
aussi. Peur de disparaître, peur que « ça se voie
», que mon château de sable ou de cartes s’effondre !
Peur de trahir ou d’être trahi… La peur met à
l’œuvre et stigmatise le plus souvent la reviviscence inconsciente
d’un passé douloureux. Et l’émotion qu’elle fait
surgir plonge dans l’embarras quand au détour d’une
phrase, d’un mot, elle nous bouleverse sans dire pourquoi ou fait
barrage à la communication. C’est quand elle n’est ni
nommée ni reconnue et agit en sourdine que la peur est
mauvaise. Comme si ses effets silencieux se liguaient pour sévir
avec plus ou moins de violence, sur la vie affective et
professionnelle.
Peur de paraître ou peur de disparaître ? Peur de l’échec ou peur du succès ? Peur du chômage, des interprétations… Plus que la peur de rater (ou de réussir) un examen, c’est ce qu’il est susceptible de raviver qui entre par anticipation en résonance avec des souvenirs enfouis et diffuse ce trouble qui le rend redoutable. Les effets présumés en seraient si douloureux que l’on craint qu’ils ne nous effacent. La peur de mal faire ou plutôt - que ce qu’il aura fait de son mieux soit mal perçu - pousse l’enfant à éviter bien des situations.
(...)
LES PETITS CAILLOUX
Un
jour,un vieux professeur fut engagé pour donner une formation
sur la planification efficace de son temps à un groupe de dirigeants de grosses sociétés.
Le vieux prof n'avait
qu'une heure pour "passer sa matière".
Debout,
devant ce groupe d'élite (qui était prêt à
noter tout ce que l'expert allait enseigner), le vieux prof les
regarda un par un, lentement, puis leur dit : "Nous allons
réaliser une expérience".
De dessous la table qui le séparait de ses élèves, le vieux prof sortit un immense pot de verre qu'il posa délicatement devant lui. Ensuite, il sortit environ une douzaine de cailloux a peu près gros comme des balles de tennis et les plaça délicatement, un par un, dans le grand pot. Lorsque le pot fut rempli jusqu'au bord et qu'il fut impossible d'y ajouter un caillou de plus, il leva lentement yeux vers ses élèves et leur demanda :
"Est ce que le pot est bien plein?"
Tous répondirent : "oui".
Il attendit quelques secondes et ajouta : "vraiment?".
Alors, il se pencha de nouveau et sortit de sous la table un récipient rempli de graviers. Avec minutie, il versa ce gravier sur les gros cailloux puis brassa légèrement le pot. Les morceaux de gravier s'infiltrèrent entre les cailloux...jusqu'au fond du pot.
Le
vieux prof leva à nouveau les yeux vers son auditoire et
redemanda : "Est ce que le pot est plein?". Cette fois, ses
brillants élèves commençaient à
comprendre son manège.
L'un d'eux répondit :
"probablement pas!".
"Bien!" répondit le vieux prof.
Il
se pencha de nouveau et cette fois, sortit de sous la table un
récipient de sable. Avec attention, il versa le sable dans le
pot. Le sable alla remplir les espaces entre les gros cailloux et le
gravier.
Encore une fois, il demanda : "Est ce que le pot est
plein.".
Cette fois, sans hésiter et en chœur, les brillants élèves répondirent : "Non!".
"Bien" répondit le vieux prof.
Et comme s'y attendaient ses prestigieux élèves, il prit le pichet d'eau qui était sur la table et remplit le pot jusqu'à ras bord. Le vieux prof leva alors les yeux vers son groupe et demanda : "Quelle grande vérité vous montre cette expérience?".
Pas fou, le plus audacieux, songeant au sujet de ce cours : la planification de son temps, répondit : "Cela démontre que même quand on croit que notre agenda est complètement rempli, si on le veut vraiment, on peut y ajouter plus de rendez vous, plus de choses à faire".
"Non"
répondit le vieux prof. "Ce n'est pas cela. La grande
vérité que nous démontre cette expérience
est la suivante : si on ne met pas les gros cailloux en premier dans
le pot, on ne pourra jamais les faire entrer tous, ensuite".
Il
y eu un profond silence, chacun prenant conscience de l'évidence
de ces propos.
Le
vieux prof leur dit alors : "Quels sont les gros cailloux dans
votre vie?".
"Votre santé?"
"Votre
famille?"
"Vos amis?"
"Réaliser vos
rêves?"
"Faire ce que vous
aimez?"
"Apprendre?"
"Défendre une
cause?"
"Prendre le temps?"
"Ou tout autre
chose?"
"Ce qu'il faut retenir, c'est l'importance de mettre les gros cailloux en premier dans sa vie, sinon on risque de ne pas réussir .....SA VIE. Si on donne priorité aux peccadilles (le gravier, le sable) on remplira sa vie de peccadilles et on n'aura plus suffisamment de temps précieux à consacrer aus éléments importants de sa vie.
Alors
n'oubliez pas de vous poser à vous même la question :
"Quels sont les GROS CAILLOUX dans ma vie?"
Ensuite
mettez les en premier dans votre pot.
D'un geste amical de la
main, le vieux professeur salua son auditoire et lentement quitta la
salle.
Allez tranquillement au milieu du vacarme et de la hâte, et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence.
Sans vous aliéner, vivez autant que possible en bons termes avec tous vos semblables. Dites tranquillement et clairement votre vérité. Et écoutez les autres, même le simple d'esprit et l'ignorant. Ils ont eux aussi leur histoire. Evitez les individus bruyants et agressifs, ils sont une gêne pour l'esprit.
Ne vous comparez avec personne, vous risqueriez de devenir vaniteux ou amer. Il y aura toujours plus grand et plus petit que vous.
Prenez plaisir à vos réalisations autant qu'à vos projets. Soyez toujours intéressés par votre métier, si modeste soit-il, car c'est un véritable bien dans les aléas changeants du temps. Soyez prudent dans vos affaires car le monde est plein de ruses. Mais que cela ne vous rende pas aveugle à la vertu, car beaucoup luttent pour de grands idéaux. Et partout la vie est pleine d'héroïsme.
Soyez vous-même. ne simulez pas l'amitié. Ne soyez jamais cynique envers l'amour, car face à l'aridité et au désenchantement il est aussi éternel que l'herbe.
Acceptez doucement le conseil des années en renonçant avec grâce à votre jeunesse. Fortifiez la puissance de l'esprit pour vous protéger en cas de malheur. Mais ne vous leurrez pas avec des chimères. Trop de peurs naissent de la fatigue et de la solitude.
Au delà d'une discipline saine, soyez doux avec vous-même. Vous êtes un enfant de l'univers, pas moins que les arbres et les étoiles, vous avez le droit d'être ici. Et que cela vous soit clair ou non, l'univers se déroule sans doute comme il le doit.
Soyez en paix avec Dieu, quelle qu'en soit votre conception, et quels que soient vos peines et vos aspirations, restez, dans le désordre bruyant de la vie, en paix avec votre âme.
Avec toutes ses perfidies, ses corvées et ses rêves brisés, ce monde est pourtant beau.
Soyez attentif. Efforcez vous d'être heureux.
- Trouvé dans la Cathédrale Saint-Paul de Baltimore en 1692. Auteur inconnu.
CONVERGENCES...(fin)
(...)Le message qu’il fait passer n’est pas nouveau et nombre de voies alternatives de santé et de bien être le mettent en pratique depuis des décennies. Mais il était jusque là inaudible pour le collectif. David Servan Schreiber a juste la chance - le kairos : le bon moment- que son expérience personnelle rencontre le mal être et l’attente encore informulée de millions d’êtres.
Il a cette autre chance que sa légitimité de scientifique donne une aura de vérité à ce que tant d’autres ont exprimé par des voies intuitives et expérientielles, en étant considérés longtemps comme des marginaux.
Il
a enfin le bénéfice d’un puissant groupe de presse
pour le médiatiser.
Les forces sociétales, c’est nous, individuellement et collectivement, et nous en sommes donc pleinement responsables. Notamment au travers de ceux à qui nous avons donné le mandat de nous conduire.
Si
les modes de vie - c’est-à-dire nos comportements et choix
de vie quotidiens- ont une incidence directe sur nos maladies, ils ne
sont que la résultante directe de nos croyances, de nos
valeurs, du sens que nous donnons à la vie. Ce qui nous rend
d’autant plus responsables !
Autre
exemple, les émissions, jeux et supports d’entrainement
cérébral pour « muscler son cerveau » ont
le vent en poupe. Mémoire, logique, calcul, capacité
d’apprentissage, vivacité, tests de QI, jeux télévisés
comme Le Grand Quiz du cerveau, sont les dernières folies
neuronales des seniors, plus directement concernés.
Que cache cette stimulation pathologique de la mémoire factuelle ?
De quel vide intérieur ces formes compensatoires sont-elles le révélateur ?>
Avec quels leurres dérisoires se protège-t-on d’une absence à soi qui porte les noms désormais banalisés de mal être, de stress, de « maladies de société » ?
Du body building au brain training, la recherche de performances révèle la même inquiétude fondamentale, la peur de ne plus exister, celle de découvrir que l’on est passé à côté de sa vie.
Les
3 C de la Convergence Intérieure
Ces
faits d’actualité qui envahissent le quotidien de notre
société et en constituent la nouvelle trame mortifère
démontrent que la vraie convergence reste à inventer.
Ils ont comme dénominateur commun l’absence de présence
à sa vie et la fuite - ou l’absorption- dans les
sollicitations extérieures. Celles-ci amènent
inévitablement la séparation d’avec soi,
l’incompréhension de l’autre et la souffrance.
CORPS, CŒUR, CONSCIENCE, les 3 C qui conduisent chaque vie sont étrangement
absents, à mesure que le monde se remplit d’une pollution
numérique incontrôlable car vide de sens.
Les corps sont malades, déconnectés par excès de branchements artificiels.
Ils sont intoxiqués et surchargés de trop de données, comme un foie peut l’être d’abus alimentaires et d’alcool.
Ni
ancrés, ni centrés, ils flottent comme des fantômes
enchaînés aux hallucinations collectives.
Les cœurs sont en souffrance, recroquevillés, peureux, incapables de toute vraie rencontre, mais en quête accélérée de sensations d’épidermes virtuels. Les sentiments sont brouillés par des émotions primaires puissamment entretenues par les media et le système de consommation, ne laissant pas place à la durée et à l’intériorité.
L’incompréhension
et le malentendu se posent dans les couples. Comment réussir
le rendez-vous avec l’autre quand on n’est jamais allé au
rendez-vous de soi ?
Enfin, la boussole de la conscience est démagnétisée par un smog de champs électromagnétiques, par l’absence de centration physique et émotionnelle, par l’identification aux situations et expériences.
Privés
de sens, de direction, d’orientation, les êtres multiplient
des expériences dont ils ne peuvent extraire le sens et se
perdent à eux-mêmes. Il leur est alors facile de se
poser en victime ou en dénonciateur. Mais c’est le même
jeu de décharge de responsabilité.
C’est pourtant dans le rassemblement et la cohérence intérieure entre CŒUR CORPS ET CONSCIENCE qu’est la première convergence à réaliser.
De la convergence intérieure, naîtra la convergence sociétale, élargie à l’humanité.
Alors, pour des modes de vie plus éclairés et sains, pour un mieux vivre durable et heureux, si l’on remontait au sens sacré de la vie dont nous sommes les hôtes - hors champ religieux.
Si
l’on reprenait chacun notre responsabilité et notre pouvoir
intérieur ? Si nous devenions vraiment conscients de ce qui
nous convient et de ce qui nous détruit ?
C’est l’unique réponse aux impasses actuelles.
La compréhension intellectuelle ne changera rien.
Les plans d’action accélérés se révèleront rapidement inefficaces, car apportant des réponses artificielles et extérieures.
Seul l’engagement de chacun dans son corps, dans son cœur, dans sa conscience, fera la différence.
Pour cela, nous avons à nous en remettre à l’instance de sagesse qui est en chacun de nous : le Soi - Ame, Esprit- et le discernement qui en résulte.
Une
instance si longtemps bâillonnée que dans l’immédiat,
son logiciel est inopérant !
Alors, comment savoir ?!
Faire silence et écouter. C’est le premier pas de l’apprentissage qui correspond à une vraie cure de désintoxication pour beaucoup ! C’est là où les rechutes sont le plus nombreuses.
Mais après, quelle liberté.
Certes les jeux, mobiles, géo-localisation et web 2, 3 et + seront toujours là.
Mais plus personne ne sera dupe, et vous aurez le choix de contempler la paix des étoiles et la beauté des êtres, de ressentir le mouvement amoureux de la vie, et de déprogrammer votre vie en faisant place à l’imprévisible, qui sera exactement ce à quoi vous rêviez !
19 avril 2008
CONVERGENCES ?...(3)
La
culture quotidienne de la divergence.
Prenons
quelques exemples de dérives consommatoires devenues modes de
vie. La consommation d’alcool touche maintenant les 12/14 ans,
filles et garçons, avec des comas éthyliques qui disent
tout de la défonce, de l’anxiété, de
l’ignorance de cet âge. Derrière l’alibi d’une
consommation dite festive, avec des boissons pour ado dites branchées
- les premix-, derrière les premiers pas provocants et
inconscients d’enfants-ados dans l’addiction, que se joue-t-il ?
Simultanément, le lobby agroalimentaire de la tentation a fait pénétrer son modèle mou-gras-sucré-intense dans chaque foyer avec enfant. Boulimiques, dépendants de sensations régressives diffusées par un marketing aliénant, ils s’enferment dans des obésités pour la plupart incurables.
Que valent des programmes d’information désormais connus de chaque adulte depuis des années, au regard de publicités pavloviennes qui jouent du triptyque désir-plaisir-jouissance et de la redondance abusive et infantilisante ?
1.5
Million de jeunes obèses, 6 millions d’adultes obèses,
20 millions de personnes en surpoids (en France)… Que des enfants
et adultes toujours plus nombreux fassent des séjours en
unités spécialisées pour une rééducation
alimentaire révèle le dévissage d’une société
dont les repères les plus vitaux, essentiels, sont devenus
inexistants.
Que nous disent ces enfants de notre propre fuite dans la consommation ?
Quel miroir déformant sont-ils des manques et esquives des adultes ?
Se
suicident-ils sous nos yeux, poussant à leur limite les
comportements que nous leur inspirons, pour mieux nous éveiller
à nos impasses ?
« Il y a dans nos sociétés occidentales une épidémie de cancers. On a en France une augmentation de plus de 60% des cas en 20 ans. Les Japonais qui ont 7 à 60 fois moins de cancers que nous, quand ils viennent habiter en occident, ont les mêmes taux que nous. C’est donc une question de mode de vie. Personne n’est responsable de son cancer. Les forces sociétales dans notre société depuis 50 ans sont telles que tout nous pousse à une biologie pro cancer » déclarait récemment David Servan Schreiber sur Europe 1, à la sortie de son dernier ouvrage (Anticancer, Prévenir et lutter grâce à nos défenses naturelles. Robert Lafont).
(...)