23 avril 2008
UNE PEUR PEUT EN CACHER UNE AUTRE...(3)
Quand
les figures parentales, supposées soutenir l’enfant, se sont
affirmées …par leur absence, quand elles ne se sont pas
contentées d’être déficientes, mais se sont
présentées en se mettant hors de portée, c’est
le supplice de Tantale et sans doute, comme le dit Winnicott, «
le pire qu’il puisse arriver au petit humain ». Faim et soif
éternelles, rien de tel pour écorcher la sensibilité
et aiguiser les frayeurs. Le caractère traumatisant minoré
d’un fait, d’une situation, le mépris d’une douleur
occasionnée, exacerbe l’émotivité et la
perception du danger. La conscience aiguë de ce qui porte
atteinte favorise la soumission. Une personnalité anxieuse,
perfectionniste, peut être une ancienne victime d’indicibles
abus qui s’appliquera à dissimuler toute erreur car il lui a
fallu, pour survivre, apprendre à nier toute « erreur
»... Atmosphère douloureuse, traitement discriminatoire
produisent ainsi des émotions interdites qui fragilisent
d’autant plus la personnalité qu’il lui faut éviter
qu’elles transparaissent et la trahissent.
Construction
imaginaire pour justifier une sensation terrible qui nous étreint
et dont nous avons hérité, certaines peurs ressuscitent
des impressions étranges qui, si elles s’additionnent,
ré-engendrent cela même qui les avait provoquées.
Une agression non reconnue développe un sentiment d’inquiétude
permanent qui se transmet comme une crainte « sans objet »
puisque celui-ci n’a pas été nommé. Et l’on
tournera en dérision le comportement de celui qui fait appel à
une attitude consciencieuse pour calmer l’anxiété. Le
taxant de bizarrerie, on le traite avec sévérité,
brutalité parfois, car il est porteur à son insu d’un
non-dit. Certains de ses propos, déstabilisants par mégarde,
activent le soupçon en entretenant la crainte d’on ne sait
quelle révélation. Peur de perdre ses papiers, son
identité, la partie, une idée, une amie, la peur hante
parfois et un mot au hasard d’une conversation pointe une ancienne
terreur, chez soi, chez son interlocuteur, et soudain on se sent
traqué…
L’objet
sur lequel se projette la peur n’est pas toujours celui qui l’a
engendrée, mais celui qui re-déclenche une peur
précédente ou un trouble déréalisant.
Faisant écran, il la réveille tout en la dissimulant…
Sa résurgence se dit alors effrayante. Phobique, fuyant
l’objet qui l’excite, on tendrait d’une certaine manière
à fuir sa peur… Tant elle re-crée une béance
et la rappelle.
L’objet apparent permet de donner une représentation figurative plausible à une peur plus profonde dont l’objet premier a été oublié, car interdit, ridiculisé, ou simplement non dit car indicible. Il autorise l’idée (d’essayer) d’en faire accepter la réalité, par « l’autre ». Et, symbolisant un désarroi réel passé, aide à en authentifier l’intensité émotionnelle.
La
peur de toutes les peurs, la mère de toutes les peurs
résiderait dans une crainte originelle plus ou moins prononcée
chez chacun de nous. On peut imaginer qu’un enfant mal soutenu dans
les premiers mois, par une mère elle-même fragilisée
- qui n’aura pu qu’apporter des réponses mal adaptées
aux besoins les plus essentiels - sera (à son tour fragilisé)
plus craintif, et son propre enfant, (plus tard) agressé par
les peurs parentales - plus agressif.
La peur est difficile à appréhender quand l’indicible qui l’a produite dans le passé n’a pas été symbolisé. Est-ce pour cela qu’on aime à lui donner des représentations qui en confirment l’évanescente véracité et, derrière les apparences fantasmatiques, aident à la sublimer ? Ainsi les contes et les histoires fantastiques viennent meubler, avec notre consentement, notre quiétude de frissons. On lit Grimm, Perrault et Andersen, Poe et Maupassant, pour nourrir, calmer, divertir, justifier sa peur. Peut-être est-ce parce qu’elles n’entrent pas par effraction que les émotions qu’ils nous font (re) vivre ne nous font pas violence, mais nous donnent à penser, à réfléchir et de quoi dénouer certaines appréhensions, telle celle de l’avenir (sans sa mère) pour l’enfant… Catastrophe et frissons, transposés dans la fiction, nous permettent de transcender nos émotions : on s’autorise à se frotter à leur réalité.
(...)
22 avril 2008
UNE PEUR PEUT EN CACHER UNE AUTRE (2)...
(...)
Sous
le règne de la peur, la séparation prend tournure de
rupture et la maladie annonce la mort… Qu’elle surgisse à
travers un choc transmis par nos sens ou un mirage à notre
esprit, qu’elle soit folle ou rationnelle, logique ou insensée,
elle sape toute sérénité potentielle. Pourtant,
la peur du noir oblige l’enfant qui la surmonte à voir
autrement qu’à travers les yeux de ses parents quand,
tâtonnant en aveugle, il se heurte au réel, au solide,
au palpable avec sa propre sensibilité apprenant ainsi à
se passer de leur protection.
La
peur de l’étranger, de l’ailleurs, de l’inconnu, de ce
qui fait que l’autre est autre, dans laquelle se lovent les germes
du racisme, marque l’appréhension de ce qui en nous heurtant
éveille le doute. Mais que le tout petit, qui n’a pas encore
construit ses défenses soit inquiété par «
l’étranger » est dans l’ordre des choses. Il a
besoin d’être assuré par un adulte qui le guide ;
accepte ses frayeurs sans les exploiter à ses propres fins ni
pour autant l’encourager à l’intrépidité ;
l’invite à surmonter ce sentiment d’étrangeté
qui préfigure la peur, à développer son esprit
d’ouverture, à se structurer une identité solide en
découvrant que le différent n’est pas en soi
terrifiant.
L’appréhension
d’une maladie peut nous conduire à adopter des conduites
sages. Ne pas avoir envie d’être contaminé la veille
d’un voyage…et se protéger d’un virus qui est dans
l’air, évite de mettre à mal notre corps et de vouer
un projet à l’échec. De même, une frayeur due à
l’irruption soudaine d’un vacarme monstrueux semble objectivement
fondée. Simple, immédiate, on s’en détache
avant qu’elle ne nous entache. Mais pourquoi a-t-on peur du noir,
une fois devenu adulte ? Ou d’une souris ?
Contrairement
à l’angoisse, dépourvue d’objet, la peur sait
identifier ses démons. Mais si la séparation de ces
expressions, poussées à leur paroxysme, fait sens, je
me demande si, en matière de vécu, de ressenti intime,
la frontière est aussi définie, et si toute peur ne
dissimule pas une angoisse sous-jacente. Si l’une nous étrangle,
l’autre nous paralyse. Et toutes deux - supposant des présences
auxquelles nous préférons échapper ou des
absences auxquelles nous désirons survivre, en dépit
des tortures qu’elles nous font subir - nous infantilisent.
Sentiment
d’inquiétude éprouvé en présence ou à
la pensée d’un danger, il n’est de peur injustifiée,
mais si le danger est bien présent, il n’est pas toujours là
où l’on croirait le trouver.
On
redoute ce que l’on ne connaît pas mais aussi de ce qui nous
rappelle quelque chose que nous croyons connaître… Souvent,
derrière la peur se cachent des souvenirs d’émotions
fortes, insupportables dont la résurrection effraierait. Ou la
reviviscence indicible d’un mal-être qui accompagna la «
faute » plus grave d’un ancêtre. Sans savoir pour
autant les nommer.
La
peur qu’un enfant lira dans le visage d’un être cher est
une des plus redoutables, quand elle s’ajoute, sans qu’il n’en
comprenne le sens, à la douleur de se blesser ou de tomber
malade. Une fièvre bénigne évoquera chez sa mère
la disparition culpabilisante d’une sœur, ou une goutte de sang,
en perlant sur un doigt, convoquera dans son sillage le souvenir
d’une autre plus grave qui « dénonça »
des meurs condamnables. La peur aggrave le réel... Et ses
causes ne sont pas toujours exaltantes. Volonté de puissance,
ambition démesurée, jalousie, culpabilité, en
sont parfois le moteur caché. Associée à cette
dernière, elle peut occasionner autant, si ce n’est plus, de
ravage que la faute commise, incriminée, à tort ou à
raison, qui l’aura engendrée. Et quand elle sévit,
feignant l’innocence pour se protéger, et démasquer
un autre coupable, l’idée d’être découvert
lui confère une agressivité phénoménale.
Invitant à la précipitation, elle incite à
l’erreur, et à travers des actes insensés, se
retourne contre nous. Nourrissant le regret, elle exhorte à
reprocher à l’autre ce dont on craint d’être accusé.
On le charge pour se décharger, et de la peur et du sentiment
de culpabilité.
Accompagnant
un souvenir récurrent ou associée à des
souffrances archaïques qui du fond de l’inconscient nous
interpellent, on y reste … par peur indifférent. Avide, elle
s’auto-alimente, aussi longtemps que sa véritable source n’a
pas été débusquée. La transmission d’une
crainte étouffée à travers les générations
devient plus lourde et plus douloureuse que ne l’aurait été
une révélation soutenue par un entourage bienveillant
…Ainsi la peur d’un fantôme en apparence imaginaire serait
l’écho d’actes, de faits, réels passés
terrorisants qui se feraient entendre,
sous une apparence personnifiée, car on aurait cherché
à en nier la gravité. Et la portée dramatique de
certains secrets serait amplifiée par la crainte de leur
révélation, face à l’intransigeance de proches
ou la cruauté du jugement social.
Cette mémoire inconsciente, sous le joug de laquelle une enfance s’est tant bien que mal déroulée, imprègne le quotidien. La peur d’être « pas aimé par une mère sadique », qui ne nous supportait que si nous lui faisions plaisir, conditionne les relations amoureuses ultérieures. Certaines émotions vives, qui ont surgi alors que le moi était trop immature pour en faire une expérience sensée, et les considérer avec recul, sont intégrées à notre constitution. Ne pouvant se conjuguer au passé, elles nous rappellent à la douleur par des paniques comme injustifiées, nous menaçant dans l’intégrité de notre intimité.
(...)
21 avril 2008
UNE PEUR PEUT EN CACHER UNE AUTRE (1)
COMMENT NE PAS EN AVOIR PEUR ?
(Virginie Megglé)
Tremblements,
palpitations, cris irrépressibles. Sensation de vide aussi,
mal au cœur, difficulté à s’endormir. Boule dans la
gorge, nœud dans le ventre... La peur s’accompagne de phénomènes
physiques qui s’expriment et s’impriment dans le corps. Sueurs,
sidération, tachycardie, bouffées de chaleur, envie de
se dissoudre, de crier Maman j’ai peur alors qu’on n’a jamais
eu de maman, vertiges, évanouissement que l’on craint tout
en rêvant qu’il se réalise « à notre »
place pour nous soustraire à l’impossible ! Les signes
symptomatiques de la peur frisent parfois le ridicule ou l’aberration
pour celui qu’elle n’agite pas. Catatonie, frissons, secousses,
hurlement qui échappe, désir de fuir aussi fort
qu’irréalisable. La peur nous fragilise, perturbe la
confiance en nos capacités de résistance aux chocs et
nous transforme en proie idéale face à celui que la
vulnérabilité de l’autre valorise. Influant sur notre
métabolisme en profondeur, elle agit, une fois installée
« à domicile », même quand elle se laisse
oublier. Comment réagir aux circonstances les plus émouvantes,
les plus éprouvantes, pour notre sensibilité quand on
n’est pas un héros ?
Pavor,
dont sont dérivés peur, peureux, apeuré, s’est
aussi décliné par les détours de la langue en
épouvantail et, plus curieusement en… épave qui,
avant de désigner un objet rejeté de la mer et sans
propriétaire, signifiait « effrayé » et par
connexion égaré. Cela laisse imaginer l’état
dans lequel nous plongerait la peur si on s’y livrait sans
résistance… Il est vrai que de bien des façons elle
nous égare. Terreur, effroi, phobie, crainte, panique,
appréhension, angoisse… multiples en sont les synonymes et
vaste le vocabulaire qui s’en fait l’écho pour l’affirmer,
la sonder, la crier…Oppression passagère ou inquiétude
permanente qui revêt toutes les figures et s’arrange de
toutes les situations pour se rappeler à celui qu’elle
habite, la peur s’impose quand nos forces constructives nous
échappent. Réaction face à une difficulté
qui nous fait douter de celles-ci et re-douter la réaction que
suscitera notre action en réponse à une difficulté,
quelle qu’elle soit, la peur, réflexe à priori non
pathologique, reste un mystère autant qu’une évidence.
Peur
de la prison et hantise du vide. Claustrophobie et appréhension
de la liberté. Si la peur existe à l’état pur,
il lui arrive de disputer le terrain à l’envie, et quand
elles se neutralisent, c’est la paralysie. Nous tiraillant entre ce
qui éveille notre curiosité et ce qui nous invite à
rester à l’intérieur, elle se chamaille avec le
désir, convoque notre vulnérabilité, exhorte
notre courage. Espoir et douleur, joie et frayeurs…La peur d’agir
agit avec son contraire, et met en jeu des sentiments paradoxaux.
Mais, celle d’être agressé ne va pas toujours avec le
désir de l’être… Non ! Mais plutôt avec celui
de se sentir vivre, vibrer (ce qui vaut mieux qu’être
englouti sous les affres d’une terreur !)
Certains
s’accommodent de leurs peurs, les débaptisent, les
déguisent. La peur de voyager, de prendre le train, l’avion…
le vélo se convertit en goût pour la marche. Celle de la
lumière, pour se faire légère, aime arborer de
belles lunettes. On inverse sa phobie en art de vivre et la panique
hystérique des chats se transforme en passion pour la race
canine.
Peur
de la maladie, de la folie, de l’immobilité, peur des mots
aussi. Peur de disparaître, peur que « ça se voie
», que mon château de sable ou de cartes s’effondre !
Peur de trahir ou d’être trahi… La peur met à
l’œuvre et stigmatise le plus souvent la reviviscence inconsciente
d’un passé douloureux. Et l’émotion qu’elle fait
surgir plonge dans l’embarras quand au détour d’une
phrase, d’un mot, elle nous bouleverse sans dire pourquoi ou fait
barrage à la communication. C’est quand elle n’est ni
nommée ni reconnue et agit en sourdine que la peur est
mauvaise. Comme si ses effets silencieux se liguaient pour sévir
avec plus ou moins de violence, sur la vie affective et
professionnelle.
Peur de paraître ou peur de disparaître ? Peur de l’échec ou peur du succès ? Peur du chômage, des interprétations… Plus que la peur de rater (ou de réussir) un examen, c’est ce qu’il est susceptible de raviver qui entre par anticipation en résonance avec des souvenirs enfouis et diffuse ce trouble qui le rend redoutable. Les effets présumés en seraient si douloureux que l’on craint qu’ils ne nous effacent. La peur de mal faire ou plutôt - que ce qu’il aura fait de son mieux soit mal perçu - pousse l’enfant à éviter bien des situations.
(...)
17 avril 2008
transpersonnel, intuition... (fin)
Quel
est le rôle du thérapeute humaniste transpersonnel ?
Il
passe du concept traditionnel de l’expert, celui qui sait, au
concept transpersonnel d'une humble personne à l'écoute,
fidèle témoin de ce qui vous arrive. Il a de la
gratitude pour votre présence. Vous arrivez à point
dans sa vie pour lui permettre de grandir. C’est un échange
dynamique, car chaque personne est un enseignant l'un pour l’autre.
Le cheminement thérapeutique se fait à deux . La
rencontre alchimique de votre ouverture du coeur et de
l'écoute
inconditionnelle de votre thérapeute
amènent un résultat positif qui prend forme dans une
action au quotidien.
Ce processus
amenuise le phénomène
de dépendance et de fusion.
Quelle
est votre démarche ?
J’offre
des ressources transpersonnelles comme apprendre à méditer
et à faire des rituels en nature, à utiliser les
universels de guérison - le chant, la danse, les légendes
et le silence - à lire les messages de ses rêves, à
dessiner et écrire pour se retrouver, à développer
son intuition et à trouver les réponses à
l’intérieur de soi. Je ne veux pas donner d’illusion aux
gens. Le fast-food du psy, ça ne marche pas. On ne peut pas
régler, en un stage, des choses qui sont là depuis des
années. Toutefois, je donne des pistes de travail qui
permettent une bonne continuation. Le travail se fait toute la vie, à
son propre rythme.
Quel
est le but de la psychologie transpersonnelle ?
Amener
l’être humain à compléter son processus
d’individuation qui est de vivre en harmonie avec ses ombres et ses
lumières, ses paradoxes. Le mot individuation vient du latin
in et dividu qui veut dire non divisé et exprime l'idée
d'une totalité à l'intérieur d'un seul être.
C'est un processus d'intégration, intégration entre ces
aspects de la personnalité (positifs et négatifs) qui
font qu'une personne est unique et ceux qui sont collectifs,
appartenant à tout le monde et à personne, mais dont
chacun a besoin pour vivre et fonctionner. "Pas facile ce
processus", de dire Carl.-G. Jung, "car rien n'est plus
difficile pour un homme que d'avoir à se supporter
lui-même".
L’être humain se réalise
lorsqu’il vit aux quatre niveaux de conscience (physique, émotif,
mental et spirituel). Une réflexion ne suffit pas. Savoir et
être conscient sont deux états différents. Le
premier est au niveau mental et risque de demeurer statique. L'autre
est viscéral et conduit à l'action et au changement.
C'est la loi de l'impermanence: tout est en mouvement. La rivière
coule et suit son cours; si elle s'arrête, elle devient marais
et stagnation. On doit rester présent et vigilant à
chaque moment de sa vie car tout travail sur soi-même en
thérapie individuelle ou en groupe est purement narcissique
s'il ne provoque pas un changement de perspective et une action au
quotidien.
D’où
vient ce besoin de spirituel ?
A
la fin des années 1970, la religion a décliné
mais les êtres humains avaient toujours besoin de nourriture
spirituelle. La vision mystique nous sort des limites purement
matérielles et révèle des valeurs d’amour, de
compassion, de respect. Les jeunes, aujourd’hui, ressentent cet
élan spirituel, dénudé de références
dogmatiques, car ils n’ont pas vraiment été élevés
dans la religion. Ils semblent compenser par des expériences
extatiques qui leur procurent des états modifiés de
conscience.
La Californie est le berceau de cette nouvelle
dimension de la psychologie. Chez-nous, il existe une véritable
chasse aux sorcières.
Certaines corporations
professionnelles refusent le transpersonnel à cause de
l’intégration du spirituel à l'approche empirique de
la psychologie de l'observable, du palpable et du quantifiable (les
statistiques, pré-requis de base pour être admis comme
étudiant en psychologie). Pourtant Carl G. Jung, lui-même
élève de Freud, s' est dissocié de son maître
pour introduire la dimension transpersonnelle en psychologie.
En
France et en Belgique, le transpersonnel est un peu plus intellectuel
et rationnel. En Amérique, il est plus centré sur le
coeur. Mais dans un cas comme dans l'autre, il n'est pas enseigné
à l'Université de façon approfondie. C'est
exceptionnel que j'aie pu faire une double maîtrise
universitaire en psychologie et en counselling transpersonnel à
l'Université en Californie
15 avril 2008
Transpersonnel, intuition...(2)
À
qui s’adresse la psychologie transpersonnelle ?
Aux
personnes qui reconnaissent un minimum de place à l’élément
impalpable, énergétique et spirituel dans leur vie.
C’est tout ce qui fait que la vie est en nous. Croire à la
dimension mystique ce n’est pas adopter des dogmes, c’est juste
ouvrir son cœur et son âme.
Le
hasard existe-t-il ?
Non
absolument pas ! C’est un terme rassurant qui fait l'affaire des
sceptiques pour ne pas accepter les évènements qui se
produisent dans la vie hors du contrôle empirique et rationnel
et leur donner un caractère accidentel et occasionnel. Jung
disait que lorsqu’on est bien dans sa peau, détendu et
présent on est presque toujours en état de vivre les
synchronicité.
Qu’est-ce
que la synchronicité ?
C’est
le bon événement extérieur qui arrive au bon
moment en harmonie avec une énergie intérieure précise,
un besoin à combler, une harmonie à retrouver, une
blessure à guérir, une opportunité de grandir à
saisir, un passage à effectuer. C'est l'harmonisation de
l'intérieur et de l'extérieur dans un moment privilégié
de présence. Souvent on n’y prête pas attention à
cause de notre raisonnement. Notre pire ennemi est notre ego qui a
peur, peur de se faire avoir, qui n’a pas confiance. Je vis
plusieurs mois par an en Asie et pendant cette période je suis
souvent en synchronicité. Plus que chez moi, parce qu’en
Amérique j’ai une vie stressante. Je vis dans une culture où
l’on court tout le temps. C'est une énergie d'excellence, de
compétition, de méfiance et de jugements; une attitude
trop souvent négativiste et défaitiste.
En Asie, le
point de départ est mystique et intérieur.
Pour se
saluer, on fait un geste de paix : le wai . Chaque jour, plusieurs
moments sont consacrés à la prière. Tous les
hommes iront à un ou plusieurs moments de leur vie, trois
semaines ou plus, faire l'expérience de la vie de bonze au
temple. Le silence fait partie intégrante du quotidien. En
Occident, on fait silence une minute pour souligner le décès
d'une personne célèbre. C’est incroyable ! On parle
tout le temps ! On oublie de fréquenter le doux territoire du
silence.
Chaque hiver, lorsque j'accueille des québécois
et des français pour leur faire découvrir une partie de
l'Asie du Sud -Est au cœur des gens, , le silence fait partie
intégrante du voyage.
Le grand poète et chansonnier
québécois Gilles Vigneault disait:
"Dans
la forêt, si tu parles tout le temps, tu ne vois rien, tu
n'entends rien et tu ne sens rien !"
Pouvez-vous
me parler du silence ?
Le
silence est une ressource extraordinaire, une nourriture qui
apaise.
Il favorise la manifestation de l’intuition, voie royale
de la connaissance innée. Votre intuition vous donne accès
à la vérité car elle est en dehors de la raison.
Les réponses sont en vous, il suffit de les
écouter.
Pourtant, nous en avons peur et nous faisons tout pour l’éviter.
L’être humain qui doucement s’ouvre à inclure le
silence dans sa vie, va développer l’inspiration créatrice
qui le conduira à sa pleine réalisation.
Bach disait
:
"L’affaire n’est pas de trouver mes mélodies
mais plutôt de ne pas les piétiner le matin en sautant
hors du lit".
L'inspiration vient dans le silence de la nuit,
mais la raison est là au réveil pour tout
saboter.
Comment
être en silence ?
Cela
demande de la discipline. C’est réapprendre à vivre
en faisant des expériences simple en nature, par exemple, en
concentrant son attention quelques minutes sur la vue, l'ouïe,
l'odorat. En faisant cela quotidiennement, vous changez votre façon
d’être dans le monde. Vous entendez votre respiration:
l'inspiration (votre choix de vivre) et l' expiration (le lâcher
prise sur le négatif et vos peurs) La nature nous ramène
à l'essence de la vie.
14 avril 2008
Transpersonnel, intuition et synchronicité. (1)
Entrevue
de Frédéric Hurteau à Paris
par Céline
Andrillon, journaliste.
La
psychologie transpersonnelle est née en Californie dans les
années 1970. Quatrième école de psychologie,
elle reconnaît les approches précédentes et y
ajoute la spiritualité comme partie intégrante de
l’homme. Elle considère l’être humain dans ses
quatre dimensions :
- physique,
- émotive,
- mentale et
spirituelle.
Elle réunit les données des psychologies
individualistes de l’Occident et les perceptions des visions
spirituelles et mystiques de l’Orient.
Elle propose une vision existentielle au-delà de l’ego et donne aux expériences de vie un sens plus universel. L’intuition se développe et facilite une autre vision de la vie. Ici, l’humain fait partie du tout universel où cohabitent l’inconscient personnel (S. Freud) et l’inconscient collectif (C.-G. Jung).
Il est un, libre et responsable. Il
retrouve son pouvoir et son potentiel car il est capable de faire des
choix et de les assumer. Pour en savoir plus, nous avons rencontré
Frédéric Hurteau, québécois spécialiste
en psychologie transpersonnelle.
A 38 ans, Frédéric
Hurteau, psychothérapeute de formation traditionnelle et
enseignant en communications et en relations interpersonnelles à
l’Université, décide d’abandonner son cabinet.
Homme d’intuition, il se sent frustré par l’approche de la
psychologie traditionnelle. C’est lors d’un voyage en Californie
qu’il découvre la psychologie transpersonnelle. Pour la
première fois de sa vie, tout ce qu’il pressentait et
n’osait faire lui était permis et était enseigné.
Depuis plus de vingt ans, il se consacre à cette nouvelle
approche et a créé le Centre de Psychologie
Transpersonnelle du Québec en 1985 qu'il dirige jusqu'à
aujourd'hui.
Qu’est-ce que la psychologie
transpersonnelle ?
C’est la vision au-delà de
l’ego. C’est une approche existentielle qui donne aux expériences
de vie un sens universel. Elle permet une deuxième lecture des
événements et situe l’être humain comme faisant
partie du tout universel où cohabitent l’inconscient
personnel et l’inconscient collectif. Elle donne un sens différent
aux évènement de la vie: retour des choses positif ou
passage initiatique difficile à un autre niveau de
conscientisation par le biais d'une épreuve.
Quels
sont les fondements du transpersonnel ?
La
psychologie transpersonnelle s'enrichit des découvertes de la
psychologie moderne et y ajoute la dimension spirituelle, partie
intégrante de l’être humain, au delà de tout
dogme ou croyance religieuse. C’est la rencontre de l’Orient et
de l’Occident, l’union de la mystique ancienne et de la science
moderne.
Qu’est-ce
que l’intuition ?
L’intuition
est cette connaissance immédiate, claire et directe de la
vérité, en dehors de la raison. C’est l’accès
à l’inconscient collectif, le savoir direct où se
trouvent toutes nos ressources créatrices.
Nous en savons
plus que nous n’en n’apprendrons jamais. Il n’existe pas de
gens qui savent et d’autres pas. Il n’y a pas d’élus.
Quand Jung nous parle d’inconscient collectif, il parle de ces
archétypes ou modèles universels de comportement, de ce
réservoir infini qui n’attend qu’à être
consulté.
Quelle
est la spécificité de la psychologie transpersonnelle
?
C’est
une approche holistique qui intègre les quatre dimensions de
l’être humain, physique, émotive, mentale et
spirituelle, pour accéder à l’harmonie. Cette
nouvelle dimension permet d’inclure l’intuition, le silence et la
méditation pour aller contacter tout cet impalpable qui
existe. Sa plus grande richesse est d’apporter une deuxième
lecture de l’existence humaine.
Que
signifie la deuxième lecture ?
C’est
une autre vision des choses. Elle transforme les épreuves en
cadeaux.
Vous venez de perdre votre emploi, vous êtes en
colère, vous avez peur. La deuxième lecture vous
conduit à vous interroger sur ce que vous venez de recevoir.
Ce peut être l’opportunité de changer de travail, de
trouver votre propre domaine de réalisation et de faire ce
dont vous avez toujours rêvé.
Vous vivez un deuil, ça
fait monter en vous de la tristesse, un sentiment de trahison et une
impression de désarroi et de même de la colère...
En deuxième lecture, au delà des frustrations de l'ego,
vous tentez de trouver l'héritage, les messages, la mission
peut-être que vous laisse cette personne chère par son
départ physique et non spirituel. L'énergie de cette
être cher demeure avec vous et son esprit veille sur vous. Vous
pouvez même lui parler et lui demander de l'aide.
Une
rupture affective provoque les mêmes sentiments au niveau de
l'ego. En deuxième lecture, c'est l'occasion de prendre un
recul, de faire un bilan, d'intégrer les enseignements de la
situation et de se préparer à
une autre union encore plus satisfaisante.
Quelles
sont les conséquences d’une deuxième lecture ?
Si
vous développez cette capacité à faire une
deuxième lecture, votre existence change. Cette vision des
choses permet le passage de la dimension de victime à celle de
guerrier pacifique responsable.
Devenir responsable c’est aller
à la rencontre des sollicitations continuelles qui nous sont
offertes pour notre cheminement et notre épanouissement. La
vie est faite de cycles. Le lâcher prise permet de passer à
un autre cycle.
12 avril 2008
LE MENTAL (fin)
"Un choix entier de l'une de ces trois solutions, sans qu'il ne reste en vous des résidus de refus par rapport à ce choix, vous libère des tensions et du stress."
Vous reprenez le contrôle de la situation et de votre vie. Vous ne vous placez plus en victime.
Choisissez en conscience, sans ressentiment et allez heureux vers la suite de votre vie.
Tout
autre choix ou non-choix de l'une de ces trois possibilités,
vous fait naviguer entre deux eaux et le malaise persiste.
"Le
facteur temps du menal est une source de souffrance. On ramène
le passé dans l'instant présent en repensant et
ressassant sans cesse des événements qui ne se sont pas
déroulés tels qu'on aurait souhaité et on se
projette dans le futur en se demandant comment on va faire pour vivre
avec ça ou sans ça."
Pour les événements heureux c'est la même chose, on se dit que plus jamais on ne pourra revivre ça et on se crée alors de la déprime, de la nostalgie ou un manque.
Cela crée en nous une anxiété, une angoisse face au futur et on rate complètement l'instant présent.
La souffrance émotionnelle ne peut survivre dans l'instant présent.
Laissez
le passé s'éteindre à chaque instant.
"Amenez votre attention sur le présent et demandez-vous comment vous vous sentez ici et maintenant, sans aller puiser vos réponses dans les événements ou douleurs du passé.
La
souffrance émotionnelle est inévitablement liée
au temps."
Un
exemple des plus courants : votre ami(e) vous a quitté et vous
souffrez. Qu'est-ce qui provoque cette souffrance ?"
"Vous
allez dire que cette personne vous manque. Mais d'où provient
ce manque ?"
Ce manque prend naissance lorsque vous repensez à tous ces moments fabuleux partagés dans le passé, que vous ne revivrez plus.
Tout cela est lié au temps et la pensée en est le véhicule.
11 avril 2008
LE MENTAL (1)
Le
mental est un outil fabuleux pour fonctionner dans le monde. Il doit
être à notre service et pas nous au sien.
"Qu'y-a-t-il
entre deux pensées ? Le silence et le vide.
C'est
au coeur de ce silence et de ce vide que la présence
silencieuse de l'Etre se révèle."
Pourquoi
nous est-il si difficile d'être cette présence ?
"Pourquoi
nous est-il si difficile d'être ?"
Le mental crée des pensées sans cesse car il n'aime pas l'inconnu, que ce vide et ce silence lui laisse entrevoir.
C'est le même processus qui se passe lorsqu'on est avec quelqu'un et que personne ne dit mot.
La
plupart des gens commencent à ressentir un malaise dans cette
non communication et le mental cherche par tous les moyens à
fuir cela.
Le
mental cherche toujours à garder le contrôle sur nous
même, car, au fond, c'est bien lui qui a créé au
fil du temps ce que nous "pensons" être, notre ego,
le sens du "moi".
"Toutes
nos opinions, nos croyances, nos valeurs, nos jugements, nos peurs,
tout cela le mental l'a créé au travers de nos
conditionnements sociaux, éducatifs, culturels et religieux."
Toutes
les expériences vécues, bonnes ou mauvaises, ont été
, analysées, passées au crible, filtrées et
classées par le mental. Cela a forgé notre identité
à laquelle on s'identifie sans cesse.
"Que
resterait-il si il n'y avait plus rien de ce qui fait notre identité
? Si notre identité s'effaçait tout à coup ?"
Il ne resterait plus qu'un présence-témoin, l'Etre véritable que nous sommes.
Le
mental n'aurait plus son mot à dire et il perdrait tout le
pouvoir qu'il exerce sur nous, et cela l'ego ne le veut pas. Il
résiste et il s'accroche.
"Cela
ne veut pas dire que l'on perd notre identité, le sens du "je"
ou du "moi"."
On
utilise cette identité tout en restant observateur de celle-ci
à partir de cet espace au plus profond de nous-même, à
partir de ce silence et de cette paix sereine.
"C'est
comme si on était l'océan et que les vagues en surface
étaient notre vie. Les événements, les
relations, les situations, tout cela se passe en surface."
On se laisse couler au fond de l'océan de notre être, et à partir de cet espace de paix, on observe et on agit sur ce qui se passe en surface.
Même
si certaines de ces vagues sont douloureuses et qu'on en ressent les
effets, on reste établi dans cet espace de paix qui réside
en dessous de toute cette activité.
"Se
placer en tant qu'observateur de nos pensées, nous fait
prendre un peu de recul face aux événements, aux
émotions, aux situations de la vie quotidienne."
Observez comment le mental réagit face aux différentes situations. Placez-vous en observateur curieux. Remarquez comme le mental est prompt à réagir, juger, étiqueter, analyser, créer des peurs inutiles, et résister à ce que la vie vous offre dans l'instant présent.
Observez sans entrer dans le jeu du mental, n'analysez pas ce que vous observez, n'essayez pas de chasser vos pensées.
C'est un accueil total de ce qui est, c'est un lâcher prise sur ce qui est présent à l'instant en vous.
"Prenez
conscience de la différence entre l'agitation du penseur en
vous, et le calme de la présence observatrice."
Le
mental a une forte tendance à résister à ce qui
est. Il lui est très difficile de lâcher prise.
"Prenons un exemple concret : une personne est à la poste et il y a beaucoup de monde. Elle s'impatiente, elle aimerait que cela aille plus vite. Son mental crée de la résistance face à cette situation, elle aimerait que cela se passe différemment, son mental résiste à ce qui est."
Cette résistance crée en elle de la négativité, une sensation de mal être et de stress l'envahit, et cela rend la situation bien plus pénible encore.
"Pourquoi fait-il cela ? La personne n'en est même pas consciente. Choisirait-elle consciemment de se créer du stress et de la négativité ? Non. C'est le mental inconscient qui crée cette résistance.
Inconsciemment,
le mental croit qu'en résistant de la sorte, cela fera changer
les choses. Or, nous savons très bien que cela ne change rien
de s'énerver. Nous nous faisons du mal à nous-même
en refusant d'accepter la réalité."
Cela
ne veut pas dire qu'il faut tout accepter dans la vie. Si l'on
regarde de plus près une situation qui ne nous convient pas,
un événement qui ne se déroule pas tel qu'on le
souhaite, une relation qui ne nous donne pas satisfaction, que
pouvons-nous faire ? Quelles solutions se présentent à
nous ?
Il
n'y a que trois solutions :
- Quitter la situation, se retirer, partir,
- Changer la situation, transformer,
- Accepter la situation, lâcher prise.
09 avril 2008
Frédéric HURTEAU : PSYCHOLOGIE TRANSPERSONNELLE (fin)
De
retour à ma pratique professionnelle, que dire de cette dame
suicidaire qui reçoit "par erreur" un courrier
adressée à sa voisine (synchronicité) annonçant
un stage que je donne dans sa région sur l’estime de soi la
semaine suivante.? Et ce monsieur qui m’entend à la radio
sur une station qu’il n’écoute pas d'ordinaire
(synchronicité), répondre à une interrogation
présente depuis longtemps dans sa vie et qui décide de
s'inscrire à un stage sur l'écoute de son intuition que
j'offre deux jours plus tard ?
Ces moments de pure synchronicité
sont accessibles à tous à condition d’être à
l’écoute de son intuition, d'agir selon une intention
claire, de vivre le moment présent, de lâcher prise sur
ses attentes et d’être ouvert et non attaché aux
résultats . Après avoir vécu trois
synchronicités consécutives ou avoir reçu trois
messages, sans hésiter ayons le courage de lâcher prise
sur vos peurs et nos désirs de tout contrôler et de tout
comprendre et passons à l’action ! Évitons d'être
des Germaine qui gèrent et qui mènent sans jamais
lâcher prise ! Le bateau qui reste attaché au port ne
court qu'un risque: celui qu'il ne lui arrive rien.
Qui risque
rien, n'a rien et n'est rien !
07 avril 2008
Frédéric HURTEAU : PSYCHOLOGIE TRANSPERSONNELLE (1)
J'ai le plaisir de vous présenter aujourd'hui, si vous ne le connaissez pas encore, Frédéric HURTEAU. Il sera en France (Paris et Sologne) en mai pour des séminaires et conférences. Si cela vous intéresse je pourrais vous en donner les dates.
Je ne le connais qu'à travers son enseignement et quelques mails, mais sa méthode est très intéressante et donne de bons résultats.
Les
synchronicités, ces moments justes de la vie
"Synchronicité"
est un terme inventé par le célèbre psychiatre
et psychologue suisse Carl-Gustav JUNG, le père de la
psychologie transpersonnelle.
Ce concept désigne la
synchronisation ou la coïncidence de ce qui se passe à
l'intérieur de l'individu avec l'énergie de la
ressource extérieure. C’est se retrouver au bon endroit, au
bon moment avec les bonnes personnes afin de favoriser la réalisation
d’un projet inspiré de l’intuition, elle-même
souvent issue de l’inconscient collectif. Jung croyait à
l'unité ultime de tout ce qui existe. Cette unité est
en dehors des notions de temps et d'espace et au-delà de la
séparation que nous établissons entre le physique et le
mental. La psychologie transpersonnelle, quatrième grande
école en psychologie (précédée des écoles
analytique, béhavioriale et humaniste) reconnaît au-delà
de l’ego l‘accompagnement universel (les synchronicités) à
toute personne qui se positionne harmonieusement avec son
environnement, lâche prise et prend le risque souvent
irrationnel inspiré par son intuition. Ce concept est bien
illustré dans l'article suivant sur ma rencontre avec le
transpersonnel.>
Les synchronicités qui m'ont conduites au Transpersonnel.
Il y a plus de vingt ans, je me suis retrouvé, suite à un gros chagrin d’amour, sur la Côte Ouest américaine, en Californie. C’est le lieu extrême du lâcher prise ( le soleil se couche à l’ouest). Après deux semaines de stage au Esalen Institute (lieu de développement personnel internationalement reconnu) afin de retrouver un peu mon équilibre intérieur, je suis à faire de l'auto-stop sur une route de campagne en direction de San Francisco. Par terre sur la route, je trouve, là pour moi, un prospectus annonçant le septième congrès de la psychologie transpersonnelle débutant le soir même (synchronicité) à 70 kilomètres d'où je suis, en direction de ma destination (synchronicité). Le contenu des conférences du congrès correspond exactement aux outils que j’ai toujours voulu utiliser comme intervenant en thérapie sans avoir le courage de le faire.
Une
voiture s’arrête: le conducteur se rend à ce même
congrès (synchronicité). Toutefois il a un pépin
: sa femme malade ne peut y assister et il désire trouver
quelqu’un pour acheter sa place (synchronicité). Pendant le
congrès, je participe à un stage sur le lâcher
prise (synchronicité) qui me bouleverse : sous une pluie
battante, on nous fait chercher dans le sable de la plage
(synchronicité: trois plus tard j'étudierai la
technique du Jeu de Sable comme outil thérapeutique) la pierre
ou le coquillage rare que l'on veut conserver et rapporter chez soi.
Après si être bien attaché, on nous invite à
l'abandonner à la mer afin de faire l'expérience du
lâcher prise sur nos attaches matérielles
(synchronicité) et nous rendre disponible à un niveau
plus élevé de conscience, faisant l'expérience
de la confusion sans y résister (synchronicité).
Le lendemain je m’inscris à la formation universitaire de trois ans conduisant à la maîtrise en psychologie transpersonnelle, sans avoir ni l'argent, ni le temps pour entreprendre cette démarche. Je lâche prise, et je fais confiance. On me présente le doyen de la faculté : c’est l' animateur de l’atelier de la veille sur la plage (synchronicité) . Dans l’avion qui me ramène au Québec, une femme occupe mon siège. Nous discutons un peu afin de négocier notre territoire respectif : j'apprends qu'elle est québécoise et habite à Berkeley en Californie (synchronicité), lieu de mes futures études. Elle me propose de me trouver un endroit pour habiter (synchronicité).
De retour chez-moi, un bon copain en désarroi m’annonce sa subite séparation d’avec sa conjointe. Il doit rapidement trouver un endroit pour habiter (synchronicité). Je lui loue mon logement que je ne souhaitais pas devoir vider de son contenu. L’université où j'enseigne a Montréal communique avec moi; ils sont désolés de devoir annuler les cours prévus pour l’automne (synchronicité) . Ils me paieront quand même plein salaire (synchronicité)! Enfin, pour différents motifs, mes clients terminent progressivement leur travail avec moi (synchronicité) ; je me retrouve complètement libre de répondre à l'appel et d'effectuer le grand plongeon : partir étudier en Californie ! Lors de mon internat, la deuxième année de mes études, alors que l'on reçoit des clients à tarifs réduits étant encore des étudiants en apprentissage, j'ai un gros soucis financier et je me demande comment je trouverai l'argent pour continuer à payer mes études, surtout que l'université vient d'augmenter ses frais de scolarité. Le lendemain, je reçois un client millionnaire qui m’offre d’aller chez-lui faire de la thérapie familiale. Mes conditions financières seront les siennes me dit-il (synchronicité) : il paiera la fin de mes études.
(...)