05 avril 2008
QUAND LA DEPENDANCE AFFECTIVE...(fin)
Revenir
à soi pour guérir de la dépendance
Il
est surprenant de constater combien la personne qui souffre après
des années de dépendance affective attend une
transformation de sa vie de la part du monde extérieur ! Elle
est comme ce chercheur d'or qui tente désespérément
de trouver des pépites étincelantes chez l'autre, mais
qui gagnerait à les découvrir en lui-même ! D'où
la nécessité de revenir à elle pour creuser
sa propre mine d'or et amplifier son sentiment de paix.
C'est
en prenant soin de ses propres besoins et de ses propres émotions
qu'elle pourra progressivement se déconditionner des
sentiments d'insécurité de l'enfance. Elle peut le
faire en se penchant avec bienveillance sur son histoire personnelle,
en allant aux sources de son sentiment d'abandon (un passé
difficile, des traumatismes de l'enfance, des deuils ou séparations,
des abus sexuels...) et sur les croyances négatives qui en
découlent (par exemple : « je suis
vraiment nul, je ne vaux rien... ») Rechercher
ainsi les causes essentielles de la dépendance affective
l'amènera peu à peu à prendre conscience de son
vrai potentiel et à enraciner en elle des comportements
nouveaux positifs : une bonne confiance en soi, de la légèreté,
de l'assurance, de la joie de vivre, de l'autonomie...
Etre
dépendant sur le plan affectif engendre des sentiments
d'abandon ou de culpabilité,
des tiraillement entre une volonté de réussir et un
sentiment d'impuissance, une bizarre impression de vide
puis de trop-plein, l'envie de fuir sans pouvoir s'empêcher de
répéter les mêmes scénarios.
La
dépendance affective rend souvent sourd et aveugle devant ce
type de conditionnement alors même que l'entourage voit et
reconnaît l'ampleur des dégâts ! La guérison
consiste à créer des relations satisfaisantes dans
lesquelles s'équilibrent le donner et le recevoir et où
refuser et demander redevient le garant d'un amour plein et libre. On
peut ainsi redevenir attentif à s'engager dans une relation sans
la surinvestir, prendre le temps, vinre l'instant présent sans
s'accrocher à l'autre, sans anticiper sur l'avenir de la
relation. Cela demande de pacifier les attentes, d'aimer
sans être rivé à l'autre, de rallumer sa propre
flamme.
Pour devenir un individu à part entière, nous ne pouvons guère nous appuyer sur des relations étouffantes ou fusionnelles. En amour, il peut être salutaire de satisfaire nos propres besoins et nos propres désirs de nous faire du bien, de nous aimer nous-même tout en aimant l'autre et parfois même de nous séparer pour grandir. Cet apprentissage de l'amour de soi-même demande une attention infinie pour rencontrer notre vide existentiel et croire en nos richesses. Il est accessible à toute personne motivée par son évolution et par son envie de prendre sa vie en main. Et comme l'amour attire l'amour, pour s'ouvrir à l'amour véritable, il est parfois nécessaire, en premier lieu, de tomber amoureux de sa propre vie !
(Monique Grande)
04 avril 2008
QUAND LA DEPENDANCE AFFECTIVE...(2)
Un
manque affectif récurent
Dans
la dépendance il existe une confusion entre amour et
attachement. Ainsi aime-t-on
fort, très fort, trop fort ! Derrière ce puissant désir
d'aimer et d'être aimé se cache une grande crainte de
perdre l'affection des autres, une peur récurrente de
l'abandon.
L'autre est comme un objet d'amour. Il permet à
chacun de se sentir important grâce à l'être aimé.
Ce genre de bonheur est en réalité très fugace,
imaginé plutôt que réel, c'est-à-dire
complètement idéalisé. Dans cette forme de
sentiments, on enjolive la relation et on existe à travers
l'autre sans avoir accès à sa propre joie de vivre.
Comprendre
la dépendance affective nous amène à ne pas la
considérer comme un comportement maladif mais plutôt
comme une recherche douloureuse d'un amour qui n'est pas venu et qui
n'a donc pas pu conforter la personne dépendante dans ses
capacités et sa valeur. Ce vide d'amour, ce manque de
reconnaissance qui cherche à être comblé à
tout prix, cet amour manquant, insuffisant, constitue le terreau de
la dépendance.
La
personne dépendante souffre d'un grand manque affectif et,
dans sa vie relationnelle, tant qu'elle ne met pas le doigt
sur la façon dont elle répète les échecs
affectifs depuis l'enfance, elle marche sur un terrain miné et
toutes ses tentatives de vie amoureuse ont une grande chance de
rester stérile.
Des
racines inconscientes
La psychologie contemporaine nous a permis de mieux comprendre et de faire évoluer nos comportements. Sur le plan de la relation amoureuse, nous en sommes encore aux balbutiements quant à la compréhension de nos jeux inconscients.
Pourquoi sommes-nous attirés par des personnes généralement de l'autre sexe, avec lesquelles nous allons remettre en scène de vieux scénarios ?
Exemple : si nous avons guéri nos parents, nous attirons à nous des partenaires qui ont besoin d'être guéris !
Si de la violence nous a été donnée, nous choisissons à nouveau des partenaires violents ! Nous endossons des rôles de guérisseur ou de victime, quitte à nous oublier nous-même !
Plusieurs
motivations inconscientes nous poussent à reproduire ces
schémas :
- Un sens du dévouement hors du commun qui fait qu'en lui donnant tout, jusqu'à nous sacrifier nous-même, nous sommes sûrs de ne jamais décevoir l'autre et d'obtenir en retour un amour absolu !
-
Des tendances mortifères
parce que nous poussons l'hypersensibilité jusqu'à
éprouver comme un malin plaisir à nous détruire,
à nous faire violence, à nous ruiner. Comme en témoigne
Sophie qui parle de son précédent partenaire : « Il
m'a fait terriblement souffrir et pourtant je l'aime encore et je
n'arrête pas de penser à lui ! ».
Les femmes dans ce registre apparaisse comme les championnes en
matière de victimes : la Ruinée, la Blessée, la
Délaissée, l'Amoureuse rejetée...toutes ces
femmes ploient encore sous le joug de leur bourreau !
-
Une faible estime de soi,
parce qu'il est plus facile de se laisser maltraiter lorsque l'on ne
s'aime pas suffisamment ! Ici, les ressources sont bloquées et
restent latentes, à l'état de graines.
- Une peur de l'autonomie et des responsabilités qui nous pousse à reporter sur l'autre notre besoin de sécurié : on lui remet les clés de sa destinée tout en refusant de grandir. Résultat : une grande inertie et un sentiment d'étouffement !
03 avril 2008
QUAND LA DEPENDANCE AFFECTIVE... (1)
...SE CACHE DERRIERE L'AMOUR !
Aimons
nous vraiment notre partenaire de vrai amour ou reportons-nous sur
lui (ou elle) notre manque affectif, nos peurs et, finalement, le
manque d'amour envers nous-même ? Ou comment ne pas
collectionner les échecs amoureux à répétition.
Nous vivons dans un monde de plus en plus complexe, dans lequel se côtoient beaucoup de mouvances et d'incertitude.
Face
à cette adversité, chacun répond différemment.
Certains s'emploient à renforcer leur autonomie créative
pour affirmer leur place pendant que d'autres sombrent dans des
attitudes de crainte, d'angoisse, d'inertie, voire même de
dépendance. Drogue, alcool, tabac apparaissent ici comme les
fléaux les plus repérables et les plus remis en cause.
Mais que faut-il penser des personnes polarisées par la
télévision, la pornographie, les jeux vidéo ou
celles encore qui consomment somnifères ou de la nourriture de
façon compulsive ?
Ces
penchants sont rarement repérés comme des dépendances
et pourtant on surinvestit bien un « ailleurs »
de façon répétitive et irréfléchie.
! Dans ce registre, il existe une tendance discrète,
presque imperceptible, car cachée derrière une grande
disposition à aimer : la dépendance affective.
Le désir d'aimer et d'être aimé est l'une des grandes aspirations de l'être humain, il est sous-tendu par la quête du bonheur. Nous cherchons tous un bonheur absolu, durable et sûr, alors même que cet enchantement apparaît comme vulnérable.
Cette incertitude de la félicité amoureuse génère souvent de l'inconfort. Dans cette entente fragile nos histoires affectives abondent parfois d'expériences douloureuses que l'on se plaît à répéter indéfiniment. Alors, qu'est-ce qui se cache derrière ce syndrome de la répétition ?
Lorsque
j'aime à collectionner les partenaires amoureux, lorsque je
ressens ce besoin extrême d'avoir toujours une présence
à mes côtés, quand je fuis la solitude ou quand
j'ai tendance à surinvestir la relation amoureuse, à
aimer l'autre à tout prix jusqu'à en devenir « accro »,
il y a de fortes chances pour que je sois atteint(e) de dépendance
affective.
Le
doux portrait de l'anti-solitude !
La personne dépendante sur le plan affectif jette son dévolu sur l'autre (l'ami, le parent, l'amant, la maîtresse, le conjoint et pourquoi pas l'animal de compagnie...)
Elle préfère faire des choses avec les autres que seule. Elle ressent souvent de l'impuissance face à la réalité de la vie, et passe de relations en relations pour ne pas être délaissée.
Si
elle perçoit l'ombre d'un désaccord avec l'autre, elle
est immédiatement envahie par la peur de perdre son soutien ou
son affection. Alors elle met tout en oeuvre pour plaire et contenter
l'autre à nouveau, qui même à renier ses propres
valeurs. Pour cela, elle a recours à toute une une foule de
stratégies, d'ailleurs elle n'en manque jamais : séduction,
générosité, disponibilité,
gentillesse...toute une panoplie pour gagner l'amour des personnes
qui lui sont chères ! Pour elle, la solitude est une menace.
En
retour, elle possède un besoin excessif de plaire, d'être
rassurée, d'être entourée, d'être honorée.
C'est l'amante qui lace son atout séduction dans une forte
fièvre acheteuse afin de ne pas décevoir son partenaire
(lingerie, bijoux et autres accessoires de la perfection féminine
!) C'est l'épouse qui tait ses désirs et ses besoins
pour que son mari puisse partir en déplacement professionnel.
C'est la « trop bonne mère » qui n'en
finit pas de contenter ses enfants ou bien la dame qui baptise son
chien de « chéri à maman » en
ornant ses poils de noeuds et bouclettes !
Chez
l'homme, c'est le mari gentil ou l'homme de devoir qui ne dit jamais
non. C'est celui qui collectionne les infidélités ou
encore celui qui va dormir chez sa mère quand sa femme
s'absente plus d'un jour ou deux !
Lorsqu'on a peur à ce point de l'autonomie, de l'indépendance et que l'on craint d'exister par soi-même, l'investissement de l'autre est sans réserve. Dans certaines relations, il provoque même un état passionnel intense, dans lequel l'excitation et l'exaltation apparaissent comme les ingrédients essentiels pour que le lien perdure. Il peut y avoir également une dépendance sexuelle réveillée par l'autre et donnant lieu à des jeux pervers de possession, de domination/soumission...
Dans
cette forme de dépendance, tous les manèges sont
permis, la manipulation et le chantage aussi, même le pouvoir
de l'argent !
La personne dépendante ne peut pas s'empêcher de jouer avec sa vie et ses sentiments mais l'amour de l'autre est forcément le plus important : généralement, elle regrette vivement ses comportements ou se culpabilise après coup, mais elle est prise d'une envie irrésistible de la'utre. Tout au fond d'elle, elle ressent insatisfaction et frustration, tente d'oublier son état de dépendance puis refoule aussitôt ses émotions.
A son insu et graduellement, sous la bonne cause de l'amour, la relation devient de plus en plus néfaste.
(...)
28 mars 2008
DEVENEZ LE MIRACLE PLUTOT QUE DE L'ESPERER
Le
miracle d’être vivant se manifeste dans notre corps et dans
tous les corps en même temps. Nous sommes reliés à
ce principe créateur qui offre ici et maintenant la vie à
toutes les vies, de la plus petite particule aux galaxies les plus
éloignées et dans ce sens « Nous sommes le même
corps ! ».
De
la vacuité du sans forme et potentiellement créatrice «
le vivant » s’invite à chaque instant.
Notre vie vient de la vacuité créatrice qui modèle le monde tel un sculpteur invisible façonnant toutes choses créées :
- Nous sommes des nuages d’atomes devenant un corps par le principe de la métamorphose.
- Nous sommes le mouvement de l’univers qui se personnalise dans « notre vie », le miracle de l’invisible devenant humain.
- Nous sommes le secret qui relie toutes les choses devenant visibles !
-
Nous sommes la manifestation créée de l’expression
de l’univers, nous en sommes ses fruits.
En
suis-je étonné, émerveillé ! en ai-je
l’intuition ou est-ce que je me sens isolé et en souffrance
?
«
Nous nous baignons toujours dans le présent »
Je
vous propose de vous rencontrer grâce à la vision de la
connaissance du présent, lieu et lien immédiat, seul
endroit où la conscience peut avoir conscience d’elle- même.
La connaissance du présent est le rapport que le sujet
entretient avec le réel. C’est un rapport d’adhésion
au présent, le seul temps réel vécu par notre
conscience... Il nous appartient de nous harmoniser avec cette
intelligence universelle qui s’inscrit dans chaque instant. Cette
intelligence créatrice est naissance, confiance, abondance,
générosité ; elle aime la vie dans toutes ses
formes car toute chose est créée par elle. « Tout
est relié et dépend d’une autre chose et chaque chose
est en harmonie avec le tout ».
S’harmoniser
avec cette connaissance du présent donne le chemin la vérité
et de la joie intime illimitée à tout sujet qui la
pratique. C’est une énergie disponible partout qui développe
l’enchantement des facultés de la créativité
nous permettant ainsi de participer lucide et simplifié au
présent miraculeux de l’existence.
Ce
qui est, est - Ce qui n’est pas, n’est pas-
Pratiquement
essayons de porter notre attention sur ce que la vie nous présente
plutôt que sur ce que nous voudrions qu’elle soit « Ce
qui est, est, - ce qui n’est pas, n’est pas - »
Chaque
instant, la puissance du mystère syntonise le corps avec
l’énergie universelle. Se fondant avec le ressenti conscient
de chacun, cette énergie lui procure santé, vigueur,
vision claire, intuition et libre circulation du souffle. Cette
connaissance du présent est un lâcher prise aux délires
de la pensée mentale. L’accent est mis sur l’accompagnement
attentif et pertinent des situations et des échanges ainsi que
sur le pouvoir dynamique de la libre circulation des énergies
et du souffle engendrant la vie, le mouvement, la métamorphose.
Cette conscience du présent, sans céder aux sirènes de la distraction mentale ou de l’ennui, confère une simplicité, un allant et une joie insoupçonnés à celui qui la pratique. Cette « méditation du présent sans objet » donne l’unicité au sujet qui s’émerveille d’exister sans un ajout venant de l’extériorité. Il entretient un rapport intime avec son créateur. Il ne cultive ni les pouvoirs ni les miracles à l’extérieur mais ressent l’unicité de l’univers en son corps, il s’y résorbe. L’accent est mis sur les qualités de tranquillité, d’équanimité ; il reste ouvert, relié et dynamique ; il est vécu car c’est la force spirituelle qui œuvre en lui, il ne s’approprie plus ses actes. Son esprit est libéré, ses sens apaisés, il est libre de ne plus s’inquiéter et de ne rien savoir. Il n’est pas un sot ou un niais mais un « émerveillé » totalement réconcilié avec lui-même et les autres. Il est renaissant et favorise ainsi la transformation au gré des choses et des situations qui lui sont présentées. Il est spectateur des forces de la vie et du miracle d’exister.
(David Ciussi)
ACCEPTER DE PRENDRE DES RISQUES (fin)
Des
bébés déjà conditionnés
Dès la petite enfance nous sommes privés du plaisir de l'aventure et du risque. Cela commence par la grenouillère, le combiné que l'on met aux bébés. Vous connaissez ces combinaisons si jolies, en mousse élastique, ces sacs dans lesquels on eferme l'es bébés dès la naissance pour qu'ils n'aient pas froid, ni aux jambes ni au ventre. C'est tellement mignon ! On dirait de vrais nounours pour jouer à la poupée ! Sauf que ... essayez d'imaginer que vous passez ne serait-ce que vingt-quatre heures d'affilée dans une telle combinaison. Vous ne pouvez pas écarter les doigts de pieds librement, vos orteils se plient peu à peu à la forme future des boîtes à pieds que nous nommons chaussures. Vous ne pouvez pas découvrir votre souplesse et votre corps en tétant votre gros orteil, vous ne pouvez pas explorer votre zizi ou votre nombril, vous ne pouvez pas sentir sur vos jambes l'air qui circule dans la mièce. Vous ne pouvez pas agripper le sol de vos orteils pour apprendre à marcher à quatre pattes.
De plus la coucher merveilleusement absorbante vous garde les fesses et le sexe au chaud des journées et des nuits entières, ce qui est très dommageable pour votre santé ! Vous passez votre vie entre berceau, baby-relax, siège bébé de voiture, poussette, parc, puis crèche, salles de classe, garderies, cours d'école, maisons, pédiatre et PMI et j'en passe.
Or
un enfant est fait pour vivre dehors, grimper aux arbres, nager,
courir, jouer avec la terre et le sable (le vrai, pas celui d'un bac
à sable !) sa peau doit recevoir la lumière naturelle
hiver comme été mais on a peur qu'il ait froid et on
lui met collants, joggings, pantalons, toujours pour sa sécurité.
Une sécurité factice puisque les jeunes enfants n'ont
jamais eu les os aussi fragiles qu'aujourd'hui, par manque de
rayonnement solaire sur leurs jambes, ce qui n'était pas le
cas en 1960 ! Songez qu'un bébé, un jeune enfant, passe
chaque jour de la maison à la crèche ou à
l'école, se déplace dans des cages ambulantes que l'on
nomme vêtements, ne montre que le visage et les mains à
la lumière solaire que le temps des récréations
« quand le temps le permet ! » On ne prend
aucun risque, même pas celui de s'enrhumer, ce qui d'ailleurs
n'empêche rien , au contraire !
Pourquoi s'étonner alors si à l'adolescence, comme le fils prodigue, les jeunes se mettent en danger, ne serait-ce que pour se servir normalement de leur cerveau ? ¨Pour se sentir exister. Pour se sentir vivants. Cela explique aussi pourquoi aujourd'hui nous assistons à des défis de plus en plus osés tels la traversée des océans à la rame, en planche à voile, à skis. C'est admirable mais pas toujours indispensable. Lorsqu'il y a cinquante ans, le docteur Alain Bombard se laissait dériver sur son canot à travers l'Atlantique, ce n'était pas pour relever un défi mais tout simplement pour étudier les conditions de survie des navigateurs en perdition. C'est à Alain Bombard que nous devons la qualité de nos radeaux de survie.
Plus que jamais aujourd'hui, nous vivons l'aventure et le risque à travers une poignée de fous de l'aventure, mais aussi et malheureusement par la violence des films et de l'information, ce qui nous conforte dans la légitimité de toutes les assurances dont nous nous entourons. Ce qui aussi nous empêche d'agirn, d'imaginer des solutions, d'imaginer des actions qui pourraient aider l'humanité à vivre mieux.
(France Guillain)
27 mars 2008
DE L'EGO A LA NON VIOLENCE
Vous
est-il arrivé de vous trouver entêté, réactif
face aux personnes et aux choses de la vie ? Vous êtes-vous
déjà entendu dire « C’est toujours la même
chose »...Avez-vous
la critique facile et le jugement prompt ? Oui ! Alors bienvenue dans
le monde confrontant de « l’homme égotique »,
cet humain qui ne sait pas rire, cet être humain en devenir.
Passer
de l’identification à la souffrance à la lucidité
de la conscience.
Observons quelques stratégies d’identification à « l’ego »
- L’ego s’identifie à la souffrance par une lutte intérieure entre ce qui est et ce que « il » voudrait.
- Alors que tout change, l’ego ne veut pas changer, il est victime du monde et des autres.
- Pour exister, l’ego a besoin de consulter en permanence les livres de son passé en projetant sur la page vierge de l’instant son « remake » d’images anciennes induisant par là même que le futur sera toujours compliqué...
-
Son pays est peuplé d’attitudes réactionnelles,
impulsives, compulsives mais surtout de comportements inconscients.
Alors
ego ami ou ennemi ? Une mauvaise compréhension de la nature de
l’ego peut nous faire considérer celui-ci comme un ennemi à
détruire. Mais pas d’ego, pas d’identité
individuelle qui se développe et acquiert le sentiment d’être
autonome et indépendant !
Au
contraire, nier ou le combattre renforce l’idée de l’ennemi
en soi. Ce système archaïque de défense qu’est
l’ego a besoin d’être vu, connu et reconnu comme une
solution transitoire de l’éveil de la conscience humaine.
L’acceptez comme il est vous permettra d’entrer sincèrement
dans vos émotions et vous réconciliera avec vous-même.
Il deviendra alors le principal creuset d’un travail de
transformation non violente , où vous saurez voir, accepter et
dissoudre vos attitudes passionnelles, vos bouderies et vos refus. Là
dans cette ouverture du cœur la paix universelle grandira.
En
réalité l’ego est le signal qui nous informe que la
souffrance n’est pas un but. S’il n’y avait pas cette mémoire
de la souffrance, nous continuerions à souffrir de plus en
plus jusqu’à la destruction de notre espèce.
L’ego
se résume en un processus cognitif de mémoire figeant
les différentes étapes de notre apprentissage. Il n’y
a que lorsqu’il est bien formé, donc bien structuré
qu’il peut être dépassé. Et là il
devient le point de départ d’une nouvelle aventure, un
processus de mémorisation qui permet de nous corriger,
d’apprendre de nos erreurs et de trouver le lien avec « l’ego
universel » notre véritable identité.
La
conscience est toujours en paix.
Porter
son attention vers soi avec modestie et humilité donne la
sensation immédiate d’être vrai. C’est à
partir de votre individualité et de ce point de vue unique sur
le monde que vous allez prendre conscience de la diversité
infinie de toutes les merveilles de l’existence.
A
ce stade, l’ego véritable devient le prolongement, le relais
lucide de la conscience universelle, principe de la métamorphose
au cœur de chaque être humain. Ici la vie devient silence,
simplicité et jaillissement de vivre d’instant en instant,
porté par l’histoire de toute l’humanité. Ici
l’espérance n’est plus une utopie, c’est une joie donnée
pour toujours.
Participant à cette poésie créatrice, l’homme accomplit son devoir, il se reconnaît « bienheureux ». L’allégresse est son activité, poésie première du surgissement originel de la vie. Étant dans l’intimité de l’Être, l’homme « rentre chez lui ». Alors sa véritable nature, les étoiles, le soleil, les hommes, les animaux, les plantes, ne sont pas une autre vie...
(David Ciussi)
ACCEPTER DE PRENDRE DES RISQUES (2)
Une autre image est celle de l'enfant prodigue de l'Evangile : un homme avait deux fils. L'aîné très sage, a fait tout comme papa. Il a travaillé à la ferme. Le second est parti à l'adolescence avec sa part d'héritage. Il a voyagé, vécu des expériences amoureuses, découvert le monde. Il s'est trouvé sans travail, malade, piteux. C'est alors qu'il est retourné chez son père pour y travailler. Son père extrêmement heureux de retrouver le fils perdu organisa une grande fête qui scandalisé le fils aîné qui n'en avait jamais eu autant et piqua une belle crise de jalousie. Une interprétation un peu simple dit qu'il y a plus de joie pour une brebis égarée retrouvée, que pour un troupeau entier resté au bercail.
Une analyse plus affinée montre que le père est très fier de ce fils qui a osé enfreindre la loi du père, de ce fils qui a pris tous les risques et en est sorti vivant. Car lui seul a fait évoluer l'humanité. Le fils aîné est dans la simple reproduction, il reproduit à l'identique le père, il ne fait pas avancer la conscience humaine. Le fils prodigue, lui, oblige tout le monde à se remettre en question, à réfléchir, à s'interroger sur le sens de sa vie. C'est tout l'enseignement de ces écrits, la loi est au service de l'homme et pas le contraire. La loi du père est faite pour être dépassée à chaque génération qui met à chaque fois la barre un peu plus haut, qui crée de nouvelles lois qui seront à leur tour franchies.
Ainsi
va l'humanité passant de la peine de mort à son
éviction, du mépris des pauvres et des malades aux
droits de l'homme, du mépris de l'enfance au concept «
le bébé est une personne ».
Mais
où est donc passé notre goût de l'aventure ?
Tout cela passe nécessairement par la prise quotidienne de risques. Par le goût de l'aventure.
Boris Cyrulnik (auteur de nombreuses publications aux Ed Odile Jacob) nous dit qu'il y a deux sortes d'hommes : ceux qui sont rassurés de savoir ce quils feront demain, et ceux qui sont inquiets de savoir ce qu'ils feront demain. Il y a 2500 ans, Platon, dans le Dialogue de Critias déclarait : « Il y a trois sortes d'hommes : les Vivants, les Morts, et Ceux qui vont sur la Mer ! » Je fais résolument partie de ceux qui n'aiment pas du tout savoir ce qu'ils feront demain et de ceux qui partent sur la mer puisque j'ai passé vint-deux ans à la voile à travers les Océans. Sans assurances d'aucune sorte, sans Samu ni salaire garanti, sans assurance sur la vie ou sur la mort, sans aucune autre aide que moi-même pour me maintenir, ainsi que mes enfants, en bonne santé, étudier sans école, nous déplacer sans satellites avec une énergie gratuite : le vent. Du vent, rien que du vent !
Or, il apparaît aujourd'hui que nous vivons dans un monde où la recherche de la sécurité atteint des sommets. Des sommets aveuglants qui empêchent de voir, de comprendre, de penser, de réfléchir, de vivre tout simplement.
Nous
sommes bardés de sécurités plus ou moins
obligées par la loi, sécurités qui, par leur
sur-abondance, engourdissent notre esprit, tuent l'intelligence et la
créativité, tuent l'imagination. Ainsi dans notre pays
qui produit des diplômés de haut niveau, nous en voyons
tous les jours qui cherchent du travail désespérément.
Ces diplômes valent de l'or sur le reste de la Planète.
De plus, avec Internet, la webcam et le téléphone, les
avions, les distances n'existent plus, le monde est petit ! Eh bien
comme en 1967, on me répond : « J'en
rêve ! C'est extraordinaire ! Mais il y a ma copine, ma mère,
ma voiture, ma moto, ma grand-mère, le chat, le chien... »
et puis « je ne veux pas quitter ma ville, mon
pays ». Alors on ne
pleure pas ! Désolée ! On assume son incapacité
à être citoyen de la planète terre, car c'est
bien de cela qu'il s'agit. Nous ne pouvons pas continuer de nous
multiplier et trouver du travail dans un espace déjà
saturé de compétences. Un niveau de troisième en
France vaut une maîtrise ailleurs. A condition de ne pas
essayer de se faire payer l'e diplôme mais les compétences.
A vouloir assurer sa sécurité de l'emploi, calculer chaque jour une retraite hypothétique, pouvoir tuer (en voiture) sans passer sa vie à trimer pour faire vivre la famille des survivants, pouvoir tuer (ou se tuer) en fumant, en buvant en toute quiétude puisque la Sécu paie, on finit par perdre sa dignité, son âme. On accepte toutes les humiliations, les mutilations, les lâchetés. Et en plus, on se sent coupable, minable et on sait qu'on a raison de le penser ! On perd peu à peu la passion, l'enthousiasme, la joie de vivre, l'émerveillement, la lumière dans les yeux.
(...)
26 mars 2008
ACCEPTER DE PRENDRE DES RISQUES (1)
(un article de France Guillain)
Trop
de sécurité rend stupide. Vivre pleinement c'est
accepter de prendre des risques et de renoncer aux fausses sécurités
de la vie moderne.
Dans
notre cerveau, comme chez tous les êtres vivants, il existe ce
que nous avons longtemps appelé la « zone de la
récompense ». Aujourd'hui, les neurosciences
nomment ce noyau accumbens,ou
plus communément NAc. C'est un ensemble de neurones et de
matière blanche intelligente qui assure à tout moment
notre survie en nous envoyant des signaux de plaisir, de déplaisir
ou de douleur. Si le NAc ne fonctionne plus, nous n'avons plus ni
plaisir, ni douleur, nous ne sentons rien si on nous coupe la main.
Or,
il ressort que plus ce noyau du cerveau est obligé de
travailler, plus notre intelligence est vive. Inversement, moins il
est sollicité et moins l'intelligence est vive. L'expérience
montre qu'une poule d'élevage dont la survie est assurée
par un enclos, la protection contre les prédateurs, la
nourriture abondante, un abri contre les intempéries, une
poule en totale sécurité qui ne fait plus travailler
son Nac devient stupide. Placée dans un filet de foot avec de
la nourriture de l'autre côté, elle passera la journée
à courir d'un bord à l'autre du filet sans jamais avoir
l'idée de le contourner pour aller chercher le grain. Elle
n'aura pas l'audace de franchir les limites de ce qui est pour elle
la barrière que l'on doit respecter. Une poule sauvage et même
un poussin sauvage contourneront immédiatement le filet.
Les
peurs qui nous emprisonnent
Il en va très exactement de même avec les humains. Peu d'êtres humains arrident à sortir spontanément des limites que leur éducation leur a imposées. La surabondance de sécurités matérielles, la perte de vigilance alimentaire (on compte sur le ministère de la Santé), contre les intempéries, dans les déplacements, après avoir facilité la vie et permis de développer la pensée aboutit, par excès, à l'effet inverse.
A force de s'assurer contre tout, on n'est plus jamais responsable de rien et surtout pas de soi.
La
maladie est regardée comme une menace venue de l'extérieur.
De toutes parts on fuit la responsabilité et joue sur les mots
tel le « responsable mais pas coupable » d'une
ministre dans l'affaire du sang contaminé. Tout excès
est préjudiciable. A force de ne plus penser qu'à la
sécurité, ce qui au départ devait nous rendre
plus humains, aboutit à nous déshumaniser, ce n'est
jamais de notre faute, nous en perdons le coeur, l'intelligence même,
la raison, nous passons à côté du bonheur.
Lorsqu'en 1967, époque bénie des trente glorieuses où personne ne pouvait manquer de travail, je m'apprêtais à traverser l'Atlantique avec un bébé de vingt jours sur un voilier de neuf mètres sans électricité, sans eau courante, sans même de téléphone ou de radio pour communiquer avec la terre, nous cherchions un équipier pour un mois. Juste un mois. Il nous semblait évident que tous les jeunes de notre âge seraient fascinés, ravis de faire une telle traversée vers les Antilles. En effet la fascination était là, très grande. Nous nous sommes adressés essentiellement à des jeunes qui étaient libres. Les réponses furent : « J'en rêve ! C'est extraordinaire ! Mais il y a ma copine, ma mère, ma voiture, ma moto, ma grand-mère, le chat, le chien... » Partir sur les mers pour un petit mois de traversée était le bout du monde, le fameux « filet impossible à contourner ».
Or,
de récentes études en psychologie montrent que les
regrets qui nous minent, ceux qui peuvent nous faire le plus de mal,
ceux qui entament l'estime de soi et peuvent nous faire glisser vers
la déprime et avec elle la maladie, ce sont les regrets, non
pas des bêtises que nous avons faites, mais les regrets de ce
que nous n'avons pas osé.
La
jeunesse ça s'acquiert
Seuls
ceux qui sont assez fous pour croire qu'ils peuvent changer le monde
y parviennent et gardent toute leur vie la puissance, la force, la
passion de vivre, la vraie jeunesse. Dans Le Tiers
instruit, le philosophe, homme
de sciences et académicien Michel Serres explique que nous
naissons vieux et que la jeunesse se conquiert et s'acquiert. Il
explique que pour évoluer nous devons traverser la rivière.
Que jusqu'au milieu nous pouvons toujours faire demi-tour, revenir en
arrière, mais une fois franchie la moitié du parcours,
nous ne pouvons plus faire autrement que d'avancer vers l'inconnu,
atteindre l'autre rive. Avec le risque de mourir, de ne plus être
reconnus par les nôtres, le risque même d'être
rejetés car nous avons changé, évolué.
C'est pourtant la seule façon de grandir, d'ouvrir
l'intelligence et le coeur d'un homme, d'un peuple, de l'humanité.
(...)
09 mars 2008
L'INTUITION DE DIRE MERCI
«
Ici », dans ces instants simples et glorieusement terrestres,
l’intuition ne me sert pas seulement dans les choses que je dois
faire. Elle est révélatrice et unificatrice ; elle
apporte la paix et donne de la vigueur à mon corps. Elle n’est
pas uniquement une « petite voix » qui me guide ou me
conseille. Elle me plonge, entièrement, dans la révélation
des lois de la nature tout entière.
L’intuition
est une union intime avec le principe de l’Être, ressentie en
chacun de nous ; c’est un moment de poésie qui rend la vie
aimante, miraculeuse, qui nous aide, nous réchauffe et nous
ouvre l’esprit, à la magie de la réalité
immédiate, à la connaissance du vécu, à
notre conscience.
L’intuition
de l’instant présent
« Je respire, je souris, je vois une semence de pissenlit s’envoler. Le petit parachute continue son vol léger, si léger... Le cerisier n’en peut plus de générosité, je goûte le mouvement du désir d’aller à sa rencontre, de cueillir une de ces petites boules rouges extraordinaires... » Marie T.
Lorsque
je suis dans l’intuition de l’instant présent, je me sens
unifié, en paix ; chaque arbre, chaque oiseau, chaque lac ou
montagne, devient comme un temple, où il fait bon remercier
dans le silence. Ici le temps ne passe pas, il s’éternise en
rendez-vous intimes et chose étrange, les souffrances ont
disparu. Ma présence est d’une précision absolue et
j’écoute la symphonie de la vie, comme on écoute du
Mozart, mais sans en connaître le nom. Je redeviens comme un
enfant. Je vois le monde à cœur ouvert, dans une intuition
globale. Mon regard n’est pas usé par le passé ; la
joie colore tout ce que j’observe. Je vis libre de tout savoir
mental, je découvre, explore et tourne la clé de
l’intuition, dans un mouvement qui ouvre toutes les choses.
Ensemble, mon cœur et ma pensée disent merci !
Dire
merci !
Vous souvenez-vous de cet élan vital de dire merci à ce qui est présent ? Remercier apporte l’union totale avec la source de la vie, accéder à cette intuition, donne la vigueur du corps et l’élan de l’intelligence. Le vrai miracle, c’est de prendre conscience de tout ce qui est déjà là, déjà donné, au lieu de se plaindre ou d’espérer un avenir meilleur.
Lorsque
nous n’apprécions pas notre vie, en relation avec la réalité
d’ici et de maintenant, nous souffrons car nous n’acceptons pas
la réalité de la vie, comme elle se donne à
nous. Des mécanismes cérébraux maintiennent, en
nous, la souffrance de la séparation avec l’univers. Accéder
à une union plus vraie, plus profonde de soi, avec la réalité
intime des choses et des évènements, nous évitera
de nous voir séparés. Notre corps et notre esprit sont
un ensemble unifié, si on ne les sépare pas par «
un moi », réactivé par le manque ou la
souffrance.
Amis,
que vous manque-t-il dans cet instant ?
Et si nous remercions la vie, notre vie, et si nous remercions nos enfants, notre conjoint, nos frères et sœurs, nos parents, en leur disant que nous avons confiance en eux et qu’ils nous manquent lorsqu’ils ne sont pas là.
Et si nous prenions un repas sans télévision, en prenant conscience que notre assiette est pleine.
Et si nous prenions conscience que nous sommes en bonne santé.
Et si nous marchions, comme quelqu’un qui retrouve l’usage de ses jambes, alors qu’il était dans le plâtre.
Et si nous faisions un petit signe de la main, à un voisin ou à un passant, avec un sourire.
Et si nous étions un peu imprévisibles, en accomplissant des actes de réconciliation, avec ceux que nous boudions.
Et si nous nous aimions pour du vrai...
(David Ciussi)
05 mars 2008
FAITES GRANDIR VOS OREILLES
Etre
à l’écoute de nous-même, « faire grandir
nos oreilles », c’est contacter l’intimité de notre
être profond pour « intuiter » ce que nous sommes
vraiment. C’est seulement en étant bien dans notre «
oreille intérieure » que nous saurons être ouvert
et disponible dans « notre oreille extérieure ».
Quand
deux personnes se rencontrent, qu’elles le veuillent ou non, elles
échangent une multitude d’informations conscientes et
inconscientes qui déterminent leur comportement et leur
jugement. La réponse immédiate à cette
interaction est une habitude comportementale instinctive : vous vous
ressentez simple et juste, ou vous vous dévalorisez par
démission ou séduisez par compensation.
Le
procédé mystérieux de la relation est un défi
proposé à l’espèce humaine : « Comment
vivre ensemble » et donc comment faire consciemment la paix.
Alors que faire : fuir sur une île déserte ou faire de
la relation une opportunité de croissance réciproque ?
Tel est le défi de notre siècle ! Malgré
Internet, nous sommes à l’âge de pierre de la
communication.
Pourtant
la vie nous oblige à nous rencontrer et à vivre
ensemble. Alors, l’autre serait-il la solution d’un nouvel «
apprenti-sage » ou est-il l’occasion d’une nouvelle
manipulation ? Peut-on changer les autres en maintenant nos
mécanismes de résistance au changement en imposant nos
positions ou allons-nous nous ouvrir à la communication
consciente ? Puisque la relation ne peut être esquivée,
le rapport à l’autre peut-il s’adapter comme changer les
vitesses de sa voiture en fonction de la pente ?
Oui,
ajuster son rapport à l’autre c’est communiquer en
vérifiant que l’autre a compris et que vous aussi vous avez
été compris. La communication juste passe par la
délicatesse du cœur : c’est une intention volontaire à
se comprendre mutuellement. Quand l’homme est capable de contacter
simplement le courant créateur disponible dans chaque moment,
tout devient simple et continuellement neuf ; le mental et le cœur
ne s’opposant plus, il ne crée plus d’entropie dans la
relation avec lui-même et les autres. Il observe et sait
écouter comme un enfant réceptif et ouvert.
Communiquer
avec un autre procure beaucoup de satisfaction et de plénitude.
Se sentir proche, établi dans un silence intérieur
pleinement en unité avec une autre personne est un sentiment
subtil de reconnaissance, comme entrer en communion avec la beauté
d’un coucher de soleil. La qualité de la perception
d’unicité procure un sentiment de partage et de confiance
qui enrichit la vie. Au-delà du message immédiat de la
personne, quelle qu’elle soit, l’universel mystérieux et
caché se dévoile. Une communion intime se crée
dans l’échange des paroles et des idées ; la
diversité des êtres se fond dans l’unité. Il
n’y a plus « les autres ».
Comme
le rendez-vous des rayons du soleil avec les vitraux des cathédrales,
il y a de la lumière, de la beauté et du sacré
dans chaque rencontre. Elles sont comme un révélateur
des lois de l’âme humaine, cachées et ordonnées
par l’impensable mystère qui réunit l’homme, la
terre et l’univers en un tout. Alors par un mystère inouï,
la solution de la rencontre arrive imprévue et toujours
nouvelle. C’est comme si la liberté se libérait en
ensemençant un sentiment d’ouverture transmissible. C’est
comme si la personne se disait « quelqu’un m’écoute,
quelqu’un partage enfin ce que je suis ». Alors elle devient
plus ouverte au processus de changement. Il est étonnant de
constater combien les situations qui semblaient insolubles deviennent
simples quand quelqu’un écoute, comment les confusions qui
semblaient irrémédiables se transforment en courants
fluides et clairs chez celui qui est écouté.
Alors, ne soyons pas des auditeurs sourds et impuissants ! Faisons grandir consciemment nos oreilles!
(David Ciussi)