06 mai 2008
LE "TOUT ICI" ...(fin)
Cette « méditation du coeur » n'est pas une extase mystique conduisant à l'intuition de l'Un, mais bien une intégration de la fusion universelle, dans un esprit humain qui participe à toutes les activités familières de son existence sans confusion. C'est comme un témoignage dynamique et intemporel reliant le créateur à sa créature.
Cette
compréhension est différente du savoir appris car
l'expérience spirituelle est transcendante. L'impression
qu'elle produit transforme le sujet de l'intérieur. Elle est à
la fois vécue et réfléchie. Elle devient donc
verbalisable au-delà des dogmes et des savoirs. Celle-ci est
le fruit d'une longue patience de la maturation due à une
suite d'expériences vécues du charnel au spirituel.
Plus
on avance dans cette recherche spirituelle, plus on vit dans une
« reliance » de la matière et de
l'esprit. Le sujet qui l'expérimente se trouve transformé
par une évolution créatrice qui simplifie sa manière
de vivre. Son esprit est ouvert, créatif au-delà des
informations mémorisées. Son activité ne découle
pas du principe de l'erreur mais d'une auto-connaissance fusionnée
au Mystère de l'existence. Son esprit lumineux a transpercé
la mémoire des mots, des mythes et des croyances. Il
ressuscite en lui le jaillissement fulgurant de cette énergie
dont tout humain est dépositaire. Son esprit est un espace de
confiance et de paix.
Il
ne vit plus dans l'illusion du passé et ne projette rien dans
l'avenir. Il sait revenir à l'immédiat, il veille et
est libre intérieurement. Il traverse son espace de vie comme
un explorateur ravi, naturel et silencieux; ainsi son temps à
vivre n'est pas un décalage horaire à combler, il est
cet espace/temps d'éternité où se déroule
l'auto- connaissance consciente.
Tout s'inverse alors dans un grand éclat de rire et la vie universelle joue à travers la consciences individuelle. « Je suis cela » joue avec « je suis ici ». L'homme neuf retrouve son regard d'enfant et voit le monde en lui. Son « visage universel » engendre amour et liberté infinie et son intelligence est poésie. Lorsqu'il lève les bras, il caresse les étoiles et ses yeux emmènent les mondes en promenade. Sa pensée pure vise constamment l'éternité intégrée dans le rapport au réel et l'instant présent est sa seule vie : la méditation en acte, vigilance infinie et écoute sans parasites.
05 mai 2008
LE "TOUT ICI" - "TOUT EN SOI" (1)
(David Ciussi)
La
méditation a été de tout temps liée à
la recherche spirituelle aussi bien en Orient qu'en Occident.
Est-elle seulement un refuge spirituel ponctuel ou le passage obligé
pour tout chercheur en quête de son origine, peut-elle aussi
croiser la réalité de notre quotidien...
« David,
méditez-vous encore ? - oui je médite...24 heures sur
24...(rires) »
Le monde est la méditation en actes pour celui qui veille dans l'auto connaissance. Il est nourri de cette connaissance consciente, il n'y a pas de méditant à la recherche de la paix ou de l'éveil dans un futur plus ou moins proche. Il EST, conscientise et apprend dans chaque instant, situation ou rencontre, sans rien attendre, ni refuser, ni garder.
En
cela il médite car son esprit n'est plus alimenté par
les pensées tardives, la vacuité est sa conscience
émerveillée. Ce qu'il connaît n'est pas un savoir
de ce monde. Il veille au cœur du vivant renaissant à la vie
et à la mort et incarne l'intelligence du principe de la
métamorphose.
L'immersion en ce témoignage éternel et omniprésent est une « qualité d'être » : « la méditation-conscience » inter-agissante avec toutes les phases de la vie, 24 heures sur 24.
C'est
une contemplation pure, un ravissement d'être sans repère
connu, ni tangible, ni intellectuel, un esprit s'intégrant à
l'éveillance et au grandir du monde.
Y
a-t-il des outils pour l'exploration de cette
« méditation-consciente » et comment
veiller et retrouver la paix ?
Ce
ne sont pas ces « outils techniques » qui sont
un empêchement pour accéder à notre immédiateté
naturelle, mais bien le mécanisme de projection et l'attente
d'un résultat qui les rendent inefficaces. On doit veiller la
paix en abandonnant l'idée « du comment et des
outils pour ».
Tant
que le bruit de fond des pensées parasite notre être, il
est très difficile de retrouver la paix unificatrice dans le
quotidien ou dans l'exploration intérieure,qu'elle soit
d'origine contemplative, réflexive ou transcendantale.
Ce type de méditation inclut un « méditant penseur » décalé, identifié à sa trace mentale comme un homme qui, marchant dans la neige, s'identifierait à ses traces de pas et partirait à la recherche de lui-même en suivant ses propres empreintes...!
Il
faut dépasser l'erreur du débutant qui entre en
spiritualité pour nier ou refuser la réalité du
quotidien. Ses méditations se résument alors à
une pensée obsédante de ses refus ou de ses fautes.
L'entrée
en soi, la découverte de l'intériorité,
apparaîtra progressivement comme une voie de sagesse lorsque le
sujet découvrira ses propres potentialités car il
s'agit bien de sa propre découverte, c'est-à-dire
prendre conscience de cette partie immatérielle de lui-même,
comme une présence au coeur de l'atome, avant même
l'apparition de la matière et de son corps.
L'unicité
avec l'être divin est le chemin d'une ascension pratique qui va
obliger le chercheur à mettre de la lumière dans ses
conditionnements et à vivre une éthique de vie.
La
méditation est toujours un effort de pénétration
dans l'essence même de l'objet sur lequel le sujet médite,
c'est-à-dire aller au-delà du moi personnel par la
purification de sa mémoire naturellement ego-centrée
dans l'incompréhension de ce qui est « tout-ici,
tout-en-soi ».
Cet aspect personnel doit se détacher de ses marques et ses « mémoires-moi » pour entrer dans une atmosphère spirituelle où il peut espérer connaître la dénudation du moi et l'unité avec le mystère de l'intérieur de soi pour retrouver son identité originelle.
(...)
27 février 2008
TICH NATH HANH... (fin)
L’interdépendance : un principe universel
A
la quête du bonheur qui semble faire rage en Occident, il
répond par le principe universel d’interdépendance.
Il n’est pas d’« être », il n’est que de l’«
inter-être ». Traduction : « Je » dépend
de ce qui est « autre que moi ». Thich Nhat Hanh enseigne
qu’il n’y a pas de coupure entre soi et le monde. Tel est le «
non-soi » bouddhiste. Il signifie que nous ne sommes ni seuls,
ni isolés, et que notre bien-être dépend du
bien-être d’autrui, et réciproquement. Plutôt
que de cultiver une position égocentrique, qui creuse des
fossés entre les hommes, Thich Nhat Hanh nous encourage à
éviter les paroles et les actes qui causent de la souffrance,
et à développer une attitude de compréhension et
de compassion. Réduire la souffrance de l’autre, voilà
qui contribue à assurer notre propre bonheur.
«
Vous ne pensez à rien d’autre. Vous concentrez simplement
votre attention sur vos pas et vous marchez de telle façon que
chaque pas vous apporte solidité, liberté et joie. »
Fermement établis dans le présent, le corps et l’esprit
sont alors un, habités par une énergie protectrice.
La paix : une utopie accessible
De
la même manière, la paix mondiale dépend de la
capacité à établir la paix en soi. Thich Nhat
Hanh recommande donc de pratiquer la méditation pour parvenir
à un « regard profond » sur nos émotions et
nos intentions. Reconnaître nos peurs nous permet de développer
de la compassion pour la peur de l’autre et de restaurer la
communication.
Dès lors, la paix mondiale n’apparaît plus comme une utopie, mais comme le fruit d’une pratique méditative quotidienne. C’est ainsi que des délégations israéliennes et palestiniennes ont été conviées au Village des pruniers, non
pas
pour des discussions stratégiques, mais pour pratiquer le «
regard profond » et la « parole aimante ».
(Tiré
de La Paix en soi, la paix en marche)
Et
si savoir être seul était le secret d’une vie de
couple réussie ? Limpide, poétique, ce texte explique
comment la connaissance de soi enrichit la relation amoureuse.
«Le
cadeau le plus précieux que nous puissions offrir à
ceux que nous aimons est notre énergie de compréhension
et d’amour. Si nous n’avons pas de compréhension et
d’amour en nous-mêmes, nous n’avons rien à offrir
aux autres et au monde. Comment peut-on cultiver la compréhension
et l’amour ? En étant seul.
Etre seul ne veut pas dire que vous vous coupez de la société ou que vous allez vous installer au sommet d’une montagne ou vivre dans une grotte. Vivre seul signifie que vous êtes toujours avec vous-même – vous ne vous perdez pas. Vous pouvez vous asseoir sur la place du marché tout en étant seul. Vous êtes le chef à bord, et non une victime.
Quand
vous pratiquez la marche en pleine conscience, vous vous concentrez
sur vos pas et sur votre inspiration et votre expiration. Même
si vous marchez avec deux cents ou trois cents personnes, vous êtes
toujours seul. La pleine conscience et la concentration sont en vous
; chaque respiration et chaque pas vous nourrissent et vous
enrichissent, vous apportant l’énergie de la compréhension
et de l’amour.
Si
vous n’êtes pas vous-même, vous ne pouvez pas aimer,
vous ne pouvez rien offrir. Etre seul signifie revenir en vous-même,
devenir maître de vous-même et ne pas vous laisser
emporter. La compréhension est le fondement de l’amour. Si
vous ne vous comprenez pas vous-même, vous ne pouvez pas vous
aimer. Si vous ne comprenez pas votre bien-aimée, vous ne
pouvez pas l’aimer. Si vous ne comprenez pas la souffrance de votre
bien-aimée, ses difficultés ou ses aspirations les plus
profondes, comment pouvez-vous dire que vous l’aimez et que vous la
comprenez ? Vous devez être vous-même puis, en la
regardant, vous commencerez à comprendre. […]
L’amour
est l’eau qui jaillit de la source de la compréhension. Une
relation n’a de sens que si chaque personne est elle-même.
Si, dans votre couple, vous êtes tous les deux pleins de
compassion, d’amour et de beauté, vous n’avez rien d’autre
à vous offrir mutuellement.[…]
Parler
est une offrande et une manière de s’exprimer. Mais si
toutes vos idées sont vides, ce ne sera pas un vrai cadeau.
Vous aurez des opinions sur tout, mais ce n’est pas forcément
ce dont l’autre a besoin. Ce dont l’autre a besoin, c’est de
votre compréhension, de votre amour et de votre regard profond
– non en tant qu’idées, mais en tant que réalité
vivante. »
A LIRE :
• La Paix en soi, la paix en marche
Une
méthodologie en cinq points, qui sont autant de thèmes
pour une pratique quotidienne de la paix (Albin Michel, 2006).
• Il n’y a ni mort, ni peur
Des
enseignements accessibles à tous et qui explorent la tradition
pour nous libérer de la peur de mourir et vivre pleinement sa
vie (Pocket, 2005).
• La Plénitude de l’instant, vivre en pleine conscience
La base de l’enseignement divulgué par Thich Nhat Hanh pour se réconcilier avec soi-même et faire émerger un esprit communautaire (Marabout, 1999).
26 février 2008
TICH NATH HANH : Un Maître de Vie (1)
Un
moine pour la paix. Maître zen vietnamien, réfugié
politique en France, celui que ses disciples nomment Thây («
Maître ») suscite un engouement croissant. Ses marches
méditatives rallient bouddhistes et laïcs dans un même
élan en faveur de la paix.
Assis
le dos droit devant un bouddha, Thich Nhat Hanh, 80 ans passés,
observe sa respiration pour parvenir à la pleine conscience de
« ce que je suis, ce que je fais et ce qui m’entoure… »
Figure emblématique d’un bouddhisme engagé, proposé
pour le prix Nobel de la paix par Martin Luther King en 1967, il
allie aujourd’hui encore la pratique spirituelle et l’engagement
dans le monde.
A
l’origine de sa popularité, une saga qui prend racine dans
un Viêt Nam ravagé par la guerre. Leader en révolte,
il dirige un mouvement de résistance non violente à
partir de 1963, crée une université bouddhique, monte
des actions sociales en faveur des plus démunis et fonde
l’ordre de l’Inter-Etre, une branche politisée du
bouddhisme. Dans le même temps, des moines s’immolent pour
alerter l’opinion internationale.
Contraint
à l’exil en 1966, il trouve refuge en France. Le Village des
pruniers, une communauté qu’il bâtit en Dordogne avec
l’inséparable sœur Chân Không, voit le jour en
1982. Dans ce monastère ouvert aux laïcs, tous les
sentiments de frustration, de colère ou de jalousie semblent
bannis, comme autant d’« habitudes erronées ».
Thich Nhat Hanh y enseigne sans relâche le bouddhisme comme un
art de vivre, dans le but d’« aider chacun à
approfondir sa propre tradition, non à devenir bouddhiste ».
Aux Etats-Unis et en Europe, ses conférences attirent un vaste public. Plus que son esprit révolutionnaire, c’est la simplicité de ses paroles et sa contribution au dialogue inter-religieux qui suscitent un réel enthousiasme. Pierre angulaire de son activisme pacifiste, les « marches méditatives » sont une invitation, pour chacun d’entre nous, à prendre la responsabilité de construire un monde plus harmonieux. Celle d’octobre 2006 à Paris, la dernière en date, a rassemblé des milliers de participants depuis le jardin du Luxembourg jusqu’au parvis de Notre-Dame. Sur leur veste, un autocollant où est inscrit « La paix en soi, la paix en marche ».
21 février 2008
DE L'ISLAM AU SOUFISME (3)
Ahriman veut faire de l'être humain un être à
son image essayant par exemple de rendre l'être humain
prisonnier de la technique.
Dans sa nature même, l'Islam est un frein. Ahriman voulait
faire sortir l'être humain prématurément du giron
de l'âme groupe. L'Islam l'en a empêché, parce
qu'il est très fortement imprégné de
l'âme-groupe. Aujourd'hui, à l'époque de l'âme
de conscience, de l'individualisation, ce frein est devenu moins
utile.
Aujourd'hui la situation a changé. Nous sommes arrivés
à l'époque de la maturation de l'âme de
conscience, l'individualisation est devenue possible, l'être
humain devrait pouvoir trouver sa véritable liberté. Or
c'est à l'âme de conscience qu'Ahriman s'attaque. Il
n'agit plus dans le sens de l'individualisation, mais dans le sens
qui lui est propre, celui de la robotisation de l'être humain,
de la disparition de l'individualité. Ordinateur, télévision,
informations partout les mêmes à travers le monde...
On tente de standardiser les êtres humains, d'en faire des
êtres partout identiques, c'est-à-dire de les replonger
dans une nouvelle âme-groupe, qui cette fois, sera celle
d'Ahriman.
La résurgence de l'Islam a beau être un combat contre le matérialisme, nous savons qu'un bien devient un mal à partir du moment où il n'est pas à sa place, dans son époque. Voilà en ce qui concerne le fanatisme islamique.>
Pourtant, il existe dans l'Islam des mouvements particuliers dans lesquels l'idée christique de l'amour et de la compassion est essentielle. Un mouvement mystique comme le soufisme en est également pénétré. Une caractéristique des civilisations est qu'elles se répètent. C'est pour cette raison que nous nous retrouvons dans la même situation qu'en 666. Mais aujourd'hui, la réponse islamique n'est pas la réponse suffisante à Ahriman. Aujourd'hui la réponse doit venir de l'individu humain, de l'être humain qui s'individualise et qui librement refuse de se laisser enfermer dans la volonté d'Ahriman. La réponse aux forces ahrimaniennes qui veulent robotiser l'humanité, c'est l'individualisation, c'est la conscience de l'individu, c'est en fait la volonté absolue de la liberté. Face à l'impulsion d'amour, l'homme est libre : il peut la prendre ou la refuser. Mais seul celui qui la prend devient libre face aux forces contraires à l'évolution.
(Selim Aïssel Extrait de « de l'Islam au Soufisme »)
20 février 2008
DE L'ISLAM AU SOUFISME (2)
Ce
sont là des chemins identiques. Ils sont différents en
apparence, parce que les religions superficielles s'opposent, mais
derrière elles, le coeur est le même : la même
force spirituelle, le même créateur, le même
Absolu.
A
l'époque du Christ, l'être humain et la civilisation
entière sont menacés de sombrer sous l'influence des
forces combinées d'Ahriman
(qui enchaîne l'homme à la matière) et de
Lucifer (qui attire l'homme dans un monde illusoire). Sans
l'impulsion christique, la force qui commence à agir autour
des années 666, au moment de la création en Perse de
l'académie de Gondishapur (haut-lieu du développement
scientifique de l'époque) aurait provoqué un
développement prématuré d'une conscience
individualisante dans l'âme humaine. Or ce développement
dont le Christ a donné l'impulsion ne devait se faire de façon
complète qu'au cours de notre ère, le troisième
millénaire.
Gondishapur correspond à la préparation lointaine de
la venue de l'antéchrist. Multipliez 666 par deux, vous
trouverez la date correpondant à la fin des Templiers, mais
également de beaucoup d'autres écoles des Mystères.
Multipliez par trois, vous arrivez à 1998, le moment de la 3è
grande influence ahrimanienne, sous la forme de l'incarnation de
celui qu'on appelle Zorath ou l'antéchrist. La date véritable
sera en fait 1996.
En 666, l'âme et l'esprit humains n'étaient pas prêts
pour le développement de l'âme de conscience, et
un développement trop rapide aurait entraîné sa
malformation. Elle se serait en quelque sorte mêlée au
processus de croissance de l'âme de sensibilité et
d'entendement et ce mélange aurait eu pour effet de
provoquer une sorte de paralysie de l'évolution humaine,
bloquant l'humanité dans un monde matérialiste qui
l'aurait totalement soumise aux forces intellectuelles et
matérielles.
Tout au long de l'évolution, la terre et l'humanité
sont soumises à des impulsions spirituelles différentes,
qui se succédent au cours du développement des
civilisations et des époques. Il y a ainsi des moments
particuliers où telle ou telle force est particulièrement
agissante. Les forces ahrimaniennes et lucifériennes qui
étaient déjà très fortement influentes à
l'époque du Christ, arrivèrent à l'apogée
de leur action autour de 333, puis 666. Si à cette époque
ces forces avaient pu agir seules, elles auraient apporté à
l'être humain des impulsions pour lesquelles il n'était
pas mûr. Imaginez que vous inculquiez trop tôt à
un enfant des connaissances que seul un adulte est réellement
capable d'assimiler : vous le faites mûrir trop tôt, et
ces connaissances non réellement assimiliées risquent
de le scléroser, en l'empêchant de vivre sa vie
d'enfant, de faire ses expériences d'enfant, avec pour
conséquence de graves problèmes à l'âge
adulte.
La naissance de l'Islam, en apportant une impulsion spirituelle
contraire, empêcha le projet ahrimanien d'aboutir. Dans un
premier temps la diffusion de l'Islam servit donc à freiner
l'impulsion de Gondishapur. Ensuite, dans le monde arabe, les deux
influences se mêlèrent. La rencontre de ces deux
courants et le bouillonnement des forces qui s'ensuivit, explique que
l'Islam se soit répandu à travers le monde de façon
si explosive.
L'Islam est né pour s'opposer à Ahriman : chaque
fois qu'il y a résurgence de l'Islam, c'est contre Ahriman.
Cette fois c'est contre le matérialisme ahrimanien que le
fondamentalisme islamique est entré en lutte, personnifié
pendant longtemps et actuellement encore par les Etats-Unis.
Si l'impulsion de l'âme de conscience et la possibilité de l'individualisation a bien été donnée par le Christ il y a 2000 ans, c'est aujourd'hui qu'elle peut prendre toute sa dimension. Ahriman cherche à précipiter les choses. Il est la force qui accélère le temps, qui accélère les événements, parce qu'il sait que c'est un moyen de les bloquer, d'en empêcher le sain développement. Par l'impulsion de Gondishapur, l'intention d'Ahriman était que l'homme s'individualise trop vite, avant d'avoir atteint la maturité nécessaire et la triple dimension à laquelle il est destiné. La nature humaine est en effet caractérisée par cette triple dimension : un corps physique, habité d'une âme capable de ressentir les choses et le monde, et un esprit capable de penser. Le but d'Ahriman était d'amalgamer l'âme et l'esprit, afin de faire de l'être humain un être bi-dimentionnel et non tri-dimentionnel.
19 février 2008
DE L'ISLAM AU SOUFISME, un frein aux impulsions matérialistes (1)
On considère le
soufisme comme un courant mystique et ésotérique de l'
Islam, mais en réalité d'autres courants islamiques se
considèrent également comme tels, le chiisme par
exemple. D'autre part, le soufisme existait avant l'Islam : comme
toutes les autres mystiques, juives hindouistes, bouddhistes ou
chrétiennes, il est issu des écoles de Sagesse, source
à laquelle se sont nourris tous les ésotérismes.
En fait, tous ces
courants se ressemblent et utilisent des techniques semblables. La
naissance du soufisme à partir du VIIème siècle
n'a été que la manière extérieure dont
l'enseignement des écoles de Sagesse s'est adaptée à
l'Islam. C'est pourquoi tout ce que je pourrai dire du soufisme va
bien au-delà du soufisme lui-même et de l'Islam.
Une caractéristique
des écoles de Sagesse est leur capacité de s'adapter à
tous les temps et tous les lieux. Aussi, à travers les
civilisations, leur enseignement, en s'adaptant aux différentes
religions, a-t-il pris les noms que nous connaissons : soufisme dans
l'Islam, zen dans le bouddhisme, bâul dans l'hindouisme, cabale
dans le judaïsme, gnose chrétienne.
L'Islam ayant été
au départ une religion combattue et conquérante – la
religion du djiad -, l'Enseignement soufi, pour survivre, s'est coulé
dans l'Islam, et c'est avec lui qu'il s'est propagé dans tout
le Moyen-Orient et vers l'Orient et l'Occident, de l'Espagne
jusqu'aux Indes. Et si la conquête musulmane s'est arrêtée
à Poitiers, la pensée soufie est allée bien
au-delà et a profondément imprégné toute
la civilisation occidentale, en parliculier tous les courants
ésotériques et mystiques. Alchimistes, templiers,
certains orders monastiques, rose-croix, francs-maçons, tous
ont été imprégnés de l'enseignement des
Ecoles de Sagesse par le soufisme. On retrouve cet enseignement dans
les pratiques de ceux qu'on appelle les « pères du
désert » et chez les Esséniens.
Le soufisme n'est pas
seulement, comme on a tendance à le représenter, une
secte religieuse de l'Islam, mais un courant de pensée, une
philosophie opposée à toutes les formes de dogmatisme
et de fanatisme, et si son langage est celui de l'Islam, il reste
ouvert à tous les autres modes de pensées et les
intégre tous. Il en a même créé de
nombreux dont on ne sait plus qu'ils sont issus de la même
source. Les « élohims » des religions
judaïques et chrétiennes par exemple, ne sont autres que
le « Allah » islamique, qui ne signifie pas
« dieu unique » mais tous les dieux rassemblés
dans un dieu unique.
Philosophie,
le soufisme est avant tout une véritable voie mystique et
initiatique, qui se définit comme la voie de l'amour, et donc
porteuse, dans son habit islamique, de l'impulsion d'amour de Jésus.
Deux autres de ses qualités essentielles sont la tolérance
et le respect envers toute vie, tout être et toute idée.
Ce respect et cette tolérance se sont manifestés dans
la faculté qu'a eue le soufisme de s'adapter à toutes
les communautés, à tous les peuples, toutes les
cultures qu'il a touchés, et sa volonté de proposer, au
milieu du fanatisme et de la violence des guerres, une démarche
tout à fait humaniste et humanitaire.
Si on considère que le soufisme est la mystique et la connaissance spirituelle islamique, le zen, la mystique et la connaissance ésotérique du bouddhisme, la gnose et la rose-croix, la connaissance mystique et ésotérique du christianisme, on saisit la fraternité de tous ces chemins. Comme le zen dans le bouddhisme, le soufisme est l'élément qui, dans l'Islam, a pris en lui l'impulsion d'amour, non pas dans ses manifestations extérieures, mais dans son enseignement ésotérique.